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Renault Twingo Gordini R.S.: much ado about nothing

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Cela faisait plusieurs semaines que Renault faisait monter le buzz sur Gordini. Ca y est, après des années d’absence, le fameux badge est de retour, via la Twingo Gordini R.S. Après les impressions « live » de Bernard Muller, voici la fiche technique.

La Gord’ est basée sur la Twingo RS. Elle en reprend le châssis sport et le 1,6l 133ch.

Elle y rajoute des sièges Renault Sport en cuir noir et bleu siglés Gordini, des médaillons en cuir bleu dans les panneaux de portes, un volant en cuir noir et bleu avec les deux bandes blanches en guise de « point 0 », un levier de vitesse avec soufflet bleu et pommeau siglé Gordini, un compte-tours bleu à cerclage blanc et une casquette de planche de bord gainée avec surpiqure spécifique.
L’équipement comprend des jantes aluminium de 17 pouces à profil noir diamanté, la climatisation automatique, l’allumage automatique des feux, le capteur de pluie, un régulateur/limiteur de vitesse, un ESP totalement déconnectable, la radio 80 W CD MP3 à afficheur déporté et satellite de commande au volant, un bornier RCA de connexion pour baladeurs audio (iPod ou lecteur MP3), des vitres surteintées latérales et arrières et des sièges arrières indépendants et coulissants, faisant passer le coffre de 285dm3 à 959 dm3.

Le tout en bleu Malte ou en noir nacré, avec des blason « Gordini series » (sic.)

En bonus, vous pouvez y rajouter le châssis Cup, des jantes aluminium de 17 pouces à profil bleu diamanté, un Radio-CD Box avec kit main libre Bluetooth, les airbags rideaux, un toit ouvrant panoramique, un sur-tapis Gordini et un porte-clef Gordini.

Elle arrivera en concession en mars 2010. La prise de commande débutera le 15 février et Renault annoncera à ce moment-là le tarif. Ou plutôt, pour être dans le ton du dossier de presse: « Le start du booking sera le 15 février 2009 et Renault fera un announcement sur le pricelist. »

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Et c’est tout? Un tel battage médiatique pour une Twingo R.S. façon mimile avec 3 autocollants?

C’est un peu court, jeune homme!

Le dossier de presse ne mentionne même pas Amédée Gordini (dont nous avions retracé la vie ici.) Amédée Gordini venait d’une époque si politiquement incorrecte qu’il n’hésitait pas à fumer des Gauloises en public:

Il serait réducteur de dire qu’il n’était que le préparateur attitré de Renault.

Pendant 20 ans, il tint à bout de bras une écurie de course. Il fut notamment le premier à donner un volant « usine » à un pilote Argentin, un certain Juan-Manuel…

Faute d’argent et de soutien, il doit fermer son fameux atelier du boulevard Victor en 1957. Il accepte alors l’offre de Renault, où il fait du tuning avant la lettre.

Le premier fruit de cette collaboration n’est pas la R8 Gordini, mais la Dauphine Gordini. A l’époque, point de porte-clef siglé ou de peinture bleue à bandes blanches. Et ce n’est pas avec son 850cm3 de 40ch que vous ferez des burn-out devant le macumba night!

7 ans plus tard, au salon de Paris 1964, les visiteurs découvrent ceci:

Un 1,1l à 2 carbus Solex de 77ch (puis un 1,3l avec double-corps 88ch) dans le coffre.

En 1966, Renault, Dunlop et le journal Moteur créent la Coupe Renault 8 Gordini (alias « Coupe Gord » ou tout simplement « La Coupe ».) Une R8 Gordini 1300 coute un bras (deux fois le prix d’une R8 normale!) et pourtant, les concurrents affluent.
Il faut organiser des manches qualificatives, une consolante et une finale. Les pelotons sont « chauds », d’autant plus qu’une « R8G » ne demande qu’à faire un tête-à-queue, voir à finir sur le toit…

C’est grâce à la Coupe Renault 8 Gordini que les circuits Français ont retrouvé du dynamisme. Ce qui permit notamment la Formule France, en 1968…

Les grandes messes de la Coupe sont les « jour G », où Amédée Gordini se déplace en personne.

Notez qu’en parallèle, Gordini fournissait des moteurs à Alpine.

En 1971, Amédée Gordini prend sa retraite et Renault reprend sa marque. La R8 Gordini fut un succès populaire (11 000 exemplaires) et sa descendante risquait de décevoir…

Mission « accomplie » avec la R12 Gordini, une traction avant. Les puristes crient à la trahison. Simca su les capter avec les Simca 1000 Rallye 1, 2 et 3, fidèles au moteur en porte-à-faux arrière.

En 1976, les ateliers de Gordini et d’Alpine sont regroupés pour former Renault Sport. Le nom « Gordini » disparait de la compétition.
Et en 1977, Renault tue le mythe avec la R17 Gordini.

Aujourd’hui, cela fait une douzaine d’années que Renault tente de nous vendre le badge « Renault Sport », sans savoir s’il doit en faire une marque à part entière ou une simple finition.

Personnellement, j’ai brièvement travaillé pour Renault Sport. Le formateur, venu du Technocentre, nous expliquait que « Alpine » et « Gordini » étaient trop franchouillards et trop méconnus du grand public. L’avenir, c’était Renault Sport, un point c’est tout!

C’était oublier que toute une génération a découvert Gordini (et Alpine) grâce aux jeux vidéos. De plus, MINI et Fiat n’ont pas hésiter à ressusciter respectivement Cooper et Abarth, tandis qu’aux Etats-Unis, Ford invoque Shelby.
Reprendre un nom connu permet de replacer un véhicule dans un univers déjà existant, ce qui est un atout certain. Surtout pour une voiture « coup de coeur » comme une citadine sportive. D’où un changement de cap chez le losange. L’apparition de la Twingo Gordini R.S., deux ans après le lancement de la Twingo II trahit une certaine improvisation. Renault s’est mué en suiveur de tendances et on ne peut que le regretter.

Source:
Renault

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