Bootleg Mini
La Mini fête ce mois-ci ses 50 ans. A priori, c’est un véhicule typiquement Britannique (surtout l’ancienne.) Pourtant, il y a eu des Mini produites à l’étranger, dans des circonstances souvent rocambolesques. Petit florilège de ces Mini “made in ailleurs”.
BMC et son évolution, British Leyland, possédèrent longtemps une filiale Australienne très active. Dés 1961, BMC Australie assemble de Mini expédiées en kits de Grande-Bretagne. Plus tard, elles seront réellement produites sur place, suivant les différentes évolutions de la Mini Anglaise, y compris la Moke et la Clubman. Mais l’entreprise (devenue Leyland Australia) n’a pas su prendre le virage des années 70. D’autant plus qu’elle subit les aléas financiers de la maison-mère. En 1978, la dernière Mini Australienne sortit d’usine, ce qui signifia également la fin du site de Sydney.
Au début des années 60, BMC voulu envahir les pays émergents avec des usines d’assemblages. La Mini n’y échappa pas et il y eu des Mini Grecques, Irlandaises et Maltaises. Au Chili, BMC tenta de surfer sur la création d’une zone franche à Arica, au nord du pays, pour signer avec 5 (!) industriels Chiliens. En 1964 et 1965, Emssa, l’un des cinq, assembla des Mini équipées de carrosserie en fibres de verre. L’inexpérience du partenaire et l’isolement géographique de la zone franche torpilla l’affaire.
Notez que ni l’actuel importateur Chilien, ni le Mini club Chili n’évoque l’histoire. C’est dire si elle a laissé de grands souvenirs…
En 1965, Fernandino Innocenti, qui construisait déjà des voitures, s’associe à BMC. Il fabriquera ainsi la Mini, depuis la Mk1 jusqu’à la Mini 1000. La Cooper Italienne restera au catalogue jusqu’en 1972, bien après l’originale (pour le plus grand bonheur des fans.) En 1974, changement de cap avec une lifting total signé Bertone. Puis il y aura le rachat par De Tomaso et le remplacement des mécaniques Austin par des Daihatsu. Mais ça c’est une autre histoire…
L’Espagne Franquiste surtaxait les importations. Afin de pouvoir y vendre des voitures à un prix raisonnable, BMC a du se décider à produire sur place. Il s’associe au local Nova Montaña Quijano pour fonder l’Automovilès de Turismo Hispano Ingleses (Authi.) Authi débute avec la Morris 1100. En 1969, la Mini arrive. Pour d’évidente réductions de coûts elle partage sa mécanique avec la Morris 1300 et la MG 1300 qui sortent au même moment. Ainsi, Authi inventa la Mini 1300cm3 “normale” un quart de siècle avant Rover! Des Mini 850 et 1000, plus conventionnelles, suivront. En 1973, BMC s’offre toutes les parts d’Authi. Mais la production est loin des objectifs et les pertes s’accumulent. En 1976, Authi ferme ses portes et le gouvernement Espagnol fera reprendre le site par Seat.
En 1990, le Vénézuelien Facorca (Fàbrica de motores y Carrocerias Cordillera) passe un accord avec Austin-Rover pour produire la Mini. Originalité: elles avaient une carrosserie en fibre de verre. La “Mini Cord” fut un flop et dés 1994, Facorca ferma ses portes. Pourtant, il était créatif: Mini 1,0l Cooper, Beach Mini (sans portes) et cet intéressant cabriolet:
A la fin des années 90, BMW et Chrysler s’associent dans la fabrication de moteurs. Ils fondent une société commune, Tritec, basée à Campo Largo. Elle doit fournir des moteurs servant à la fois pour les Chrysler Neon et PT Cruiser, ainsi que pour la New Mini. L’usine démarrera avec un an de retard, en 2000. Entre temps, Chrysler s’est fait racheter par Daimler, “ennemi intime” de BMW. En 2006, Tritec ferma ses portes. Lifan ne pu en reprendre que l’outillage (voir plus loin) et Fiat y produit aujourd’hui des moteurs.
Et puis il y a les clonages à l’insu de leur plein gré. Dés 1963, Suzuki présente la Suzulight Fronte TL (souvenez vous.) Notez que la photo a été prise à Suzuka, lors d’une course de “kei”. Au moins, le temps qu’elle fasse une boucle, les spectateurs avaient le temps d’aller chercher un sandwich, de le manger et d’aller aux toilettes…
On reste au Japon avec la Daihatsu Trevis, qui sera très prochainement à l’essai.
Dernier cas en date: la Lifan 320. Son moteur est l’ex-Tritec de BMW-Chrysler. Lifan prétend que des plans de la Mini trainait également dans l’usine Brésilienne de Campo Largo. Le constructeur ne cache pas que sa 320 ressemble à une Mini. Au contraire, en Chine, il la surnomme la “Mini nationale”! Elle débarque actuellement en concession.
A lire également:
Genève 2009 Live: Morris Mini Minor
































14 commentaires »
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et vive la mini, surtout la twinings…
4 avril 2009 à 0:092
Ne pourrait-on rajouter, aux côtés de la Daihatsu, d’autres réinterprétations contemporaines comme le Suzuki Swift et la Skoda Fabia ?
4 avril 2009 à 0:173
La Skoda Fabia???????????
4 avril 2009 à 2:014
Il y a eu des minis fabriquées partout dans le monde pour la bonne et simple raison qu’il y a des péripatéticiennes partout dans le monde. CQFD !
4 avril 2009 à 8:515
Ce qu’il faut pas lire des fois !
Vive les Austin Mini !! LE kart homologué route
4 avril 2009 à 9:506
@ Wiseman :
Je trouve extraordinaire que ce soit en France, pays de la R5 et de la 205, voitures de beaufs au possible, que la Mini soit systématiquement considérée comme une voiture de femme, voire de “blondasse”, alors que dans les autres pays c’est une voiture très exigeante réservée à des utilisateurs masculins chevronnés.
4 avril 2009 à 10:04Ce genre de chauvinisme est particulièrement dégoutant, d’autant plus que c’est le sport national manifestement.
La Mini restera une des voitures les plus extraordinaires qui soit, à tout point de vue, et tout ceux qui en possèdent seront d’accord. Après, que ceux qui connaissent pas et critiquent retournent à leur 309, R21 ou autres Opel Vectra au top de la classe.
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@Rey “c’est une voiture très exigeante réservée à des utilisateurs masculins chevronnés.”
4 avril 2009 à 11:56Merci pour cette bonne tranche de rigolade…
Pour le reste, mon post n’a rien de “chauvin”, car si la mini était française, elle resterait pour moi une caisse de blonde, coiffeur, bobo et d’une manière générale, branleur. Quant au tout premier modèle, sa taille en faisait la voiture favorite des péripatéticiennes de part sa petite taille (facile à garer) et son espace intérieur accueillant. Ça c’est pas un jugement personnel, c’est une vérité historique !
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Marrante cette Suzulight Fronte TL… j’imagine qu’a l’epoque les voitures japonaises declenchaient les meme reactions que les chinoises maintenant : “voitures de merde”, “aucune originalite”, “ils font rien que copier”, etc. Quelques dizaines d’apres plus tard, il semblerait que les japonais aient bien progresse en fait… rendez-vous dans 15 ans quand une marque chinoise s’offrira BMW
4 avril 2009 à 13:339
@wiseman: Gros couillon….La mini c\’est le fun et la classe absolut chez les citadines.
4 avril 2009 à 15:5810
Wiseman, le spécialiste du net de la vie automobile des péripatéticiennes ! Chapeau et beau travail de recherche .souhaitons pour toi des autos spacieuses et confortables. God job et non God joob ! :))
4 avril 2009 à 16:06Pages : [1] 2 » Voir tous les commentaires
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