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    Accueil » Les débuts de Virgil Exner Junior
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    Les débuts de Virgil Exner Junior

    Joest Jonathan OuaknineJoest Jonathan Ouaknine22 décembre 2007Aucun commentaire
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    Le petit Virgil M. Exner Junior, 13 ans, peut sourire: avec sa « voiture du futur », il vient de remporter la catégorie « 12-15 ans » du concours de design de la Fisher Body Craftsman Guild 1947. Outre un couvre-chef ridicule, il a gagné une bourse pour l’université de son choix. Il ira à Notre-Dame (Michigan), comme son père.

    La vie n’a pas été facile pour Virgil Exner Senior. Enfant adopté, sa famille d’accueil n’a pas beaucoup d’argent et il ne pourra jamais terminer ses études à Notre-Dame. Il débute aux côtés de Harley Earl, qui est à la tête du service « Art & Colour » de GM; le tout premier bureau de design d’un constructeur. Raymond Loewy le débauche. Le Franco-Américain s’aime beaucoup et il ne supporte pas qu’un autre ait plus de talent que lui: trop bon, Exner se fait donc virer. Il entre chez Studebaker à la fin des années 40. Une polémique existe sur l’auteur réel de la Studebaker « nez d’obus » de 1949 (on y reviendra), qui fit la fortune de la marque. Loewy ou Exner? Peu après, il part chez Chrysler où il signe le « million dollar look » (du montant de la somme investie par le groupe pour remplacer ses voitures moribondes.) Jusqu’à la fin des années 50, Exner créera la mode US, obligeant Ford et GM à pédaler derrière. Il prit sa retraite active en 1961.

    Revenons à la création d’Exner Jr, sa maquette en argile est un subtile mélange de Tucker et de Studebaker « nez d’obus » (de haut en bas.) Avec la première, elle a en commun l’architecture: moteur en porte-à-faux arrière. Logique: à l’époque, la plupart des designers (sauf les Tjaarda père et fils) considèraient Ferdinand Porsche comme le messie et comme c’était un fan de moteurs en porte-à-faux arrière… Néanmoins, lorsque fin 1946, Exner Jr donnait les premiers coups dans la glaise, la Tucker n’existait pas. Exner Senior a-t-il aidé le père officiel de la voiture, Alexis Tremulis?

    Pour la Studebaker, c’est plus logique: mis à part la calandre, tout le reste est apparu pour le millésime 1947. Sauf qu’il y a cette espèce de nez, entre les pare-chocs, qui n’était pas là en 1947. Or, d’après la légende, c’est Loewy qui avait eu l’idée de placer une tête d’obus à l’avant des Studebaker (mais au niveau des phares.) De quoi remettre en cause la paternité de ce coup de génie…

    A sa sortie de l’université de Notre-Dame, Exner Jr travaillera un temps chez Studebaker. Puis il effectuera son service militaire en Corée du Sud. A son retour, en 1959, il signe son premier prototype (ci-dessus.) S’agit-il d’une épave de Fiat reconditionnée ou d’une Simca Aronde? En tout cas, Chrysler, qui a racheté Simca (lequel s’est offert Talbot-Lago) décide de rebaptiser le prototype « Talbot Star Six » et de l’exposer au salon de Paris 1959. Ce sera la dernière Talbot jusqu’en 1979…

    Sur leur lancée, les Exner père et fils décident de massacrer les marques prestigieuses. Curieusement, en 1965, il restait un châssis nu de Bugatti 101, ils en feront un roadster baroque (ci-dessus.) Puis il y eu la Mercer Cobra, la Duesenberg II et la renaissance de Stutz. Cette dernière produira des limousines kitsch pendant 20 ans.

    Entre la Talbot et la Bugatti, Exner Junior est passé par Ghia, où il signa l’oubliable VW Karmann-Ghia Type 34 (ci-dessus.) C’était une évolution malheureuse de la rondouillarde type 14.

    En 1967, il rentre chez Ford. Il effectuera plusieurs aller-retours entre l’Europe et les Etats-Unis. On lui doit ainsi des voitures aussi diverses que l’Escort MKII, la première Fiesta, la Pinto et plusieurs Thunderbird (dont celle ci-dessous.) Il a pris sa retraite en 1988.

    A lire également:

    Vanessa Paradis et la Studebaker signée Raymond Loewy…

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