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La première course d’une Toyota

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En septembre 1957, pour la première fois, une voiture japonaise participe à une course hors de son archipel: une Toyota Crown est au départ du Mobilgas Round Australia Trial. Une course, où comme son nom l’indique, il fallait faire le tour de l’île, sur route ouverte, le plus vite possible!

Il faut savoir que l’époque était aux « marathon de la route », ancêtre des rallyes. Il fallait être rapide, certes, mais également réguliers (sinon, on avait des points de pénalités, voilà pourquoi les berlines modestes avaient leurs chances au « scratch ».) Le plus célèbre était le Liège-Sofia-Liège où les pilotes roulaient non-stop. Puis il y aura ensuite le Londres-Sydney et le Londres-Mexico (avec arrêts.)

Buick_round_australia.jpgOn peut situer les débuts des « Round Australia trials » à 1927, lorsque Woodward et Mayor firent le tour de l’île (soit près de 16 000km), à bord d’une Buick. 6 semaines de pistes, de bourbiers, déserts, de montagnes… En plus, à Cue, ils ont un accident de voitures, où Woodward se déboite l’épaule, Mayor devant conduire seul pendant plusieurs jours!
Dire qu’aujourd’hui, certains se plaignent que le rallye de Chypre est trop dur…

Ampol_trial_1956.jpgEn Australie, il  n’y avait non pas un, mais jusqu’à trois « round Australia trial » (suite à des desaccords entre organisateurs.) C’est ainsi qu’en 1953, Ken Tubman et George Marshall s’imposent sur Peugeot 203 au « Redex round Australia trial ». Toujours chez Peugeot, Will Murell et Alan Taylor remporteront le « Ampol round Australia trial » de 1956 sur une 403 fraichement sortie d’usine.

Toyopet_1.jpgCes courses gagnent en médiatisation et au Mobilgas round Australia trial de 1957, il y a non pas un, mais trois équipes d’usine: une Skoda pour le Major Warwick, des Néo-calédoniens sur une DS et donc, des Japonais sur une Toyopet Crown. L’évènement est organisé par la CAMS (la FFSA Australienne) et se veut l’unique tour d’Australie « officiel ». Au début, il ne voulait pas des vieilles, mais pour compléter le plateau, ils ont du revoir leur position.

Toyopet_2.jpgOn trouve ainsi au départ, des concurrents dignes des Fous du volants. Il y a le tandem J. Witter-Stewart, vainqueur de l’Ampol 1957 et leurs Cox « lightweight », qui se faisaient livrer leurs vêtements propres aux check-point (où ils laissent leur linge sale) afin de gagner du poids! Jack « Gelignite » Murray (future star du rallye Australien) et sa Fiat 1100, qui profitait de son job de flic pour montrer sa carte aux collègues qui lui reprochaient de conduire un peu en ville… Mais il perdra bêtement l’Ampol 1957 lorsque le vent (ou Satanas?) a déplacé une panneau, l’entraînant sur un cul-de-sac. Enfin, il y a Blanche Brown (alias « mamie Brown ») et sa Rolls-Royce 1927, conduite par son fils Vince!

Toyopet_3.jpgAvec leur Toyopet, Kunio Kaminomura et Kojiro Kondo se retrouvent en queue de peloton. Mais sur les 101 voitures au départ, seules 52 veront l’arrivée 16900km plus tard, à Canberra. Ils terminèrent 47e (avec leur lot de surprises, notamment un kangourou qui a sauté sur leur capot!) Blanche Brown fut 5e (5 Cox complétant le reste du Top 6), empochant 1360£ de prime pour une voiture qui lui a coûté £450! Elle remporta ainsi la coupe des Dames, car le dernier jour, Doris Isabel « Geordie » Andreson (une autre mère de famille) et sa Jaguar MK VIII, en tête, rentra chez elle, se changea et fit une sieste avant de rejoindre la ligne d’arrivée!

Datsun_1958.jpgLa Toyopet fera tache d’huile et à l’édition 1958, Datsun engage un team « usine » avec deux 210, la rouge remportant une victoire de catégorie.

On pourrait croire qu’avec le temps et l’arrivée des sponsors, les équipes professionnelles ont chassé les « petits ». Mais au « Repco round Australia trial » de 1979, Keith Jones et sa Riley 2,3l 1950 (l’homme et la machine étaient déjà là au Redex 1953, terminant derrière la 203) était au départ. Et ils finirent 59e sur 91 voitures rescapées. Sacrés Australiens!
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3 Commentaires sur "La première course d’une Toyota"

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paullo
Invité

satanas et diabolo …….toute ma jeunesse….

Ezy
Invité

Merci pour ce reportage: encore une nouvelle page de l’histoire automobile qui nous est dévoilée.
L’analogie avec les fous du volant est plus que pertinente, ça rapelle également le cannonball (le film), ou un peu le gumball. On constate aussi avec plaisir qu’à l’époque il y avait déja des femmes en compétition…
Mais dite moi encore qq chose: pourquoi Toyopet et non Toyota ou Toyoda (nom de famille des fondateurs)?

Alf
Invité

Enfin de la sueur, de la poussière et du cambouis. C’a nous change de la F1 aseptisée et de ses voitures télécommandées.

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