Accueil Endurance WEC 2016 : Toyota TS050

WEC 2016 : Toyota TS050

191
6
PARTAGER

Il est facile d’imaginer la déconvenue, voire la vexation, éprouvées par les responsables japonais de chez Toyota, lorsqu’au cours de la saison d’endurance dernière ils ne parvinrent pas à obtenir avec leur TS040 un résultat significatif, digne de leur gloire acquise avec le titre de champion du monde d’endurance 2014.

Evidemment, la claque fut symboliquement inacceptable pour le staff japonais, dans l’obligation de constater que les choix technologiques initiaux, même optimisés, étaient largement dépassés par les conceptions concurrentes de Porsche et d’Audi.

On reprend tout

Avec cette volonté farouche de démontrer qu’ils peuvent eux aussi gagner les 24 heures du Mans ( la troisième place de 2014 n’est pas encore digérée), le team Toyota Gazoo Racing est reparti crânement à l’assaut d’une feuille blanche pour concevoir, élaborer et tester cette toute nouvelle machine d’endurance, la TS 050, dévoilée en avant-première des essais officiels WEC sur le circuit du Paul Ricard, ce jeudi 24 mars sur une piste inondée de soleil et d’optimisme.

Le staff du team Toyota Gazoo Racing au grand complet avec à sa tête le Président Toshio Sato ne cachait pas ses intentions profondes de rapidement revenir dans le jeu de la victoire lors des épreuves du championnat du monde d’endurance.

Tour à tour, il nous fut expliqué que l’on s’était engagé au cours de l’intersaison dans deux voies simultanées, à savoir un accroissement de personnel dévolu à cette conception de la TS 050 et une évolution technologique radicale.

En fait, les ingénieurs sont repartis d’une feuille blanche comme nous le détaillera dans un prochain sujet Pascal Vasselon Directeur technique.

Nouvelle partie thermique et électrique

Le changement le plus radical n’est pas visible puisqu’il concerne le remplacement du V8 atmosphérique par un V6 bi-turbo à injection directe et l’adoption de batteries lithium-ion (8 mégajoules de puissance électrique) pour un système KERS de récupération d’énergie et de boost sur l’essieu avant et l’essieu arrière. On suppose que la puissance fournie tant par le moteur thermique que le système électrique tourne à chaque fois aux alentours de 500 chevaux. il faut dire qu’au passage il a fallu tenir compte de la réduction de l’allocation de carburant de 8,5% par rapport à la saison dernière.

Ainsi, pour ce nouveau groupe motopropulseur, il a fallu repenser le refroidissement, la configuration ainsi que la transmission, afin de gérer le couple nettement plus élevé du turbo. Le concept aérodynamique étant lui aussi nouveau, la quasi-totalité des pièces du châssis de la TS050 HYBRID a été repensée par TOYOTA Motorsport GmbH à Cologne, en Allemagne.

Les organes moteur eux-mêmes ne sont pas étrangers à l’amélioration de ses performances aérodynamiques : le déplacement du moteur/générateur avant favorise l’écoulement d’air sous la caisse et donc les performances d’ensemble.

Parallèlement à cette évolution majeure, Pascal Vasselon indique simplement « que de manière globale, tout a été revu et optimisé ». Il veut dire par là que le design est nouveau avec un aérodynamisme adapté. Les suspensions ont vu leur lois cinématiques retravaillées pour diminuer l’usure des pneus.

juste un peu ...

Malgré tout un air de famille

Après un suspense de bon aloi, la bâche recouvrant la toute nouvelle TS050 découvre une auto qui semble vraiment s’inscrire dans une continuité.

Toutefois la livrée déclinée autour des trois couleurs : blanc, rouge et noir marque un changement radical par rapport au blanc-bleu et l’on évoque un retour aux sources avec la GT One TS020. On retrouve le caractéristique aileron dorsal et un aileron arrière assez bas. La proue apparait assez fermée. En tout cas le design très sobre a été particulièrement travaillé pour l’excellence de la pénétration dans l’air et ici, pour le prologue WEC, on va tester la définition Le Mans.

L’équipe technique et des pilotes montaient la garde autour de la voiture et sans surprise on retrouvait une équipe inchangée ou presque puisque seul Kamui Kobayashi rentre dans le team pour remplacer Wurz néo-retraité (mais présent). Ce sont donc Anthony Davidson, Sébastien Buemi et Kazuki Nakajima qui rouleront sur la N° 5 tandis que Stéphane Sarrazin, Mike Conway et Kobayashi seront sur la N°6.

Au cours de la présentation Rob Leupen, directeur de l’écurie : « L’équipe a travaillé d’arrache-pied sur la TS050 HYBRID, qui est le fruit d’une coopération étroite et féconde. Nos techniques de compétition innovantes et les moyens de R&D dont dispose Cologne contribuent à l’amélioration constante des modèles de série et profitent aux ingénieurs qui les conçoivent ». On sentait à quel point l’engagement de Toyota était total dans cette compétition prestigieuse du championnat du monde d’endurance.

C’est pourquoi sans doute, autour de la voiture toute l’équipe sans trop le dire, attendait avec un brin de fébrilité de pouvoir se comparer à la concurrence. Les pilotes qui ont déjà parcouru plus de 22 000 kilomètres en essais et ont aussi envie de savoir où ils en sont. Nous aurons l’occasion de revenir vers eux, avec Stéphane Sarrazin et Sébastien Buemi qui se sont montrés disponibles pour le blog auto.

Pour rappel, le championnat du monde compte 9 courses réparties selon le calendrier suivant:
17 avril: 6 heures de Silverstone
7 mai: 6 heures de Spa
18 juin: 24 heures du Mans
24 juillet: 6 heures du Nürburgring
3 septembre: 6 heures de Mexico
17 septembre: 6 heures du circuit of the Americas
16 octobre: 6 heures du Mont Fuji
6 novembre: 6 heures de Shanghai
19 novembre: 6 heures de Bahrain

Texte et photos : Alain Monnot

Type LMP1-H (Le Mans Prototype – Hybride)
Carrosserie Composite à base de fibre de carbone
Pare-brise Polycarbonate
Boîte de vitesses Séquentielle transversale à 7 rapports
Carter de boîte Aluminium
Arbres de transmission À joint de cardan homocinétique tripode coulissant
Embrayage Multidisque fourni par ZF
Différentiel À verrouillage mécanique
Suspensions Doubles triangles indépendants avant et arrière, tringle de liaison en poussée
Ressorts Barres de torsion
Barres antiroulis Avant et arrière
Direction À assistance hydraulique
Étriers de freins Akebono monoblocs en alliage
Disques de freins Ventilés en carbone à l’avant et l’arrière
Jantes RAYS en alliage de magnésium, 13 x 18 pouces
Pneumatiques Michelin à carcasse radiale
Pneus avant 31/71-18
Pneus arrière 31/71-18
Longueur 4 650 mm
Largeur 1 900 mm
Hauteur 1 050 mm
Réservoir d’essence 62,5 litres
Motorisation TOYOTA HYBRID System – Racing (THS-R)
Moteur thermique V6 biturbo à injection directe
Cylindrée 2,4 litres
Carburant Essence
Soupapes/cyl 4
Puissance thermique 368 kW / 500 ch
Puissance hybride 368 kW / 500 ch (avant et arrière combinés)
Puissance totale 736 kW / 1 000 ch
Batterie Batterie au lithium de forte puissance conçue par Toyota
Moteur électrique avant AISIN AW
Moteur électrique arrière DENSO
Onduleur DENSO

Poster un Commentaire

6 Commentaires sur "WEC 2016 : Toyota TS050"

Notification de
avatar
Trier par:   plus récent | plus ancien | plus de votes
ylgmac
Invité

Allez Toyota un petit effort et on est presque avec une motorisation de F1, tout y est le V6 (à la cylindré prêt), turbo, et récup énergie+kers.

Thibaut Emme
Admin

3 solutions techniques différentes, 3 aérodynamiques différentes…le LMP1 va encore être intéressant cette année, sans compter Rebellion et consort !

En plus Toyota retrouve ses « vraies » couleurs 🙂

Salva
Invité

D’abord 2 répétitions puis le Grand Jour en juin pour le Grand Prix ultime: celui qui éclipse tous les autres.

Fabi35
Invité

Il n’y avait pas d’autres courses de plus de 6 heurres avant ?

Thibaut Emme
Admin

Pour la saison inaugurale du WEC (2012) la saison ouvrait par les 12H de Sebring avant les 6H de Spa et Le Mans.
Et à l’époque « pré-WEC » (ILMC en 2011 car 2010 était un embryon sans les 24H du Mans) on commençait aussi par les 12h de Sebring puis les 1000 km de Spa (un peu moins de 6 heures).
Avant c’était des courses de 1000 km (Le Mans était en dehors du championnat qui était en Europe).

Verth.
Invité

Il y eut aussi une époque heureuse,certes lointaine, où le championnat débutait en janvier par les 24 heures de Daytona avant d’enchainer sur les 12 heures de Sebring, puis 4 ou 5 courses de 1000km, sans parler de la spectaculaire Targa Florio ! Bref, même si toutes ces épreuves étaient très différentes, le suspens était largement entretenu avant Le Mans et l’on avait droit à un vrai championnat..

wpDiscuz