Accueil Citroën GM&S : le sort de l’entreprise peut-être définitivement scellé cet après-midi

GM&S : le sort de l’entreprise peut-être définitivement scellé cet après-midi

112
13
PARTAGER

Les GM&S attendent fébrilement la décision du Tribunal de Commerce de Poitiers. Peut-être la fin d’un (trop) long feuilleton, avec la reprise ou la liquidation de leur entreprise de la Souterraine.

Le Tribunal s’était donné un délai de réflexion. Délai qui devait permettre au seul repreneur crédible de formuler une offre ferme et de surseoir à ses conditions suspensives. GMD, un autre équipementier était en effet prêt à reprendre 120 salariés sur les 277 que compte le site à date. Mais pour cela, il ne voulait pas régler les investissements nécessaires, et voulait des garanties de commandes plus longue que les 3 ans garantis dans un premier temps.

Pression de l’Etat sur Renault et PSA

Les deux principaux (seuls) clients de GM&S, Renault et Peugeot, ont donc été une nouvelle fois mis à contribution avec l’Etat. Les investissements sont estimés à 15 millions et l’Etat s’est engagé à mettre 5 millions d’euros et en attendait de même de la part de Renault et PSA. Sauf que PSA estime que les investissements pour ses pièces valent 4 millions et pas un euro de plus.

L’état a donc remis un coup de pression médiatique en montrant PSA du doigt, ce qui n’a pas été du tout apprécié par la direction du groupe. D’autant plus que PSA assure 12 millions d’euros de commande (7,5 millions d’euros de composants déjà produits actuellement et 4,5 millions de pièces pour de nouveaux modèles) sur 5 ans.

Du côté de Renault, le montant des commandes promises a été relevé de 5 à 10 millions d’euros, pour 5 années. Le losange s’est aussi engagé à contribuer à hauteur de 5 millions aux investissements. Pour autant, certains syndiqués GM&S (CGT) sont allés bloquer le site Renault de Villeroy dans l’Yonne. Assez étrangement, les autres clients (plus petits en terme de commandes) ne sont pas mis en avant (ni à contribution ?).

Un bras de fer mortifère ?

Le tribunal se prononcera en début d’après-midi et beaucoup redoute que les 120 emplois sauvés soit le maximum pour le repreneur GMD qui doit déjà mettre 5 millions d’euros pour le besoin en fond de roulement et assurer une partie de la dépollution du site. Pour la CGT, les blocages des sites de Renault ou PSA devraient continuer même après cette décision. Le syndicat estime en effet qu’en tant que clients pratiquement exclusifs de GM&S, les constructeurs doivent amender les primes de licenciement des 157 personnes qui ne seront pas reprises pour atteindre les conditions plus généreuses des licenciements de Renault par exemple.

D’autres encore plus vindicatifs sont prêts à tout bloquer de nouveau à la Souterraine jusqu’à ce que l’offre de reprise grimpe à 180 emplois sauvés au lieu de 120. Un jusque-boutisme qui risque bien de faire capoter toute reprise et faire fuir GMD ainsi que les deux seuls clients du site. Ce serait alors la liquidation pure et simple et la perte des 277 postes.

Créée en 1963, la société avait été rachetée en 2014 par GM&S Industry France dans un contexte déjà difficile. Passera-t-elle 2017 et le cap des 54 ans d’existence ? Réponse cet après-midi.

[Mise à jour 24/07 18h : Le Tribunal de Commerce de Poitiers a décidé d’accéder à la demande du potentiel repreneur. En effet, GMD a réclamé un court délai supplémentaire pour finaliser son offre. Les administrateurs de GM&S étant d’accord avec cela, le Tribunal se donne une semaine de plus avant de prendre sa décision. En attendant le 31 juillet 15h, l’activité se poursuit à la Souterraine et la mobilisation des salariés aussi.]

Illustration : GM&S

Poster un Commentaire

13 Commentaires sur "GM&S : le sort de l’entreprise peut-être définitivement scellé cet après-midi"

Notification de
avatar
Trier par:   plus récent | plus ancien | plus de votes
Membre

Faut dire que quand on voit comment ça se passe, ça n’est peut être pas très motivant pour un éventuel repreneur qui préfèrera attendre une liquidation plutot que de s’engager…

amiral_sub
Invité

tout à fait, les mecs ont tout fait pour dissuader un éventuel repreneur. Mais parfois on voit de vrais capitaines d’industrie réussir à sauver ce qui semble perdu d’avance

Thomas
Invité

Je me demande vers qui PSA et Renault vont se tourner pour obtenir les mêmes pièces que par GM&S s’ils ont décidé d’abandonner cet sous-traitant pourtant très important(et diversifié) ?? 😮

4aplat
Invité

Les 2 constructeurs ont montré leur volonté d’augmenter les commandes.
Mais le syndicat majoritaire veux tout ou rien …
Je penses que même avec quelques licenciements, le plus important est de garder les emplois existants.

starter
Invité

Il y a une complaisance et une médiatisation inouïe dans ce dossier.
On parle de 150 emplois supprimés, de syndicats qui piègent l’usine, qui menacent, qui bloquent d’autres usines !! tout ça pendant que tout le monde travaille sur un plan avec des millions d’investissements, des obligations de commandes…
Il n’y a pas si longtemps, dans l’indifférence, des sociétés comme Mim ou vivarte ont fait bien plus de victimes sans une telle mise en oeuvre de moyens.
Le repreneur est vraiment courageux ou il nous manque des informations.

georges
Invité

C’est triste comme situation.
Mais ils ne donnent pas envie de les racheter ni de passer commande.

georges
Invité

Pour info, le tribunal reporte au 31 juillet sa décision sur la reprise.

wpDiscuz