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On a lu : Alfa Romeo, 110 ans édition Prestige (ETAI)

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Alfa Romeo fête ses 110 ans. Pour parcourir cette riche et belle histoire, quoi de mieux qu’un bel ouvrage ?

Serge Bellu n’est plus à présenter, journaliste qui préside à la rédaction de « L’Année automobile », auteur de nombreux ouvrages dédié à l’automobile et notamment au design et à la carrosserie. ça tombe bien, il en est pas mal question dans cette édition prestigieuse sur la firme au Biscione. Le point de vue original de ce bel ouvrage, c’est de retracer toute l’histoire d’Alfa Romeo, y compris en compétition, par le prisme d’évènements clés à la forte portée symbolique : le rachat de Darracq Italie en Juin 1910, l’inauguration du circuit de Monza en 1922, la naissance de la Scuderia Ferrari en 1929, le lancement iconique et « Shakespearien » de la Giulietta à Verone en 1954, l’absorption par le géant FIAT en 1986, etc.Alfa Romeo

Jamais avare en références historiques et culturelles -mais comment faire autrement en Italie ?- Serge Bellu nous raconte avec précision et style toutes les créations d’Alfa Romeo, en s’attachant beaucoup à l’évocation des carrossiers italiens, dont le chouchou Zagato (Giulietta SZ, Giulia TZ, etc.), mais aussi Pininfarina, Bertone, Ghia, Touring, etc. Les designers ne sont pas oubliés non plus, notamment Franco Scaglione, l’auteur audacieux des fameuses BAT 5,7 et 9 ou de la sculpturale Alfa Romeo 33 Stradale. Le temps des carrossiers, qui subliment des modèles comme la berlinette 8C 2900 de 1938, disparaît peu à peu à l’orée des années 50/60, quand la démocratisation de l’automobile rime alors avec massification, rationalisation et standardisation.

Après guerre, Alfa Romeo, constructeur élitiste à ses débuts, se doit d’augmenter sa production et de développer des modèles plus abordables, que seront la Giulietta puis la Giulia. Les années 50/60, c’est un âge d’or, où les belles milanaises sont aussi des stars de cinéma. Un thème que l’auteur ne néglige pas…L’élargissement s’amplifie avec le projet Alfasud en 1972, qui est aussi un investissement économique et social visant à développer le Mezzogiorno, parent pauvre de l’Italie unifiée. On traverse ensuite les remous des années 80, le rachat par Fiat, la concurrence avec Lancia, mais aussi l’histoire cyclique d’Alfa Romeo, qui alterne entre relances et affaiblissements, comme aujourd’hui où la gamme, bientôt réduite à deux modèles, attend un nouveau souffle pour faire battre de plus belle le cœur des Alfistes. Histoire de chicaner un peu, mais les contraintes de pagination ont peut-être joué, les années 90 sont un peu survolées. On aurait aimé s’attarder davantage sur la clivante 155 – avec son fabuleux palmarès sportif – et sur la 156, qui marquait une véritable résurrection après les « errements » décriés par les puristes (le fiasco de l’Arna avec Nissan, le rapprochement entre Alfa et Lancia qui phagocytait les deux entités).

Au texte, riche et exhaustif, qui s’étale sur plus de 330 pages, se joint une très riche iconographie (550 images), qui fait la part belle aux magnifiques Alfa Romeo restaurées et exposées dans les concours d’élégance comme celui de la Villa D’Este. Mais vous trouverez aussi des photos d’époque, des croquis, des images de course, des affiches, etc. Enfin, l’ouvrage s’achève par un index récapitulatif de tous les modèles Alfa Romeo, des F1 aux berlines en passant par les GT, les coupés, et les Sport-Prototypes. A travers le Biscione, c’est aussi une histoire de l’Italie contemporaine et de l’évolution de l’industrie automobile que nous parcourons.

Vendu au tarif de 99 euros, ce livre prestige est sans nul doute u must-have pour les amoureux d’Alfa Romeo…et les amoureux tout court de la bella macchina.

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4 Commentaires sur "On a lu : Alfa Romeo, 110 ans édition Prestige (ETAI)"

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panama
Invité

Ah oui l’histoire d’Alfa Roméo est très riche. Dire que c’est un nain comme BMW qui a proprement tué cette marque dans les années 80.

zafira500
Invité

« Dire que c’est un nain comme BMW qui a proprement tué cette marque dans les années 80. »
Non, ce sont les différents errements de 1)le Gouvernement italien et de 2)Fiat qui ont affaibli – et non tué – la marque. Ces erreurs – l’Arna et la « confrontation » avec Lancia, qui y a elle aussi laissé des plumes – ont pourtant été citées par Nicolas Anderbegani.

zafira500
Invité

« Ces erreurs – l’Arna et la « confrontation » avec Lancia, »
Entre autres.

panama
Invité

C’est bien un problème de produits au fond. BMW a sorti des voitures exactement sur le créneau qu’occupait Alfa : les berlines sportives.
Sauf que quand Alfa s’est perdu dans les intérieurs tout plastique et une qualité de construction en baisse, BMW a fait valoir une qualité de construction toute allemande – et des prestations routières au dessus du lot.
Pour moi c’est la décision de BMW de baisser en gamme en sortant la série 3 qui a tué Alfa Roméo.

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