Accueil F1 F1: Jenson Button, le come-back kid

F1: Jenson Button, le come-back kid

198
5
PARTAGER

Depuis dimanche, Jenson Button est champion du monde de F1. Le pilote Anglais n’a que 29 ans, mais il a déjà passé 10 ans en F1. Retour sur une carrière pleine de hauts et de bas.

Comme beaucoup de pilotes, Button fut un as du karting. A 18 ans, il passe en Formule Ford, où il remporte d’emblée le championnat Anglais et le prestigieux Formula Ford Festival.

En 1999, c’est la F3, toujours en Grande-Bretagne. Avec 3 victoires, il termine sur le podium final. Son patron, Serge Saulnier, le compare à François Cevert (dont il fut le mécanicien.)

Tout se passe ensuite très vite. A l’automne 1999, Williams cherche un pilote. Patrick Head a viré comme un malpropre Alessandro Zanardi. L’écurie lorgne sur Juan-Pablo Montoya, prêté à Chip Ganassi. Le patron d’écurie de CART refuse de rendre son poulain (et pour cause: le Colombien vient de remporter le titre.) Franck Williams tente de revenir vers Zanardi, qui considère qu’Head a dépassé le point de non-retour.

Alors il faut improviser. Williams teste Button, ainsi que l’espoir Brésilien Bruno Junqueira:

A la surprise générale, Williams embauche Button. Junqueira dira plus tard qu’il fut uniquement choisi à cause de sa nationalité. Pour son manager, Steve Robertson, ce fut un premier « placement » en F1. Robertson allait ensuite dégainer un pilote de Formule Renault, un certain Kimi Raikonnen…

Pour ses débuts, Button obtint des résultats corrects. 4e à Hockenheim, il se qualifie en 2e ligne à Spa. Au final, il termine 8e du championnat.

La F1 Anglaise se cherchait un héros. Jeune et très photogénique, Button est un bon casting. L’erreur du pilote fut sans doute de se laisser porter par la « Buttonmania ». Il se « pipolise », déménage à Monaco et collectionne les femmes (dont Louise Griffiths, pseudo-chanteuse.)

Fin 2000, Montoya est enfin « libérable ». Sans état d’âmes, Franck Williams pousse Button dehors. Il est prêté à Flavio Briatore, tout juste nommé patron de Benetton F1 (qui deviendra Renault F1 en 2002.)

Button souffre. Briatore a décidé de sacrifier les saisons 2001 et 2002 pour que son protégé (Fernando Alonso) se retrouve avec une voiture déverminée. A Hockenheim, il sauve sa saison 2001 en ramenant les points de la 5e place.

A 21 ans, il fait écrire une autobiographie pleurnicharde, « ma vie dans les montagnes Russes de la F1 ».

Comme prévu, il cède son baquet à Alonso en 2003. David Richards, alors patron de BAR, est le seul à croire encore en lui.

Richards ne s’en cache pas: Button est son chouchou. Tant pis pour Jacques Villeneuve, pilote historique du team.

2004 fut longtemps la meilleure saison de Button. Lui qui n’était jamais monté sur un podium en décroche 10 dans la saison! Il termine 3e du championnat et premier « non-Ferrari ».

Hélas Button retrouve le démon de la melonite. Alors qu’il n’a pas encore triomphé en F1, il a des exigences de champion du monde. A l’été 2004, il profite d’un vide dans son contrat pour signer chez Williams. Mais BAR répond qu’il déjà signé pour 2005. C’est le « Buttongate ». La FIA doit se pencher sur ses contrats pour savoir où il pilotera et quand. Finalement, il sera pilote BAR en 2005 et pilote Williams en 2006.

Sauf qu’à l’été 2005, Williams perd le moteur BMW et se retrouve sans moteur officiel. Button ne veut plus aller chez eux. C’est le « Buttongate 2 ». BAR rachète son contrat au prix fort, en échange d’une baisse de salaire et d’un engagement ferme sur plusieurs années.

A cause de cela, Button se retrouve avec une réputation d’enfant gâté et aucune autre écurie ne voudra de lui.

En 2006, BAR devient Honda. A Budapest, sous la pluie, il décroche une victoire chanceuse.

Avec 113 Grand Prix pour monter sur la plus haute marche du podium, il bat le « record de patience » jusqu’ici détenu par Rubens Barrichello.

Hélas pour lui, Honda ne confirmera pas ce succès. L’écurie plonge dans le classement. Les coupes dans le budget succèdent aux coupes dans le budget.

En plus, désormais, la star des tabloïds Anglais s’appelle Lewis Hamilton. Button fait figure de has been.

Fin 2008, Honda annonce sans surprise qu’elle jette l’éponge. Button est dans l’expectative (tout comme son équipier, Rubens Barrichello.) Ses envois de CV chez Ferrari, McLaren et Williams n’ont rien donné. Va-t-il devoir raccrocher faute de volant?

In extremis, Ross Brawn rachète l’équipe, qui devient Brawn GP.

Button triomphe pour l’ouverture de la saison, en Australie. Il confirmera en Malaisie, à Bahrein, en Espagne, à Monaco et en Turquie. Lui, l’ex « futur ex-pilote de F1 », devient un solide leader du championnat.

Et la suite, on la connait…

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Notification de
avatar
wpDiscuz