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Essai youngtimer : Autobianchi Y10, la MINI avant la lettre

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Cette année l’Y10/Ypsilon fête ses 30 ans. Lancia France, qui prépare ses valises, n’a guère la tête à célébrer un anniversaire. De l’autre côté des Alpes, la maison-mère est plus active et l’Y10, première citadine premium, le mérite.

Bianchina

L’aventure Autobianchi débute en 1957 avec la Bianchina, sur base Fiat 500. En France, André Chardonnet est alors un importateur débutant, en quête de volumes. Autobianchi cherche à s’étendre hors de la péninsule et un accord est vite trouvé. Chardonnet rebaptise les différentes versions de la Bianchina, qui deviennent Lutèce, Texane et Eden Roc. Il les repositionne en citadines chic et c’est un carton.

L’A112 de 1970 remplace de facto la Bianchina. Pour ses micro-citadines, Fiat hésite entre rester fidèle au tout-à-l’arrière et se lancer dans la traction. Alors le constructeur turinois lance un tout-à-l’arrière (la 126) et une traction (l’A112.) L’A112 fait la fortune de Chardonnet. De plus en plus écouté à Turin, il récupère l’importation de Lancia (auquel il ajoutera plus tard FSO et Yugo.) Il profite de la version Abarth pour créer un challenge en rallye. Il révèle notamment Bruno Saby et Michèle Mouton.

A112 1

Quatorze ans et sept (!) restylages plus tard, l’A112 a vieilli. Pas chère, elle garde un certain succès auprès des femmes et des jeunes mais Fiat lui reproche de coûter trop cher à fabriquer. Le géant turinois s’est converti à la traction. Quelle place donner à Autobianchi ? Fiat invente la citadine premium. Certes, il existe déjà des citadines suréquipées (notamment les Supercinq Baccara), mais l’Autobianchi est exclusivement proposée en version premium.

Y10 3

Pour le nom, pas de chichis : le nom de projet, Y10, sert de dénomination commerciale. Basée sur la Panda, elle gagne 13 cm en longueur, 3 cm en largeur et 6 cm en hauteur par rapport à l’A112. Autant dire qu’elle semble immense. Les avis sont partagés sur sa ligne futuriste, très carrée, avec hayon vertical. En conséquence, l’A112 reste au catalogue jusqu’en 1986… Puis Chardonnet achète un stock conséquent pour approvisionner ses concessionnaires en 1987.

Y10 1

D’Autobianchi à Lancia

Une citadine premium, qui succède à une micro-citadine « popu » et rondouillarde, ça ne vous rappelle rien ? Mais Fiat n’est pas BMW et il ne sait pas « vendre » l’Y10. Ainsi, elle reste uniquement proposée en 3 portes. Point d’évolution break ou cabriolet, ne serait-ce que le temps d’un dessin. La faute à la monoculture Uno. Autobianchi est raccroché à Lancia et intégré tant bien que mal à la gamme. Chardonnet est chahuté : Fiat déclare qu’il peut mieux se débrouiller sans lui, en France.

Y10 2

En 1992, l’Y10 s’offre enfin un lifting conséquent, tandis que la production quitte la vieille usine Autobianchi de Desio. La grosse nouveauté, ce sont des couleurs chatoyantes. La Turbo a disparu depuis longtemps au profit d’une GT i.e. de 75ch.

Y10 4

En 1996, l’Y10 laisse place à l’Ypsilon, basée cette fois sur la Punto. « Ypsilon » est la lettre grecque correspondant au « Y ». Un moyen de faire le lien à la fois entre l’Y10 et les autres Lancia. Notez que le premier catalogue porte les logos Lancia et Autobianchi côte à côte.

È finito

Fiat n’a pas de ressources suffisantes pour s’occuper d’Alfa Romeo et de Lancia, qui est livrée à elle-même. L’Ypsilon reste (trop) longtemps au catalogue. La MINI lui vole le statut de citadine bourgeoise. Mais Lancia est si mal en point que l’Ypsilon représente l’essentiel des ventes. Le constructeur recrute des stars pour ses pubs : Domenico Dolce et Stefano Gabbana, Vincent Cassel et Carla Bruni (juste avant qu’elle ne rencontre un certain Nicolas S…)

Ypsilon

Quant à Chardonnet, il tente d’importer des Hyundai. Refus de l’état français, qui contingente les importations de voitures asiatiques. Yugo disparaissant dans le conflit Yugoslave, l’importateur vivote avec Maruti. Puis Suzuki débarque en France (via l’ancien réseau Santana) et il lui coupe les vivres. FSO est racheté par Daewoo. Le réseau Chardonnet disparaît et André Chardonnet meurt quelques années plus tard, dans l’indifférence générale.

Pour célébrer dignement le retrait de Lancia et les 30 ans de l’Y10/Ypsilon et rendre hommage à André Chardonnet, quoi de mieux qu’un essai ? En l’occurrence, celui de la très rare Y10 Turbo Chardonnet de 1987.

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Style extérieur
Style intérieur
Moteur
Conclusion

Chardonnet

Crédit photos : Lancia

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5 Commentaires sur "Essai youngtimer : Autobianchi Y10, la MINI avant la lettre"

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zeboss
Invité

rogneugneu…
quand on click sur lire la suite , ça remonte en haut de page !!! Vous aussi vous participez à la monoculture de FCA ? ça tourne en rond…
arfff, ok je sors….

Admin

Oups. Lien corrigé, merci de la signalisation.

greg
Invité
L’Histoire a une étrange tendance à se répéter. Il y a 30 ans, Fiat réduisait Auobianchi à une seule voiture, uniquement vendue en Italie(à l’étranger c’était une Lancia), avant de fondre la marque définitivement dans Lancia. Maintenant c’est Lancia qui est réduite à une seule voiture sur le territoire italien après une longue agonie. Sinon : « Une citadine premium, qui succède à une micro-citadine « popu » et rondouillarde, ça ne vous rappelle rien ? ». Je ne suis pas d’accord : c’est oublier que dès le début des années 90, la Mini avait vu une inflation délirante de ses prix… Lire la suite >>
Dcomdim
Invité

« La MINI avant la lettre ».
Et bien je n’ai toujours pas compris…

Panama
Invité

Le problème de ces Autobianchi / Lancia, c’est tout simplement que leur qualité de fabrication – et leur contenu technologique n’était absolument pas en accord avec un positionnement « premium ».
Le client n’a jamais été dupe. Les diverses remises ont remis les pendules à l’heure, mais les mauvaises réputations ont la vie dure.
Au moins une Fiat 500 c’est à peu près bien fini, et leur prix n’est pas si élevé que ça dans l’absolu.

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