Auteur/autrice : Pierre-Laurent Ribault
La dernière course de la saison de SuperGT au Fuji Speedway est aussi la centième course de la série GT japonaise, et à ce titre méritait une visite sur place pour une couverture détaillée de cette discipline spectaculaire. Le vainqueur 2007 est déjà couronné depuis la dernière course, il s’agit de Ralph Firman et Daisuke Ito dans la NSX orange no8 du team ARTA, un des satellites de la tentaculaire structure de « Super » Aguri Suzuki, mais l’incertitude règne pour les autres marches du podium où sept équipages sont encore en lice. Même chose pour le GT300, où la victoire se jouera entre la très exotique Shiden (no 2) et la teigneuse MR-S Toy Story (no 101), avec en embuscade la VEMAC du team Willcom (no 62) qui serait la préférée du blog auto si nous avions le droit d’exprimer nos préférences, ce que nous ne faisons bien entendu jamais.
S‘il est une marque qu’on retrouve dans tous les paddocks du monde, c’est bien Porsche. Le constructeur de Zuffenhausen a toujours fait des voitures qui ne demandent qu’à recevoir un numéro sur les portières et aller balancer de la croupe dans les virages des pistes de tous horizons, pour le plus grand bonheur des gentlemen drivers qui font le nombre dans les plateaux de GT depuis des lustres.
C’est avec plus d’une semaine de retard, pour cause de Salon de Tokyo à couvrir, qu’arrive ce compte-rendu. Désolé pour le délai, mais il vaut tout de même le coup de se pencher sur cette avant-dernière course de la saison puisqu’elle resserre les écarts, et nous promet un final à suspense lors de la dernier épreuve avec trois pilotes encore dans la course au titre. A Motegi, ce sont à nouveau les Honda du team PIAA Nakajima qui ont dominé les débats, le poleman Kogure ne quittant pas la tête de bout en bout pour une course somme toute tranquille, ce qui ne fut pas le cas derrière. Loïc Duval, le coéquipier de Kogure, perdait l’avantage de sa première ligne avec un départ raté et se voyait passer par Benoit Tréluyer, André Lotterer, Yuji Tachikawa et Noaki Yokomizo avant le premier virage.
La nouvelle Miss Italie, la Fiat 500, aussi réussie soit-elle, ne doit pas faire oublier qu’elle doit sa plateforme à l’attachante Panda qui a réussi à reprendre sans démériter la suite de l’anguleuse petite voiture dessinée par Giugiaro. Et le préparateur allemand Novitec, toujours prêt à mettre la main à la pasta lorsqu’il s’agit d’une voiture italienne, n’a pas résisté à la 100hp qui est toujours la petite sportive revendiquée du constructeur italien en attendant la 500 Abarth qui ne se presse pas.
Une idée pour les MAM’s boys qui font les sorties d’école: pour rendre plus joyeux le départ vers le centre de rétention administrative, pourquoi ne pas suivre l’exemple de la police d’Osaka qui vient de commander 800 gyrophares en forme de petits lapins à l’entreprise spécialisée Patlite, qui expose l’objet au salon de Tokyo. Les véhicules équipés seront affectés aux patrouilles autour des établissements scolaires, où la présence du lapin clignotant plaira aux nombreux enfants qui reviennent tout seuls de l’école et rassurera les parents, les grandes oreilles devenant un symbole de terreur pour les criminels qui détaleront comme des …heu… lapins… à la vue du rongeur en uniforme.
Carlos Ghosn en avait fait un des points forts de son discours d’introduction : la Nissan GT-R va suivre la tradition de ses prédécesseurs en construisant sa légende en compétition, et la première destination est le SuperGT en catégorie GT500 dès la saison prochaine. La Skyline GT-R R34 avait tiré sa révérence en 2003, sur une victoire au championnat aux mains de Satoshi Motoyama et Michael Krumm. La nouvelle venue vient de faire ses premiers tours de roues à Suzuka dans l’habituelle livrée brute de carbone des machines de tests d’intersaison.
Aussi curieux que cela puisse paraître, il n’y a pas de faute de frappe dans le titre de la note, et pas plus de délit de contrefaçon, étant donné que le possesseur japonais de cette réplique ironique ne cherche pas à faire passer les vessies pour des lanternes. Il s’agit simplement, comme on l’avait déjà constaté avec une Mini cartoonesque du même tonneau, d’un hommage bricolo à une voiture dont on se souvient avec affection au pays du Soleil Levant comme d’ailleurs tout ce qui porte des roues et sort d’une usine de la botte transalpine.
Le troisième lieu du Concours d’Elégance de Tokyo, outre le gazon du concours lui-même et la salle consacrée aux bolides, se veut pédagogique, présentant quelques unes des voitures de luxe les plus en vue de pair avec les voitures dont elles descendent, afin de mettre en valeur l’importance du passé dans le présent d’une marque. Ce thème permet au visiteur non spécialiste de découvrir des voitures sinon oubliées, du moins beaucoup plus rare que leurs contemporaines, et leur influence ou son absence sur les voitures modernes.
