Accueil Conducteur du jour Le conducteur du jour: une bonne poire

Le conducteur du jour: une bonne poire

306
21
PARTAGER

Comment couler une bonne voiture? Renault a réalisé un bon cas d’école à la fin des années 70. D’ailleurs, si vous avez pris des cours de marketing, la R14 est probablement dans votre livre! La recette est simple. D’abord, vous accumulez les retards de lancement. Ensuite, vous trainez sur le déploiement de la gamme. Enfin, vous faites fuir les clients par une campagne de pub tirée par les cheveux.

J’avais déjà évoqué en détail l’histoire de la R14 lors d’un brève rencontre (à (re)lire ici.)

Pour rappel, dés la fin des années 60, Renault commence à travailler sur le « projet 121 » (la R5 porte le nom de code « 122 »), destinée à remplacer la R6. L’étude de marché traine en longueur.
Ensuite, c’est la mécanique qui pose problème: la firme au losange veut s’associer avec le rival Peugeot pour concevoir un moteur commun. Mais l’accord met du temps a être paraphé.

Ainsi, la R14 n’apparait qu’en 1976, soit 4 ans après la R5!
Au moins, les designers ont eu le temps de peaufiner la ligne. Quel contraste par rapport à la cunéiforme Golf 1 (sortie en 1974)! La R14 a l’air plus moderne que la Fiat Ritmo (apparue en 1978) ou la Talbot Horizon (1977!)

Dans un premier temps, elle est disponible avec un 1,2l 59ch, en version « L » et « TL ». Le démarrage est plutôt bon, avec 190 000 ventes en 1977, la premières année pleine.
La clientèle voudrait d’autres motorisations et davantage de finitions. Hélas, rien ne bouge pendant de long mois. la firme au losange possède une gamme pléthorique et il a peur qu’une déclinaison supplémentaire de la R14 ne cannibalise un autre modèle.

Puisque certains clients n’aiment pas sa forme, Publicis a une idée pour la faire passer: la comparer à une poire. Le concept est décliné à toutes les sauces, avant que Renault ne réalise son erreur. Car pour beaucoup d’automobilistes, ce n’est pas la R14, la poire, mais celui qui en achète une…

Pour le millésime 1979, la R14 reçoit un petit lifting et surtout, une version « TS » (c’est d’ailleurs celle qui illustre cette article.) Non seulement, elle est suréquipée (pour l’époque), mais elle reçoit un 1,4l à carburateur double-corps 70ch.

D’autres campagnes de pub sont lancées. Mais « l’effet poire » a été fatal. Désormais, on ne lui pardonne plus rien: la corrosion précoce, des garages Renault qui rechignent à réparer son « moteur Peugeot », des problèmes de démarrage en milieu humide…

La R14 rase les murs, à coups de série limitées, jusqu’en 1983. Le temps de concevoir une remplaçante bicéphale, les Renault 9 et 11.

Depuis, la corrosion et les primes à la casse ont fait des ravages. D’autant plus qu’il n’y a pas de versions franchement luxueuse ou franchement sportive pour susciter de l’intérêt.
Malaimée, je suis la malaimée…

A lire également:
Le conducteur du jour: c’est Français, ça vient des Etats-Unis
Le conducteur du jour: Classic Days at home
Le conducteur du jour: Maxi-Renault
Le conducteur du jour: en solde

Poster un Commentaire

21 Commentaires sur "Le conducteur du jour: une bonne poire"

Notification de
avatar
Trier par:   plus récent | plus ancien | plus de votes
josh
Invité

Moi je l’aimais bien cette R14. Elle n’est pas de mon époque mais effectivement, elle a toujours l’air moderne.

bl@cky
Invité

Excellent article 😀 tu nous fais le même avec la Citroën GS

r.burns
Membre

J’aurais une question pour le blogueur :
pourquoi cette séries d’articles s’appelle « le conducteur du jour » alors que qu’aucune personne n’est n’en est le sujet ?
Ça devrait plutôt s’intituler « la voiture du jour » non ?

r.burns
Membre

Merci pour ces précisions 😉

philippe
Invité

« Croiser une GT dans une banlieue « populaire », c’est original. »

Ca dépend du talent des dealers locaux.

Ah le bon temps de la Régie Renault !!! Quand le contribuable avait les poches grandes ouvertes et où on pouvait se servir pour finir les fins de mois.

Heureusement que la SNCF existe pour perpétuer les traditions.

seldor
Membre

Une ligne bien moderne pour l’époque. Elle aurait pu devenir la Golf française… histoire d’un destin.
Je pense que je vais la rajouter à mon menu Revivals… http://www.traitsautomobile.com

Fastbear
Invité

Cette voiture me faisait triper à mort quand j’étais gosse… Da

wpDiscuz