Essai Abarth 500 Esseesse : “Esse” bien raisonnable ?

Ceux qui ont déjà eu l’occasion de conduire une Abarth 500 en conviendront : la petite Italienne est loin d’être avare en sensations. Pourtant, certains trouvaient tout de même qu’elle manquait de tempérament. Pour ceux-là, Abarth à une solution : la 500 Esseesse.

L’Abarth 500 Esseesse est en fait livrée sous forme de kit à monter sur une Abarth 500 «classique». Et quand je dis «kit à monter», ce n’est pas une expression imagée, puisque celui-ci est livré dans une caisse en bois «Abarth Assetto Corse» marquée du célèbre scorpion.

En ouvrant celle-ci, on découvre des jantes de 17 pouces spécifiques pour la Esseesse (un choix discutable, personnellement je préfère les jantes classiques de l’Abarth), des disques de freins ventilés de plus grand diamètre assortis de plaquettes hautes performances, des suspensions (encore) raffermies et un filtre à air développé par BMC qui vient rendre le ronflement du moteur un peu plus rauque encore. Bien entendu, le moteur a également droit à son évolution, puisqu’il développe désormais 160 chevaux et un couple maxi de 206 Nm, en mode «normal»…soit déjà autant que l’Abarth 500 en mode «sport». Une fois le mode sport enclenché, le couple passe à 230Nm, de quoi propulser l’auto à 100 km/h en 7,4 secondes, tandis que la vitesse de pointe est annoncée à 211 km/h.

Esthétiquement, rien, ou presque, ne vient différencier cette Esseesse d’une autre Abarth 500. Seuls les plus avertis remarqueront l’assiette un peu plus basse ou le monogramme Esseesse apposé sur le hayon, et bien entendu, les jantes spécifiques annoncées plus haut.

Même topo une fois à l’intérieur, où l’on retrouve, logiquement, la planche de bord de l’Abarth, avec son large bandeau transversal assorti à la couleur de la carrosserie et le volant à base plate. Le bouton «sport» est toujours bien présent et, une fois enclenché, agit toujours sur le couple, mais aussi sur la réponse de l’accélérateur, plus directe, et sur la direction, qui se raffermit.

«Corsée» sur route…

En passant derrière le volant, on retrouve également la position de conduite typique d’une Fiat 500, avec une assise assez haute et le levier de vitesse au tableau de bord. Plutôt confortable, mais pas vraiment «sportif».

Avec 160 chevaux, pour 930 kilos, les sensations sont au rendez-vous. Si la voiture ne vous colle pas au fond du siège (on est pas dans une Porsche tout de même), elle vous colle au moins un beau sourire sur le visage à chaque pression insistante de la pédale de droite, ne serait-ce que par le bruit envoûtant qui se dégage des échappements. Une sonorité chaleureuse et profonde qui donne envie de pousser encore et encore pour continuer à l’entendre chanter. La vitesse de pointe de 211 km/h n’a rien d’optimiste puisque à peine presse-t-on un peu l’accélérateur que le compteur de vitesse s’envole, et on se retrouve vite à 170 – 180 km/h sans même s’en rendre compte et sans que le moteur ne donne l’impression de devoir puiser dans ses réserves à aucun moment. On regrettera juste que la Esseesse n’ait pas droit à une boîte de vitesses à six rapports qui permettrait de faire baisser la consommation et le niveau sonore (forcément, à près de 3.500 tr/min) sur les longs trajets autoroutiers.

Une fois que la route se fait plus sinueuse, l’auto est un véritable plaisir à piloter. Les reprises sont franches et la voiture semble littéralement scotchée au sol, enchaînant ainsi les larges courbes et virages en épingle sans la moindre difficulté. On regrettera juste le manque de précision et de fluidité de la boîte de vitesses, qui fait parfois «cafouiller» en conduite dynamique. Le travail réalisé sur les suspensions semble donc avoir porté ses fruits en matière de comportement, même si la voiture semble plus sautillante qu’une Abarth 500 «classique» dès que le revêtement n’est plus lisse comme un billard. Le confort en pâtit également : les suspensions sont tellement raides que routes dégradées ou pavées sont à proscrire absolument si vous voulez conserver vos vertèbres et lombaires intactes.

… «Asseto Corse» sur piste

Même si l’Abarth 500 Esseesse n’atteint pas le niveau de ses sœurs préparées pour la piste, la petite bombinette peut être équipée d’un système de télémétrie développé par Magnetti Marelli permettant d’enregistrer toutes les données relatives à l’auto sur quelque circuit que ce soit. Si la voiture se trouve en plus sur un circuit préenregistré dans le système, l’utilisateur aura accès à plus de données encore, comme l’emplacement exact sur le circuit, le temps au tour, etc. En dehors des circuits, le système peut également faire office de GPS.

Conclusion

L’Abarth 500 Esseesse s’impose comme une variante «extrême» de l’Abarth 500. Elle hérite donc des gênes de sa «petite sœur» tout en en sublimant les performances et la sonorité. Les acquéreurs potentiels prêts à débourser les 2.500 euros demandés (hors montage, environ quatre heures) devront être de véritables aficionados de la marque ou de la conduite sur circuit, voire devront disposer d’une seconde voiture car la notion de confort des suspensions devient vraiment très abstraite. Mais quand on aime…

A lire également :
Essai Abarth 500 : présentation (1/4)
Abarth : visite d’une concession

En bonus : Galerie d’un atelier Abarth

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12 commentaires »

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  1. 1

    il decoratore

    Et il faut garder la belle boite en bois pour en faire une jolie table de salon si toutefois on a une maison décorée de manière automobile ou si on aime les intérieurs hétéroclites…une beau plateau de verre et c’est parti !

  2. 2

    CDA
    CDA

    Un peu cher je trouve cette Fiat 500 Arbarth (oui, pourquoi céder au marketing) “Esse esse” mais je pense que les acheteurs ont ce qu’ils veulent pour le prix.
    Par contre, la position de conduite et ce levier, c’est plus que “pas vraiment sportif”, c’est carrément anti-sportif ^^

  3. 3

    karuk 971

    CDA , la position de conduite de la 500 Abarth , c’est l ‘héritage de la plate forme de la Panda qui a son levier de vitesse en implantation haute , donc c’est tout a fait normal pour des raisons de cout .

  4. 4

    BOBO

    CDA, tu ne peux pas dire que la voiture est chère et dire une ligne plus loin que l’acheteur en a pour son argent! C’est une contradiction.
    Bon article bien développé, ça nous change des articles de Johnatan Ouaknine de 2 lignes sur la Fiat 500…..

  5. 5

    Pandi Panda

    Les auto de DTM ou de WTCC ont bien le levier de vitesse en hauteur , ce n’est pas moins ergonomique q’un levier au ras du plancher surtout si on est assis un peu haut ..et je suis fort satisfait de ma Panda 100 hp au levier de vitesse en hauteur

  6. 6

    r.burns
    r.burns

    LOL comparer avec une voiture de course c’est pas possible ce qu’on peut lire ici, c’est navrant mais mieux vaut en rire…

  7. 7

    CDA
    CDA

    C’est vrai qu’on se sent un peu comme avec une boîte séquentielle Sadev dans une 4L :D

    Pour la plate-forme de Panda, je le sais bien mais je m’étais privé de le signaler pour ne pas passer pour un “anti-Fiat”.

    Pour le prix, je le trouve cher “moi” mais c’est bien connu que le prix est souvent celui qu’on est prêt à mettre et non pas celui que cela vaut vraiment.
    A ce petit jeu là, on comprend pourquoi une 500 est plus cher qu’un Ka parce que beaucoup de client de 500 veulent du fashion, peu importe le prix. Ça se respecte vu la bouille de l’auto.
    Le truc, avec cette version Essesse, c’est qu’on peut presque passer à la catégorie au-dessus…

  8. 8

    SEB

    Certain ignorant du monde de l’automobile sont encore surpris que les grand groupes utilisent des plates formes communes pour différentes voitures. Eh oui la 500 aussi magnifique soit-elle est une Fiat, elle partage donc sa plateforme avec d’autre voiture du groupe dont la Panda.
    Panda qui soit dit en passant est un succès phénoménal, elle reste dans le TOP ten europééen après 6 ans de carrière sans restyling, cas unique depuis plusieurs années tous groupe confondus.
    Bravo Fiat.

  9. 9

    r.burns
    r.burns

    La Panda un succès ? vu la cote ça m’étonnerait, mais bon si tu prends les chiffres de vente regardes vers les sociétés de loc tu vas comprendre qui l’achète la Panda

    Retour au sujet, la 500 SS aurait un kit “ressorts courts” mis en place sur ses amortisseurs d’origine = une hérésie en matière de comportement sportif, il aurait fallu de nouveaux amortisseurs adaptés au raccourcissement, car non seulement les amortisseurs d’origine vont être flingués en moins de deux, non seulement le confort est inexistant, mais surtout les sautillements sur mauvais revêtements ça peut se terminer direct dans le fossé (dans le meilleur des cas)

    Les ressorts courts sur amortisseurs d’origine sont une solution courante dans le monde du tuning, mais ça ne devrait pas exister sur le plan sportif et sécuritaire !

  10. 10

    PIO MANZONI

    La Panda est un succès que tu le veuilles ou non.

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