par Joest Jonathan Ouaknine

Souvenirs, souvenirs : and now for something completely different

propre à nos voisins.L'artisanat émerge dans l'entre-deux guerres, en parallèle de la montée du sport automobile. Car il s'agit essentiellement de pilotes amateurs qui construisent eux-mêmes un cyclecar pour courir à Brooklands ou à Shelsley Walsh. C'est l'ère des "spéciales" plus ou moins délirantes. Le mouvement s'essouffle dans les années 30, lorsque Morgan et MG -tous deux venus de l'artisanat- proposent des voitures de course clef en main.

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La semaine dernière, John a proposé un Souvenirs, souvenirs sur les artisans britanniques. Voici donc cette ode à la créativité d'outre-Manche, avec son odeur d'huile de coude et de pinte, sans oublier la touche d'humour et de décalage propre à nos voisins.L'artisanat émerge dans l'entre-deux guerres, en parallèle de la montée du sport automobile. Car il s'agit essentiellement de pilotes amateurs qui construisent eux-mêmes un cyclecar pour courir à Brooklands ou à Shelsley Walsh. C'est l'ère des "spéciales" plus ou moins délirantes. Le mouvement s'essouffle dans les années 30, lorsque Morgan et MG -tous deux venus de l'artisanat- proposent des voitures de course clef en main.

Il renaît de plus belle après la guerre. Comme d'autres, les Britanniques ont une boulimie de voitures neuves. Le marché de l'occasion est envahi d'Austin Seven, qui font le bonheur des gentlemen-drivers aux poches trouées. C'est plus tard l'émergence de la fibre de verre, ce matériau magique qui permet de mouler facilement des carrosseries. En plus, la guerre a laissé derrière elle nombre d'ingénieurs en aéronautique (qui ont un savoir-faire adaptable à l'automobile.) Ajoutez-y l'explosion de la F3 et du marché US (grand consommateur de roadsters anglais.) Des petits malins construisent des roadsters, des coupés ou des monoplaces, à moteur Ford ou BMC. On se bouscule dans les nombreux salons régionaux. Certains veulent juste construire la voiture de leur rêve. D'autres, comme Jensen, Lotus, Lola ou Marcos, se retrouvent projetés sur la scène internationale.

Jusqu'ici, l'histoire est peu ou prou similaire à ce qu'on trouve en Allemagne, aux Etats-Unis, en France ou en Italie. Dans ces pays, les artisans seront balayés par le durcissement des règles d'homologation, la domination sportive et technique d'un ou deux constructeurs et enfin le manque d'entrain des généralistes à vendre leur mécanique à des tiers.

A contrario, en Grande-Bretagne, les speciality manufacturers s'organisent. Ils font pression sur le législateur national, puis le législateur européen pour une homologation "Gilbert Montagné". Dans les années 70-80, la mode est au néoclassique. Puis c'est le temps des Cobra, GT40 et Seven clonées. Un artisan propose même une fausse Lamborghini Countach amphibie ! Le portrait-robot du fondateur, c'est l'ex-ingénieur de British Leyland (parti lors d'un des nombreux plans sociaux) ou d'une équipe de F1 (qui a marre de courir 365 jours par an.) Par définition, les artisans sont fragiles : un incendie de l'atelier, un départ de l'ouvrier principal ou un changement de mode peuvent lui être fatals. Mais souvent, un autre débarque pour reprendre la société. Parfois aussi, il y a un repreneur pour la société et un repreneur pour la fabrications des voitures.

Dans les années 80-90, certains veulent profiter de l'ouverture du marché européen pour accéder au continent. Les gros soucis des Marcos, Panther et autres TVR, ce sont un manque de noblesse et une finition souvent exécrable. Presque tous se casseront les dents. Bristol n'a pas ce problème : il se targue de posséder un unique point de vente, à Kensington. Quant à Morgan, la liste d'attente est si longue que parfois, l'acheteur meurt avant d'avoir sa voiture et c'est son descendant qui en hérite !

Aujourd'hui, la tendance est aux "track cars". Les productions artisanales n'ont plus à jouer les premières voitures. Les Ariel Atom, Morgan 3-roues et autres Ginetta G40R ne servent qu'aux sorties, le week-end. Il y a aussi de nouvelles tentatives à l'international et là aussi, elles ne visent que des niches très restreintes. Alors que Gumpert ou Wiesman baissent le rideau, Caterham, Ginetta ou Morgan sortent de nouveaux modèles et ouvrent de nouvelles concessions. Et on peut parier qu'au prochain salon Autosport, une officine apparaitra. Sacrés Britanniques...

Crédits photos : Morgan (photo en une et photos 1 et 7), Brooklands (photos 2 et 3), Bristol (photos 5 et 20), Ford (photo 6 et 9), TVR (photos 10 et 13), Caterham (photo 11), Marcos (photo 12), Zytek (photo 14), Ariel (photo 15), Ginetta (photos 16, 17 et 21), Autosport Show (photo 18), Top Gear Live (photo 19.)

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