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Angoulême BD 2010 Live : Interview d’Alain Dodier (2/3)

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Notre deuxième interview sur ce festival de la BD d’Angoulême était avec Alain Dodier, l’auteur de la série Jérôme K Jérôme Bloche, dont le dernier numéro Déni de Fuite est en compétition dans la sélection officielle de cette année. Une rencontre aux réponses qui peuvent surprendre, quand on connaît la précision des informations automobiles qu’on voit dans ces albums.

Comment faites-vous coller chaque personnage à son véhicule ? En bref, pourquoi Jérôme roule-t-il en Solex et Babette en 2CV ?

Tous les objets qu’on a sont un peu la prolongation de notre personnalité. Jérôme est un rêveur, qui pourrait se prendre pour Clint Eastwood. Il n’est que le reflet de son auteur et je ne le verrais pas rouler en Maserati ou en Mercedes. Mercedes, ça connote quelque chose… Et comme c’est un étudiant attardé, il n’a pas beaucoup de sous. D’ailleurs, il n’a même pas le permis, à cause de sa distraction. Alors il a un deux roues. Et comme c’est un personnage décalé, il lui fallait un véhicule décalé. Dans les années 1980, quand Jérôme est apparu, ce n’était pas encore la mode des scooters. Mais je ne l’aurais pas vu en scooter de toute manière. Par contre, le Solex collait bien. Quant à Babette, elle a un métier (hôtesse de l’air), elle est un peu plus avancée socialement et plus carrée. Et elle a le permis ! Mais elle est tout de même amoureuse d’un original et la 2CV lui allait bien, elle est quelqu’un qui n’attache pas d’importance à l’objet. Et c’est une voiture qui a du caractère, comme elle. Et puis tout ça, c’est aussi un prétexte pour dessiner de vieux objets. Les nouvelles voitures sont fiables, faciles à utiliser mais qu’est-ce qu’elles sont chiantes à dessiner ! Je prends bien plus de plaisir à dessiner une 2CV que la nouvelle, euh… Je ne peux même pas citer de marques, elles se ressemblent toutes. Et puis un pare-choc en plastique, c’est pas très glamour. Un pare-choc en chrome, c’est bien plus sympa à dessiner !

Une Aston DB5 en couverture de Déni de Fuite, le dernier album en date, une référence appuyée à Charles Pozzi dans la Marionette…

Une référence à qui ?

Charles Pozzi, le concessionnaire Ferrari !

Ah, d’accord ! En fait, je suis complètement ignorant en automobile ! A l’époque je recherchais un garage Ferrari, parce que c’était nécessaire à la situation. J’ai fait quelques photos pour préparer mes dessins. Quant à la DB5, je ne savais même pas que c’était la voiture de James Bond jusqu’à il y a peu ! D’ailleurs, je ne connaissais pas la marque Aston Martin il y a dix ans. Alors du coup, je me suis informé et j’ai acheté une miniature de la DB5. Là encore, c’est la situation qui a imposé le choix de la voiture. Comment justifier qu’un sculpteur puisse retaper sa voiture en une nuit ? Il fallait pour cela qu’elle n’ait pas de pièce en plastique, donc que ce soit une ancienne. Et comme il est connu et riche, on pouvait supposer que c’était un collectionneur et l’Aston allait très bien pour cela.

En quoi roulez-vous et comment se composerait votre garage idéal ?

Je roule en Xantia, il n’y a pas moins glamour ! Mais c’est par nécessité familiale, il me fallait une voiture fiable et confortable. Elle dort dehors parce qu’il y a plein de bouquins dans le garage. Et j’ai beau habiter en bord de mer, elle ne rouille pas. Quant à mon garage idéal… Je dirais que je m’en fous ! Je n’ai pas le goût de l’objet. J’ai une certaine affection pour la Traction Citroën mais je n’ai pas besoin de la posséder pour avoir le plaisir d’en voir rouler une dans la rue. Je ne suis pas assez soigneux et pas mécano. Mais par contre, j’ai acheté le même Solex que Jérôme.

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