Si le salon de Genève sert comme chaque année de vitrine à la haute couture automobile et ses réalisations tant performantes qu’archi-luxueuses, du point de vue industriel ces productions sont anecdotiques vis-à-vis de la révolution de l’année dans le domaine du prêt à porter, la Tata Nano et ses 1700 euros. Celle-ci promet de mettre, pour commencer, les Indiens sur les routes avant de se lancer dans une aventure mondiale, et le constructeur a décidé dans un premier temps de venir bravement soumettre sa création qui redéfinit la notion de low-cost au regard sans concession des observateurs européens.
Auteur/autrice : Pierre-Laurent Ribault
Il y a 3 ans, Toyota avait réalisé un sacré hold-up en enlevant le Grand Prix du Japon au prix d’une rénovation de fond en comble du Fuji Speedway, équipé de l’état de l’art en termes d’infrastructures, et de la refonte partielle du tracé confiée à l’architecte attitré de Bernie Hermann Tilke. Un investissement considérable, mais l’humiliation infligée à Honda, propriétaire de Suzuka, valait bien ça. Mais Suzuka, un des plus beaux tracés de la F1, ne pouvait disparaître ainsi de la scène: à force de négociations et très probablement d’un gros chèque, le circuit de Honda est revenu dans le calendrier, en alternance avec Fuji a compter de la saison 2009. La condition, selon les habitudes du patron de la F1, était de moderniser sérieusement des installations qui il est vrai avaient pris un coup de vieux face au nouveau terrain de jeu de Toyota.
Les marques Hermès et Bugatti sont très compatibles. Une longue histoire un temps parallèle, le même type de clientèle traditionnellement Old Money comme disent les Anglais, les deux noms évoquant un âge d’or de l’Europe de l’entre-deux guerres et une aura de bon goût. Une association tout bénéfice pour le nouveau Bugatti qui ne cherche rien tant qu’à se draper dans cette authenticité. Les roues spécifiques à cette édition, qui évoquent explicitement les fameuses roues à bâtons des merveilleuses Type 35 de Grand Prix sortant de Molsheim dans les années vingt, ne doivent d’ailleurs rien au hasard.
Ken Okuyama avait disparu de l’avant-scène il y a quelque temps lorsqu’il s’était retiré de son poste prestigieux de directeur du design chez Pininfarina. Bonne nouvelle pour les amateurs de son travail, il ne s’est pas reconverti dans le macramé puisque le revoilà a Genève avec sa première création sur quatre roues sous son propre nom, déclinée en deux variantes K.O.7 et K.O.8. Il s’agit d’un roadster deux places ultra-dépouillé qui fait curieusement penser au premier projet de Gordon Murray après son départ de la F1, la Rocket. Dans les deux cas, ces grands designers, chacun dans leur domaine, ont éprouvé le même besoin de retourner à l’essentiel.
Ford n’avait jusqu’ici montré qu’une face avant patibulaire comme le veulent les canons du genre. Voici qu’émergent des clichés studio qui ont tout l’air officiel (la provenance n’est pas garantie, c’est la rançon de l’avant-première) révélant le reste de l’engin. Du point de vue du style, Ford ne fait pas dans la dentelle, et les futurs propriétaires n’auront pas à avoir de complexe face aux japonaises en matière d’hypertrophie, au contraire.
Il n’y a aucune règle qui oblige un constructeur à arriver à un salon international avec une voiture entière. On a ainsi vu dans le passé des nouveaux moteurs exposés sur socle, avant leur enveloppe à quatre roues. Mais Lotus pousse aujourd’hui le bouchon encore plus loin en arrivant à Genève avec le… train avant de son futur et mystérieux modèle connu pour l’instant sous l’appellation James Bondienne de Project Eagle. La voiture, qui prendra place entre les Elise/Exige/Europa et l’Esprit, est programmée pour entrer en production au début 2009 et sera dévoilée en juillet prochain au British Motor Show.
