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Tesla Winter Experience : travers électriques

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Essai Tesla Winter Experience (2019)

On entend souvent dire qu’une voiture électrique est moins « fun » qu’une voiture thermique. Histoire de prouver le contraire, Tesla n’a pas hésité à nous convier dans le grand Nord, pour s’amuser sur un circuit de glace tracé… sur la mer Baltique !

Rendez-vous est donc pris à Kemi, en Finlande. Ici la température est toujours glaciale en ce début de mois mars : – 4°C au meilleur de la journée ; jusqu’à -15°C la nuit. Et au plus profond de l’hiver, il n’est pas rare que le thermomètre aille flirter avec les -30°C ! Ces températures polaires conjuguées à une eau peu salée en raison des nombreux fleuves qui se jettent dans le Golfe de Botnie font que la mer gèle, et se trouve donc recouverte d’une épaisse couche de glace durant une bonne moitié de l’année. En grand fans de pilotage, les Finlandais ont eu l’idée d’y tracer diverses pistes de conduite ; faisant de Kemi le seul endroit du monde où l’on peut légitimement « drifter » sur la mer parait-il. Sous les roues de nos Tesla, 80 cm de glace nous empêchent de nous noyer.

Pas si facile !

Pour cet essai, le constructeur américain a évidemment retenu les variantes quatre roues motrices de ses Model S et Model 3 mises à notre disposition. Une occasion rêvée de mesurer les différences de comportement entre les deux berlines électriques. Notre expérience débute en passager au volant d’une Model S. Les Finlandais ont ça d’énervant, c’est que la conduite sur glace leur paraît d’une évidence décontenançante. On a l’impression qu’ils sont nés avec un volant en main ! Ainsi, dans le siège de droite – comme à chaque expérience de Winter Driving – rien ne semble plus facile que de garder la voiture dans la trajectoire : les mains de mon instructeur ne bougent pas du volant, ses mouvements sont précis, calculés, presque lents, et interviennent toujours avec beaucoup de douceur. Et pourtant la voiture est en glisse à peu près partout ! Contrôler le drift semble même un jeu d’enfant.

Et comme à chaque fois, je me rends vite compte que ce qui paraissait enfantin il y a un instant réclame en fait une extrême dextérité une fois derrière le volant… L’impulsion au volant est donnée une fois trop tôt, une fois trop tard, et la voiture ne reste jamais bien longtemps dans la direction voulue. L’ESP –  que nous n’avons pas pu désactiver complètement – évite toutefois d’aller taper l’un ou l’autre mur de glace. On est donc content lorsqu’on parvient enfin à réaliser un tour à peu près propre. Amusant, mais physique !

Jeu de glisse

Dans ces conditions, les différences entre les deux berlines sont notables. La Model S paraît presque trop sage. Lourde (2.196 kg à cause de la batterie) et imposante, elle s’avère plus compliquée à faire décrocher, et à maîtriser une fois en glisse. A ce petit jeu, la Model 3 tire parti de sa légèreté pour se faire nettement plus joueuse. Bon il faut relativiser, car la plus petite des Tesla pèse tout de même 1.847 kg dans cette configuration Performance, mais elle se laisse bien plus gentiment dériver et dompter dans les mouvements d’appui. Dans cette dernière situation, elle se montre moins « castratrice » que sa grande sœur, malgré une tendance à vouloir corriger un peu trop la trajectoire une fois au point d’équilibre. Cela peut se traduire par un léger sous-virage. Etonnant, non ?

Avec leurs deux moteurs, les Américaines peuvent se targuer d’une répartition du couple parfaite en toutes circonstances. Ajoutez à cela les pneus cloutés typiques des pays nordiques, et vous obtenez une traction optimale en toute situation. Et cela peut faire une vraie différence lorsqu’il s’agit de remettre les gaz pour tenir une glissade ou corriger une trajectoire. Au final, ces Tesla se sont d’ailleurs montrées plus faciles à maîtriser que les autres modèles avec lesquels j’ai déjà pu participer à ce genre d’activité. Les instructeurs de la piste trouvaient d’ailleurs qu’elles étaient presque « trop faciles » à conduire. Eux le regrettent sans doute, mais pour Mr et Mme Toutlemonde, la sécurité est indéniable !

Batterie faible ?

Et quid de la tenue de la batterie dans ces conditions hivernales ? Sans surprise, la conduite sur circuit est assassine pour l’autonomie : 30 km grappillés sur la batterie à chaque tour d’environ 3 km…

Mais une portion sur route nous permettra d’estimer ce que cela donne en conditions de roulage plus réelles. Nous partons au volant d’une Model S pour un petit périple. Les premiers kilomètres effectués en ville n’augurent rien de bon : près de 500 Wh/km au moment de quitter Kemi. Mais très vite, au fur et à mesure que les kilomètres de nationales s’enchaînent au milieu des interminables forêts finlandaises, l’ordinateur de bord nous redonne espoir en redescendant à des valeurs nettement plus attendues. Et au final, nous atteignons notre destination avec une consommation moyenne de 255 Wh/km ; soit 25,5 kWh/100 km. Une valeur honorable, compte tenu des sièges chauffants et du chauffage pleinement activés.

Un « coffee break » plus tard, nous voilà repartis, au volant d’une Model 3. Là encore, nous prenons soin de réinitialiser le « trip » à l’écran. Retour par l’autoroute cette fois. Sans doute pas le meilleur moyen d’économiser la batterie de prime abord. Mais c’était sans compter sur les limitations de vitesse drastiques : 100 km/h ! A cette allure, la batterie n’est pas trop sollicitée, et l’on arrive à destination avec un convaincant 22,5 kWh/100 km. Des valeurs finalement très proche de celles obtenues sous nos latitudes dans des essais similaires, qui soulignent l’excellente gestion de l’énergie dont font preuve les Tesla. La concurrence devrait en prendre le graine…

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26 Commentaires sur "Tesla Winter Experience : travers électriques"

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panama
Invité

Il y a péril en la demeure en effet : une étude américaine a récemment publié que les voitures électriques perdaient 40% de leur autonomie à 6 degrés.

SGL
Invité

Certain que ça perd… mais 40% ça fait beaucoup !

Stan-Qc
Invité

pas 6 mais -6 degrès 😉

SGL
Invité

Chez BMW, cela ne semble pas poser de problème sur leurs tests hivernaux au centre d’Arjeplog,
https://www.largus.fr/actualite-automobile/bmw-premieres-infos-sur-les-electriques-ix3-i4-et-inext-9700394.html

Lee O Neil
Invité

@SGL:
si tu corriges +6°C en -6°C alors tu connais cette étude (car effectivement les roulages ont été faits à -6.6°C, 23.9°C et 35°C après conversion °F->°C) et tu sais alors que c’est effectivement une perte de 40% de l’autonomie due à l’utilisation du chauffage.

https://www.aaa.com/AAA/common/AAR/files/AAA-Electric-Vehicle-Range-Testing-Report.pdf

wizz
Membre
la perte due au chauffage, ça dépend aussi de la manière dont on roule Disons que j’ai une batterie de 40kWh, pour une autonomie de 300km, dans des conditions normales de température (env 20°C). La résistance de l’air, elle est » à peu près pareille ». Une voiture élect avec un caténaire consommera à peu près la même chose à 20°C qu’à -20°C. En revanche, vu l’isolation de la voiture, pour ne pas se geler les miches, disons qu’à -20°C dehors, pour ne pas se geler les miches, il faudrait mettre un radiateur de 5kW. J’ai 100km à faire -si je roule… Lire la suite >>
Stan_Qc
Invité
Stan-Qc
Invité

de même cette étude montre que l’autonomie perd 17% à des températures de plus de 35deg…
Mais dans un cas comme dans l’autre ce n’Est pas tant la température en tant que telle qui joue sur la batterie car mais la sollicitation qu’on en fait. Sièges et volant chauffants, chauffage, dégivrage en hiver et air climatisé l’été…

amiral_sub
Invité

génial! j’adorerais participer à un tel événement

Yorgle
Invité

Perso j’ai toujours du mal avec le volant de la 3, sorti tout droit des années 80…

Fred21
Invité

Et aussi du mal avec la tablette qui concentre tout.
Ah, l’époque où tu rêvais d’avoir plein de petits compteurs ronds sur ta voiture …

Nico
Invité

S il n y avait que le volant !! Toute la planche de bord est une blague.Tesla se moque vraiment du client (intérieur, prix et options)mais le pire c est que ca va se vendre.
Pour moi, à choisir, ça serait une Polestar 2 les yeux fermés.

ludger
Invité

Je te rejoins à 100%… Pour l’avoir croisé à plusieurs reprises, je me suis dit « merde, c’est ça la model 3, mais cette face avant c’est immonde »

Je n’ai pas encore eu l’opportunité d’en suivre une, ou de m’en approcher de plus prêt contrairement aux deux autres modèles qui avaient plutôt une bonne bouille.

Mais la, cette model 3 je n’adhère pas du tout.

labradaauto
Invité

une très bonne partie récréative à vivre. rien n’est plus jouissif que de rouler neige/glace quand on y a goutté et ce quelque soit le jouet.
Circule sur le net les photos du staf technique de soutien avec camion porteur et gros groupe Diesel qui fume bien noir pour recharger les accus des jouets.

AXSPORT
Invité

Se faire c…. à fabriquer des batteries aussi polluantes pour faire les c….. dans la neige…………

BRAVO l’écologie en 2019………….

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