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Histoires parallèles: Ralph De Palma et Mario Andretti

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Ralph De Palma et Mario Andretti sont nés à 58 ans d’écart et ne se sont très probablement jamais rencontrés. Pourtant, ils ont plus d’un point commun: nés sur le territoire Italien, ils ont émigré aux Etats-Unis étant enfant, ils ont connu une jeunesse misérable, ils ont eu le « déclic » sur les bords d’un circuit, ils ont eu une longue carrière de pilote avec de nombreux succès… Mais furent victime d’une malchance terrible à Indianapolis, ils vinrent courir en Europe et enfin, ils ont eu des héritiers.

1. Les débuts

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Rafaelle DePalma nait à Troia, dans le sud misérable de l’Italie, en 1882. Il a neuf ans lorsque ses parents décident d’émigrer aux Etats-Unis. Il grandit ainsi dans le quartier Italien de Brooklyn, à New York. En 1904, alors qu’il est garçon de course pour un épicier, il assiste à la toute première Coupe Vanderbilt. C’est décidé, il sera pilote! Mécanicien autodidacte, il crée une voiture de courses à partir de pièces récoltées à droite et à gauche, puis la… Revend. Avec le profit, il a de quoi s’offrir un volant sur une Allen-Kingston. Il débute à la course de cote de Fort George, en 1908 et c’est un flop: au moment du départ, il enclenche la marche arrière. Heureusement, un mécène, Fred Moscovics, lui offre une deuxième chance et très vite, De Palma se fait un nom en course de cote et sur les pistes cendrées.
Mario Gabrielle Andretti est né en 1940 à Montanona d’Istria (aujourd’hui Motovun, en Croatie) dans une Dalmatie alors Italienne. Quelques mois après sa naissance, les Fascistes Italiens tentent une offensive en Yougoslavie, ce sera un flop et les Partisans de Tito les repousseront au-delà des frontières de 1940. Comme de nombreux civils Italiens, la famille Andretti doit fuir. Mario grandit dans le camp de réfugiés de Lucca. En 1954, la famille Andretti assiste au Grand Prix d’Italie, à Monza. Mario est subjugué par Alberto Ascari et sa Ferrari. Il a attrapé le virus! Un an plus tard, les Andretti traversent l’Atltantique et s’installent en Pennsylvanie, à Nazareth. En 1959, Andretti débute avec la vieille Hudson de son oncle sur la piste de terre de Nazareth. Rapidement, Andretti collectionne les podiums en stock-car et en Midget.

2. Le succès

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De Palma est embauché par « l’usine » Fiat. Où il inaugure le palmarès de l’ovale du Milwaukee, en 1911. Puis il part pour Mercedes, en vue des 500 miles d’Indianapolis 1912 (on y reviendra) et enfin, en 1913, chez Mercer. Mais chez Mercer, le pilote de pointe est Barney Oldfield, champion vieillissant. Pour la Coupe Vanderbilt 1914, Oldfield ne veut pas de cet équipier qui commence à lui faire de l’ombre. Viré, De Palma la dispute avec une Mercedes privée qu’il prépare lui-même et remporte la course, au terme d’un duel épique avec Oldfield. L’élève a battu le maitre et après cela, la carrière d’Oldfield déclinera.
En 1964, Mario Andretti fait ses débuts en Champ Car, mais il ne se sent pas prêt pour Indianapolis, auquel il ne s’attaquera qu’en 1965.

3. Maudits à Indy

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6e pour ses débuts à Indianapolis, en 1911, De Palma fait figure de favori l’année suivante. Parti 2e, De Palma est sur orbite: il mènera 196 tours sur 198! Hélas, au 198e passage, l’un des pistons de sa Mercedes rend l’âme. Avec son mécanicien, il poussera la voiture jusqu’à la ligne d’arrivée, sous les acclamations de la foule. En 1915, il s’impose enfin, avec une autre Mercedes. Mais ce sera une dernière et malgré deux poles (1920 et 1921), le compteur restera bloqué sur le « 1 », jusqu’à sa 10e et dernière tentative, en 1925.
En 1969, sur une Brawner-Hawk dérivée d’une Lotus, Andretti s’impose à Indianapolis. Ensuite, il fut un véritable Poulidor d’Indy: malgré 6 départs en premières lignes (dont une pole en 1987), ses 24 tentatives suivantes seront des échecs. En 1981, Andretti et Bobby Unser dépassèrent des véhicules, sous drapeau jaune, alors qu’ils sortaient des stands. A l’arrivée, Unser, 1er, est déclassé au profit d’Andretti, 2e. Mais le lendemain, en appel, Unser récupère sa victoire.

4. Pilote de Grand Prix

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Après avoir fait la guerre comme pilote de chasse (sous l’uniforme US), De Palma reprend le volant. Embauché par l’écurie Française Ballot, En 1921, il traverse l’Atlantique, où il dispute le Grand Prix de France. Malgré le manque d’expérience, il termine 2e, derrière un autre Américain, Jimmy Murphy, sur Duesenberg. Hélas, suite à des problèmes financiers, Ballot doit ensuite renoncer à la compétition et De Palma ne courra plus en Europe.
En 1968, Andretti débute en F1 sur une Lotus. En 1971, il réalise l’un de ses rêves: être pilote Ferrari et il s’impose d’emblée, en Afrique du Sud. En 1974, il amène l’Américain Parnelli Jones en F1. Mais la Parnelli F1 fut un bide et à mi-1976, l’écurie est dissoute. Andretti rebondit chez Lotus. En 1977, il s’impose à Long Beach, en Californie, sauvant une course jusqu’ici boudée par les spectateurs. L’année suivante, les Lotus sont au dessus du lot, Peterson a pour ordre de rester derrière l’Américain, qui est titré sans surprise.

5. La retraite? C’est quoi ce mot?

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Pilote polyvalent, De Palma était aussi à l’aise sur ovales, les circuits « routiers », les pistes cendrées et les pistes en bois (qu’il détestait, malgré ses nombreux succès sur ce type de surface.) On l’a également vu à bord de voitures de record. Dans les années 20, il est pilote Chrysler en course de cote. Non-qualifié aux 500 miles d’Indianapolis 1931, il raccroche le casque… Mais ne peut résister à l’envie de disputer la course d’Elgin, ressuscitée le temps de l’exposition universelle de Chicago 1933. A 50 ans bien tassé, il est un concurrent régulier de ce qui deviendra la Nascar. Enfin, dans les années 50, il devient officiel des 500 miles d’Indianapolis. Fait rare pour un pilote de sa génération, il est mort dans son lit, en 1955. Champion 1912 et 1914 de Champ Car, il aura disputé un total de 2 889 courses (toutes disciplines confondues) et remporté 2 557 victoires.
Nascar, Champ Car, endurance, Sprint Car, F1… Andretti a couru dans de nombreuses disciplines et gagné de nombreux trophées. Plus incroyable, il n’hésitait pas à disputer plusieurs séries en parallèles. Par exemple, en 1978, il disputa les 16 grands prix de F1 et 8 manches de Champ Car! Sa fin de carrière en F1 fut chaotique, en 1981, après une saison décevante chez Alfa Romeo, il arrête la F1. Mais pour Long Beach 1982, Williams le rappelle (car Jackie Stewart était pris!) Puis en fin de saison, il replonge chez Ferrari (sous les railleries de Prost), où il remplace Pironi. En 1983, Carl Haas et Paul Newman montent une écurie d’Indycar autour de lui. En 1984, Long Beach passe de la F1 au Champ Car et Andretti s’y impose. La motivation d’Andretti à 40 ans passés, impressionne son ingénieur de piste, un certain Adrian Newey… En 1994, après une cohabitation orageuse avec Nigel Mansell, il annonce sa retraite sportive. Mais on le revoit au Mans, où il manque de peu la victoire en 1995, sur Courage. En 2000, il revient dans la Sarthe avec Panoz. Puis en 2005, son propre fils lui demande de revenir à Indianapolis, où il se crashe aux essais. Au total, Andretti a reporté 109 victoires, a remporté le titre F1 1978 et les titres Champ Car 1965, 1966, 1969 et 1984!

6. Les héritiers

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John De Palma, son petit-frère, n’a guère marqué les anales du Champ Car (5 tentatives, 2 abandons et 3 non-qualifications.) En revanche, Peter De Paolo, son neveu, fut un brillant pilote, vainqueur des 500 miles d’Indianapolis 1925 et champion 1925 et 1927. Il tentera sans succès sa chance en Europe, avec Miller. Grièvement accidenté en 1934, il se reconverti comme préparateur et devint un légendaire team-manager lors des débuts de la Nascar.
Mario Andretti a un frère jumeau, Aldo. En 1959, lors de leurs débuts, ils se partageaient la même Hudson (1 course l’un, 1 course l’autre.) Puis, suite à un grave accident, Aldo a raccroché. Mario a deux fils, Jeff et Michael. Jeff, meilleur rookie de l’Indycar 1991, a eu du mal a confirmer. Michael, lui, eu une carrière de pilote plus complète, devenant rookie de l’Indycar 1984 et champion 1991. Il tenta sans succès sa chance chez McLaren en F1, en 1994. Revenu en Champ Car, il couru jusqu’en 2002, l’année où repris le team Andretti, devenu Andretti-Green. Aldo a un fils pilote, John, rookie de l’Indycar 1988. A noter que John, Mario et Michael Andretti sont montés ensemble sur le podium de l’épreuve de Milwaukee 1991! Depuis, John court en Nascar. Enfin, Michael a un fils, Marco, lequel fut sacré rookie de l’Indycar 2006… Chez Andretti-Green.
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1 Commentaire sur "Histoires parallèles: Ralph De Palma et Mario Andretti"

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tonio
Invité

Merci joest, je ne connaissais absolument pas john de palma avant ton article.

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