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Le conducteur du jour: un ange passe

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Un parking souterrain de banlieue. Apparemment, l’exploitant a rogné sur les panneaux « sortie »… En cherchant vainement un moyen de remonter en surface, je tombe sur un cul-de-sac et surtout, une R15 TL rouillée. Une vraie allégorie du manque de soins accordés aux 15/17…Au milieu des années 60, la régie nationale décide d’abandonner le projet ARG (Alpine-Renault-Gordini.) La Caravelle s’efface en 1968 et il n’y alors plus de coupé chez Renault. Ce « trou » sera vite bouché, car le constructeur planche sur un nouveau concept, moins ambitieux que l’ARG: un coupé « populaire », reprenant la plateforme de la R12.
La « R12 coupé » se dédouble en deux projets: la 15 (avec grande vitre latérale et feux de R12) et la 17 (petite vitre latérale et quatre phares ronds.) La 17 a un positionnement légèrement supérieur, avec des mécaniques plus puissantes, davantage d’équipements et une version découvrable. Elle a même droit à une version Gordini.

Elles apparaissent au salon de Paris 1971, où elles sont les grandes vedettes. Les mauvaises langues diront que c’est un « petit » salon, avec peu de nouveautés. Reconnaissons leur une ligne « fastback » très moderne pour 1971. Notez que les structures sont construites chez Chausson, à Maubeuge, mais que l’assemblage final a lieu à Sandouville. Un curieux mécano industriel (une question de politique interne face à un site jugé « Peugeot »?) Elles sont également les premiers modèles équipés du losange « Vasarely ».
L’exemplaire du jour est une 15 TL, le modèle d’entrée de gamme. Il se contente du 1,3l « Cléon » 60ch de la R12. De quoi atteindre 150km/h, au bout d’une très longue ligne droite…

Les 15/17 mènent une carrière plus qu’honnête. Grâce à un prix plancher, elles sont très prisées chez les minets. Maubeuge finit par prendre en main l’intégralité de la construction. Gag: en Italie, le chiffre 17 porte malheur et la voiture d’être rebaptisée hâtivement « 177 ». La régie décide que la promotion sportive seront l’apanage des R12 Gordini et de l’A310. La 17 devra se contenter de victoires dans d’obscurs rallyes d’Europe de l’est. De quoi gréver son image. En 1976, les 15/17 s’offrent un lifting. L’année suivante, l’importateur hollandais fourgue de R15 pour la parade des pilotes, lors du Grand Prix de Hollande. Un évènement qui sera un prétexte à une série limitée « GTL Grand Prix ».
En 1979, la rideau tombe après 300 000 exemplaires. Le succès des 15/17 incite Renault à persévérer, avec la Fuego. Ensuite, c’est la dégringolade. Mal-aimées, les 15/17 sont d’abord victime du tuning sauvage. Puis les baladurettes et autres jupettes font des ravages. Que leur reproche-t-on? Pas grand chose, juste d’être trop « populaire ». Les 15/17 n’ont pas l’aura de leurs rivales de l’époque (Alfa Romeo Sprint, Ford Capri, Opel Manta…) Elles n’ont même pas le côté kitsch de la Fuego! En 1998, Auto-rétro pousse déjà un cri d’alarme. En vain. Même aujourd’hui, elles gardent une image de « voitures d’occasions ». Elles méritent pourtant mieux qu’un recoin de parking souterrain!

Pour en savoir plus, le site de l’amicale R15 R17

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10 Commentaires sur "Le conducteur du jour: un ange passe"

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Jean
Invité

Sympa ton billet !

Panama
Invité

le design est vraiment typique des 70’s !

Les 17 sont plus recherchées – et pour cause.

Bon, il faut bien dire que ce ne sont que des R12 recarrossées. Pas très excitant à conduire

cestmoi
Invité

Je me souviens des pubs et des siège Pétales.

Invité

La voiture de mon enfance !

Alex
Invité

J`adore ces articles et decouvertes, vous arrivez a me faire revasser avec une R15!

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