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    Accueil » Raymond Parks (1914-2010): le dernier diable
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    Raymond Parks (1914-2010): le dernier diable

    Joest Jonathan OuaknineJoest Jonathan Ouaknine23 juin 2010Aucun commentaire
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    Vous vous souvenez du livre driving with the devil? Il traitait des débuts sulfureux de la Nascar. Le « héros » de ce livre, Raymond Parks (au milieu, devant une réplique d’une des voitures qu’il a engagé) est mort. Car l’air de rien, ce papy toujours bien habillé est en fait un ancien bandit de haut vol.

    L’arrière-arrière grand oncle de Raymond, Benny Parks, a trouvé de l’or en Georgie, au XIXe siècle.

    Mais le truc de Raymond, c’est davantage le maïs fermenté. Il est l’ainé d’une famille de 16 enfants, dans la misérable Géorgie rurale. A 14 ans, il convoie de l’alcool dans la Ford T familiale (un business lucratif en pleine prohibition.) Pincé par la police, il décide de quitter le foyer à sa sortie de prison et de monter sa propre distillerie clandestine.

    (la photo ci-après représente une autre distillerie clandestine.)

    En 1930, son oncle lui propose de travailler avec lui dans sa station service d’Hemphill, près d’Atlanta.

    En fait, la station service n’est qu’une couverture pour un alambic. En parallèle, Parks se fait un nom dans le crime organisé: racket, organisation illégale de loteries, transport d’alcool…

    En 1937, un repenti dénonce Parks, mais les preuves manquent et après 7 mois de détention (où il côtoya plusieurs futurs pilotes de Nascar!) il est relâché.

    Il rencontre ensuite deux de ses cousins, Lloyd Seay (à gauche) et Roy Hall (à droite.) Ils le persuadent de se lancer dans la course automobile. A l’époque, il s’agit uniquement de « un contre un » sur une piste improvisée dans un champ.

    Pour Parks, c’est aussi un moyen de jauger les aspirants convoyeurs…

    Parks, qui pilote à l’occasion, se prend au jeu. La station service se transforme en atelier de préparation. Il veut avoir les meilleures voitures et il dégotte le meilleur mécano d’Atlanta: Red Vogt.

    Vogt sera plus tard l’homme qui inventa le terme « Nascar ».

    En 1938, le milieu se professionnalise. Il se dote même d’un tracé permanent, Lakewood, un ancien hippodrome.

    Sans surprise, Seay en ouvre le palmarès avec une Ford préparée par Vogt et engagée par Parks.

    Seay (ci-dessous, sur deux roues) et Hall sont aussi généreux sur la piste qu’en dehors.

    En 1941, Seay se dispute avec d’autres malfrats pour un histoire de trafique d’alcools. Un coup de feu éclate et Seay meurt.

    Quant à Hall, il n’a parfois pas les moyens de se payer une chambre près du circuit. Il fait exprès de se faire interpeller, afin de passer la nuit au chaud!

    Parks fait la guerre dans l’infanterie, en Europe.

    A sa démobilisation, il décide de s’acheter une conduite. Il se lance avec succès dans la fourniture de table de billards, de flippers, de distributeurs de cigarettes pour les hôtels et les restaurants d’Atlanta. Il fait également fortune dans l’immobilier.

    Il n’a néanmoins pas oublié les courses. En 1946, il rencontre Red Byron. Comme lui, il a fait la guerre (il fut même blessé à la jambe par un éclat d’obus Japonais) et entre les deux, le courant passe. Byron devient le nouveau poulain de Parks.

    A l’époque, les courses de stock-cars ont deux points névralgiques: Daytona et Atlanta.

    Les deux clans réunissent leur force dans un hôtel de Daytona, en 1948. D’un côté « Big Bill » France et « Smokey » Yunick (un mécano aussi génial que filou, dont l’atelier a pour enseigne « The best damn garage in town ») et de l’autre Parks et Vogt. La Nascar est née.

    Parks était le dernier survivant de ce meeting.

    Red Byron devient le premier champion de la Nascar.

    Pendant ce temps, Parks doit volontiers mettre la main à la poche pour financer la discipline naissante.

    Parks prend ses distances avec la Nascar. Officiellement, il trouve que ça lui coute trop cher.

    En fait, Bill France veut être le seul maître à bord. De France et de Parks, il y avait un homme de trop.

    En plus, France veut attirer un public plus large: les personnages au casier bien remplis sont écartés, au profit de patrons d’écuries propre sur eux comme Pete de Paolo (ancien pilote d’Indycar.)

    Parks fera un baroud d’honneur en 1954 et 1955. Puis Red Vogt est embauché par Pete de Paolo. L’écurie est dissoute.

    Red Byron et Raymond Parks montent ensemble une affaire de ventes de voitures de sport Européennes. Byron en profitera pour courir en endurance, à la fin des années 50.

    La famille France n’a jamais fait le moindre geste d’apaisement. Ainsi, aujourd’hui, le Nascar Hall of Fame « oublie » Parks.

    En revanche, il avait de nombreux fans (ici, Dale Earnhardt), attirés par la part d’ombre d’un homme apparemment sans histoires.

    Il y a 2 semaines, il fêtait ses 96 ans.

    A lire également:

    Driving with the devil

    Nostalgie: les « compact cars » de Daytona

    Bill France Junior: monsieur Nascar n’est plus

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