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    Accueil » Essai Škoda Felicia 1960 : certains sont plus égaux que d’autres
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    Essai Škoda Felicia 1960 : certains sont plus égaux que d’autres

    Joest Jonathan OuaknineJoest Jonathan Ouaknine22 août 2015Aucun commentaire
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    Redémarrage difficile

    Škoda n’est guère bavard sur les années quarante et cinquante. L’historique officiel se contente de décrire cette période comme « difficile ». L’un des métiers historiques de Škoda, c’est l’armement. Lorsque les nazis mettent la main sur la Tchécoslovaquie, le conglomérat est placé de force sous la supervision d’Hermann Goering. Désormais, toutes les usines (y compris l’usine automobile) fabriqueront de l’armement. Notamment des tracteurs militaires pour Porsche.

    Le 25 avril 1945, l’usine de Mladá Boleslav est bombardée. C’est l’un des derniers raids aériens de la Seconde Guerre mondiale, en Europe. Les Américains ne veulent pas que les Soviétiques, qui approchent du site, mettent la main sur les armes.

    L’usine de Mladá Boleslav est vite reconstruite. En 1946, Škoda présente sa première voiture d’après-guerre : la 1101. Comme nombre de voitures contemporaines, il s’agit d’un modèle d’avant-guerre (en l’occurrence, la Popular de 1934) avec une nouvelle carrosserie.

    Les Soviétiques considèrent que Škoda doit être « punie » pour avoir participé à l’effort de guerre nazi. Le groupe est scindé en deux. Les autos prennent le nom d’AZNP (Automobilové závody národní podnik, coopérative nationale d’automobile.) Les autres activités prennent le nom de Závody Vladimíra Iljiče Lenina (usine Vladimir Illitch Lénine.) Les deux entreprises gardent néanmoins le nom Škoda.

    En 1949, les Soviétiques organisent une révolution de palais. Edvard Beneš, président de centre-gauche, est contraint à la démission. En théorie, le pluralisme politique continue, avec plusieurs partis présents au parlement. Mais entre purges et intimidations, le parti communiste Tchécoslovaque est seul aux commandes.

    Les nouveaux maîtres fêtent cela avec la VOS (Vládní Osobní Speciál), réservée au gouvernement. c’est une limousine basée sur la Superb.

    En 1952, la 1101/1102 prend du recul, au profit de la 1200. Son style « ponton » est nettement plus moderne, mais elle est techniquement proche de sa devancière.

    Montée en gamme

    L’atmosphère est lourde en Tchécoslovaquie. En 1953, les ouvriers Škoda (locomotives), à Plzeň, se mettent en grève. Ils protestent face à la main-mise de l’URSS et créent la première grande émeute de Tchécoslovaquie. L’évènement reste circonscrit. Dans la foulée, nombre de communistes de la première heure sont jugés et parfois exécutés. Quant aux dissidents et aux intellectuels, ils sont orientés vers des travaux « socialement utiles », souvent des métiers manuels.

    Pendant ce temps, Škoda poursuit sa modernisation. En 1955, la 1200 s’efface face à la 440/450. Elle est surnommée « Spartak », dans un pur esprit communiste. Elle se signale surtout par son avant maladroit.

    En 1957, Antonín Novotný, considéré comme un « dur », prend les commandes de la Tchécoslovaquie. Alors que l’URSS s’entrouvre aux réformes, Novotný veut rester fidèle à une ligne stalinienne. Du coup, la croissance du pays stagne. En 1959, Škoda relooke la Spartak, lui offre de nouvelle suspensions et la renomme Octavia. Son dérivé cabriolet porte le nom de Felicia… Néanmoins, certains exemplaires sont badgés 450.

    Felicia

    L’Octavia et la Felicia apparaîssent alors que Škoda planche déjà sur le projet NOV (NOVÝ OSOBNÍ VŮZ, « nouvelle voiture particulière »), qui donnera la 1000 MB, en 1964. Ce sont donc les ultimes dérivés de la Popular. Ce sont également les derniers modèles assemblés dans l’ancienne usine de Mladá Boleslav, la 1000 MB inaugurant un nouveau bâtiment, toujours utilisé en 2015.

    Avec leurs châssis séparés et leurs roues arrières motrices, l’Octavia et la Felicia sont techniquement obsolètes au début des années 60. Néanmoins, Škoda ose l’export vers l’Occident. Une poignée de Felicia arriveront même aux Etats-Unis.

    En 1960, en Europe de l’ouest, le monde connu s’arrête à la frontière orientale de la RFA. Au-delà, les informations se limitent presque exclusivement à la propagande communiste. Moscou est un roi de la communication. Les protestations sont minimisées, voir niées. Par contre, la propagande soviétique met en avant une nouvelle génération de héros. Ils sont jeunes, ils sont ambitieux et surtout, ils pourraient être vos voisins. C’est Emil Zatopek, la « locomotive tchèque », qui remporte le marathon des Jeux Olympiques de 1952 (le premier marathon qu’il ait disputé.) C’est le « onze d’or hongrois », qui humilie ses adversaires au ballon. C’est Youri Gagarine, le premier cosmonaute de l’histoire de l’humanité. C’est Ernesto « Che » Guevara, le guérillero gravure de mode (avec barbe de trois jours et béret.) Ce sont les millions de jeunes paysans chinois qui participent au Grand Bond en Avant. Et l’ultime preuve de modernité, c’est Alexandre Soljenitsyne, un ancien prisonnier politique désormais autorisé à critiquer le régime.

    Bien sûr on sait maintenant que Gagarine, écrasé par son statut de héros soviétique, s’est effondré dans la dépression et l’alcool. Que les footballeurs magyars s’offrirent un aller simple pour l’Espagne. Que le Che, marginalisé, finit tout seul. Que des dizaines de millions de paysans chinois moururent de faim. Quant à Soljenitsyne, à force d’évoquer les sujets qui fâchent, il a dû quitter l’URSS. Pour autant, au début des années 60, on ne sait pas comment ça se finira. Et dans les universités et les usines, ils sont nombreux à croire que l’avenir s’écrira forcément en rouge.

    La Felicia, mignon petit cabriolet, est donc perçue comme l’un des signes de modernisation des pays du Pacte de Varsovie. Apparu avec un 1,1l 50ch, elle s’offre un 1,2l 55ch et devient « Felicia Super » en 1961. Elle disparait en 1964, après 14 863 unités. Depuis, Škoda n’a pas produit de cabriolet en série.

    Après avoir mené son pays à la ruine économique, Novotný est déposé par Moscou. Alexander Dubček le remplace et il ose réformer son pays. Moscou en prend ombrage et c’est le fameux Printemps de Prague. Zatopek est parmi les émeutiers. L’ancien médaillé olympique est ensuite disgracié. A la chute du Mur, il retrouve la lumière et vend son image à Adidas. Il meurt en 2000. En 2013, Škoda rend hommage à la « Locomotive Tchèque » en donnant son nom à une… locomotive.

    Crédits photos : Škoda Auto, sauf photo 1 (Joest Jonathan Ouaknine/Le Blog Auto) et photos 2 et 9 (Škoda Group.)

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    Arme de séduction massive

    Spartade

    Na cestě

    Conclusion

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