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GreenTech Automotive, le boulet de Terry McAuliffe

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Aux Etats-Unis, le nombre de mandat présidentiel est limité à 2. Barack Obama ne pourra donc pas se représenter. Joe Bidden, son vice-président, n’est a priori pas candidat. La voie est donc libre pour les jeunes loups du Parti Démocrate. Terry McAuliffe se verrait bien à Washington ou à défaut, en conseiller du Prince. Mais ce proche des époux Clinton est mis en cause dans la gestion de GreenTech Automotive. Un scandale qui pourrait éclabousser une éventuelle candidature d’Hilary Clinton.D’EuAuto à GreenTech Automotive

L’histoire débute il y a une dizaine d’années. Le marché automobile chinois a des allures de far west : tout est possible, à condition d’être courageux et de n’avoir pas froid aux yeux. Des centaines de projets apparaissent. Parmi eux, EuAuto songe à une voiturette électrique. L’école polytechnique de Hong-Kong s’occupe de l’ingénierie et Giugiaro, de la carrosserie. La « MyCar » est dévoilée en 2004.

Lorsque la MyCar est enfin prête, en 2008, le marché chinois s’est consolidé. Il n’y a plus de place pour les aventuriers. Et accessoirement, les Chinois ne veulent pas d’une golfette électrique.

On retrouve la MyCar au British Motorshow, avec un badge « Nice », puis elle traverse l’Atlantique.
Yang Rong, président déchu de Brilliance, n’arrive pas à faire décoller son projet Hybrid Kynetic. Avec la MyCar, il dispose d’un projet clef-en-main. Il croise, Terry McAuliffe, candidat malheureux au poste de gouverneur de Virginie. McAuliffe est un proche d’Anthony Rodham, petit frère d’Hilary Clinton.
McAuliffe et Rodham fondent « GreenTech Automotive », qui rachète EuAuto. L’entreprise se vante de vouloir faire du « made in USA ». Du coup, Yang est prié de se mettre en retrait.

Un démarrage laborieux

GreenTech s’installe à McLean, en Virginie. Il projette un grand site à Tunica, dans le Mississippi (pour bénéficier de subventions locales.) Charles Wang, un proche de Yang, est nommé chef de site. En attendant, il ouvre un site « provisoire » à Lake Horn, dans le Mississippi. Panoz est chargé de l’industrialisation de la MyCar. On parle d’un prix de 18 000$ (13 500€), pour cette voiturette qui ne peut rouler que sur les voies privées.

Pour financer le projet, McAuliffe et Rodham veulent bénéficier d’un programme spécial, dit de visa EB-5. Il s’agit de Visa délivrés à des étrangers souhaitant investir aux Etats-Unis. Ils créent une société, baptisée Gulf Coast Management, basée en Virginie. Au conseil d’administration de ce fond, on trouve Margaret Richardson, en charge du trésor public sous Clinton et Kathleen Blanco, ancien gouverneur de Louisiane et proche de Clinton.

Les mois passent et rien ne bouge chez GTA. McAuliffe promet des milliers de voitures et d’emplois créés. En attendant, à Lake Horn, seule une centaine d’âme s’agite. En mars 2013, Bill Clinton visite une usine vide, où des ouvriers font semblant s’assembler les 6 MyCar de pré-série… Ce qui n’empêche pas l’ancien président d’être enthousiaste envers les « emplois verts » générés.

Plusieurs journalistes locaux s’interrogent sur la viabilité économique du constructeur et sa réelle volonté de produire en grande série. GreenTech répond en engageant des avocats et en trainant en justice ceux qui le critiquent. Pas vraiment le meilleur moyen de faire taire les suspicions. Et forcément, par la suite, il y aura d’autant moins de personnes pour prendre sa défense…

Ca sent le roussi

Les relations avec Yong sont de l’ordre du « je t’aime, moi non plus ». Avant de claquer la porte, le businessman (réhabilité en Chine) leur offre une JAC Tong Yue électrifiée par Hybrid Kynetic. GTA lui colle un nouveau badge et dévoile avec tambours et trompettes, sa « future berline ». Fox News (qui n’est pas vraiment un média pro-Clinton…) signe un authentique publi-reportage sur la voiture.

A l’automne, GTA ameute les journalistes pour annoncer le « démarrage de la production ». Peu après, McAuliffe se lance de nouveau dans la course à l’élection de gouverneur de Virginie. Il quitte formellement l’entreprise.

En apparence, GreenTech a l’air d’un énième projet mort-né de voiture électrique (cf. Coda ou BG Automotive) : de grosses ambitions, mais des moyens insuffisants et beaucoup d’effets d’annonces. Evidemment, cet échec fait tache sur le CV de McAuliffe, qui se vend comme un entrepreneur modèle…
Là où GTA franchi la ligne blanche, c’est sur la questions des visas EB-5. Alejandro Mayorkas, responsable du département (ministère) de l’immigration, est soupçonné d’avoir eu la main leste. Clairement, on accuse ce proche de Clinton d’avoir signé n’importe quoi, au profit d’autres proches de Clinton. Ca tombe mal: Obama comptait nommer prochainement Mayorkas responsable de la sécurité intérieure…
Utilisation de fonds publics, soupçons de visas de complaisances, implication de proches des époux Clinton… Pour le Parti Républicain, c’est du pain béni! Ken Cuccinelli II, le rival de McAuliffe, tambourine:  » Les habitants de Virginie ont de plus en plus de questions à poser à McAuliffe. Et McAuliffe refuse d’y répondre. » En « off », on accuse McAuliffe et Rodham d’avoir floué les investisseurs avec un projet bidon. Voir carrément d’avoir vendu des visas et d’avoir empoché l’argent.

Crédit photos: GreenTech Automotive

Source:
Jalopnik

A lire également:
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3 Commentaires sur "GreenTech Automotive, le boulet de Terry McAuliffe"

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François
Invité

Tunica est dans le Mississippi, pas le Missouri 😉

autozob
Invité

Donc c’était quoi l’utillité de ce truc à part détourner l’argent public ? Avoir une voiturette pour descendre l’allée de la propriété pour aller à la boite aux lettres?

Giles
Invité

Je n’ai pas saisi non plus

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