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F1 1999: une année folle, folle, folle

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Une voiture controversée, des résultats contestés, des vainqueurs imprévus, de la pluie, des favoris perdus, des losers qui brillent… 2009? Non, 1999!

L’affaire BAR

En janvier, BAR fait les gros titres, en bien ou en mal. En apparence, le cocktail est imparable: Craig Pollock (l’omniprésent manager de Villeneuve), Adrian Reynard (dont les Formule Ford, F3, F3000 et Champ Car ont remportées leurs premières courses), Jacques Villeneuve (champion F1 1997), Ricardo Zonta (champion F3000 1997 et champion GT-FIA 1998), un moteur Supertec (Renault dégriffé) et la pluie de dollars de British American Tobacco (2e budget 1999, derrière Ferrari, mais devant McLaren et Williams!) Chez Auto-Hebdo (toujours très visionnaire), le ton est grosso modo: « Est-ce que oui ou oui, BAR va remporter toutes les courses? »
Grosse controverse sur la déco: BAR veut aligner des monoplaces avec deux livrées différentes (Lucky Strike pour Villeneuve; 555 pour Zonta.) Du jamais vu depuis les années 80. Ecclestone refuse. BAR courra avec une décoration différente sur chaque flanc. Le bras de fer FIA vs BAR durera toute la saison. Pollock menacera d’aller devant la cour européenne, Ecclestone agite une exclusion définitive. Pollock baissera les bras, mais la FIA (qui tentait d’avoir l’imprimatur de la Communauté Européenne pour une entrée en bourse, tandis que Max Mosley visait la députation) sera grillée à Bruxelles (et une main anonyme leur rappela que Mosley était le fils d’Oswald Mosley, nazi Anglais…)

Et la course? Un bide: 0 points et dernier du championnat, derrière Minardi!

Grand Prix d’Australie

Depuis son arrivée chez Ferrari, en 1996, Eddie Irvine faisait figure de modeste « porteur d’eau » de Michael Schumacher.
Ce dernier a un problème dans le tour d’honneur et doit partir derrière. Au départ, les deux Stewart prennent feu! Puis ce sont les deux McLaren (en tête) qui doivent renoncer. Du coup, Irvine, 6e au feu vert, se retrouve en tête (il a également doublé la Jordan/Mugen-Honda d’Heinz-Harald Frentzen.) L’Irlandais du nord décroche ainsi sa première victoire en F1!

Notez également la 6e place du débutant Pedro De La Rosa (Arrows-TWR), devant son équipier, Tora Takagi.

Grand Prix du Brésil

La Stewart/Ford SF3, signée Alan Jenkins (remplacé à l’aube de la saison par Gary Anderson), fait un festival. A Interlagos, Rubens Barrichello se débarasse brièvement du poleman Mika Häkkinen et de Michael Schumacher. Il est le premier Brésilien en tête de son Grand Prix national depuis Senna! Au premier passage devant les stands, le Brésilien est accueilli par une ola!
Au 43e tour, Barrichello renonce. Mais Jacky Stewart est sur d’être sur la bonne voie. Il revend son écurie à Ford (qui la rebaptise Jaguar) et débauche Eddie Irvine.

Grand Prix de France

Pour une fois, il y eu du spectacle à Magny-Cours! La pluie trouble la hiérarchie. Aux essais, Barrichello est le plus rapide.

Le lendemain, il pleut de nouveau et cela tourne à un spectacle d’Holiday on ice. Frentzen est l’un des rares qui ne se fait pas piéger et il remporte son 2e succès (après Saint-Marin 1997.)

Grand Prix de Grande-Bretagne

Champion 1996, Damon Hill a tenté un coup de poker avec Arrows-TWR. Sans succès. Il signe ensuite chez Jordan, où il décroche un très chanceuse victoire à Spa. Mais en 1999, le moral n’y est plus.

A Silverstone, Michael Schumacher est qualifié 2e, entre les deux McLaren. Après un mauvais départ, il surconduit pour revenir, il sort effroyablement et se casse la jambe. La course est arrêtée.

A la reprise, les deux McLaren dominent. Mais Häkkinen perdra une roue et David Coulthard décroche donc sa première victoire 1999. Mais à la faveur des ravitaillements, on vera un temps en tête la Jordan de… Damon Hill! Le pré-retraité terminera 5e, juste derrière son équipier.

Grand Prix d’Allemagne

Qui pour assurer l’interim de Schumacher? Jean Alesi (Sauber/Petronas) refuse: il veut battre l’Allemand à voiture égale, pas lui chauffer son baquet! Luca Badoer (Minardi/Ford et pilote d’essai de Ferrari) est jugé trop fragile.

Reste Mika Salo. Il fut écarté d’Arrows-TWR à l’aube de la saison, face à deux pilotes moins rapides, mais payants. On l’a ensuite vu tester la Honda F1. Puis il effectue 3 Grand Prix pour BAR/Supertec, en remplacement de Zonta, blessé.

Le Finlandais se retrouve dans le baquet de la Ferrari en Autriche. Il est 9e à un tour et les tifosi veulent quasiment le lyncher.
A Hockenheim, il fait la course en tête, devant son équipier. Jean Todt lui propose l’un de ces marchés dont il a le secret: s’il laisse passer Irvine, il le case chez Sauber en 2000 et s’il reste devant, il est viré!

Salo s’execute. Il signe effectivement pour un volant à temps plein chez Sauber/Petronas. Mais pour tout le monde, à Hockenheim, il était le vainqueur moral.

Grand Prix d’Italie

Frentzen démontre à Monza que sa victoire de Magny-Cours n’était pas un coup de chance. A 3 courses de la fin, l’Allemand joue toujours le titre!
Derrière, Ralf Schumacher. Jusqu’en 1999, il était déconsidéré. La faute à son jmenfoutisme et son habitude de commencer ses phrases par: « Mon frère dit que… » Viré de Jordan, il fut repêché in extremis par Williams, à condition qu’il soit au moins aussi rapide qu’Alessandro Zanardi. 9 mois plus tard, le compte de Zanardi reste bloqué à zéro point et Patrick Head lui cherche un remplaçant, alors que « monsieur Frère » fait un festival.

Pourtant, au départ, c’est bien Zanardi qui était en verve. 2e, il mit la pression sur le poleman Häkkinen, au point de le pousser à la faute. Puis le double-champion CART parti lui-même à la faute, endomagea son fond plat et termina 7e (donc hors des points, en 1999.) Ce fut son meilleur résultat de l’année.

Grand Prix d’Europe

Que de rebondissements! De la pluie, plus de pluie, encore de la pluie… La plupart des « gros bras » se firent piéger. Mika Häkkinen ne recolte qu’une 5ème place. Les 3 autres prétendants au titre (Coulthard, Frentzen et Irvine) sont hors des points.

Sur le podium, un trio improbable: les Stewart/Ford de Johnny Herbert et Rubens Barrichello encadrent la très modeste Prost-Peugeot de Jarno Trulli, 2e. Herbert est ainsi le 6e pilote à s’imposer en 1999 (avec Coulthard, Frentzen, Hakkinen, Irvine et Schumacher) et Stewart le 4e châssis victorieux (avec Ferrari, McLaren et Jordan.)

Grand Prix de Malaisie

Sans doute la course la plus controversée de l’année.

Après une convalescence expresse, Schumacher revient pour l’avant-dernière course et il est en forme! Il le prouve en décrochant la pole.

En course, il laisse passer Irvine (championnat oblige) et bouchonne le peloton. D’où un doublé « dans le désordre » Irvine-Schumacher.

Peu après, les déflecteurs latéraux des Ferrari sont jugés non-conformes. Les commissaires les déclassent et mathématiquement, McLaren décroche alors les deux titres.
Ferrari fait appel, prétend que les déflecteurs trop haut d’un centimètre des deux voitures sont dus à une erreur de mesure. Et la FIA renchérit en disant que de toute façon, ça n’apporte rien en terme de performance. Du coup, les Ferrari sont réintégrées au classement.

Grand Prix du Japon

Pour la troisième année consécutive, le titre se jouera donc dans la dernière course de l’année.

Häkkinen est deuxième sur la grille, mais il prend le commandement. Puis il imprimera un rythme de folie: quasiment un tour sur le troisième, Irvine, à l’arrivée.

Coulthard devra renoncer et Ferrari remporte la couronne constructeur.

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1 Commentaire sur "F1 1999: une année folle, folle, folle"

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Joaoleopires
Invité

Ces photos sont très bonnes.C’était le bon temps

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