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Essai youngtimer : Autobianchi Y10 turbo 125ch 1987

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Le blog auto se doit de célébrer dignement le retrait de Lancia et les 30 ans de l’Y10/Ypsilon. Quoi de mieux qu’un essai ? En l’occurrence, celui de la très rare Y10 Turbo Chardonnet de 1987.

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Bianchina
D’Autobianchi à Lancia
È finito

André Chardonnet importait Autobianchi et Lancia, pas Fiat. Donc, point d’Uno Turbo au catalogue. Pour rivaliser avec les 205 GTI et autres Golf GTI, il développa une version survitaminée de l’Y10 Turbo, poussée à 125ch. Elle devait également servir de base à une Y10 groupe N. Trop chère (plus du double d’une Y10 Turbo normale), elle fit un flop. Seuls deux exemplaires furent construits.

Essai Autobianchi Y10 small 2

Extérieur

L’Y10, c’est un style futuriste : une caisse carrée avec hayon vertical (pour le cx.) Forcément, 30 ans plus tard, on dirait un pavé à roulette. Cette version turbo Chardonnet y rajoute un style très… euh… 80s. Il faut se rappeler que c’est l’époque des jogging fluo, de Début de soirée, de la coupe à la Chris Waddle, des Swatch… Bref, pas vraiment le temps de la sobriété. Avec le silencieux Abarth bien visible, l’autocollant « Turbo » sur les portes et le « Chardonnet » sur le pare-brise, cette Y10 a un côté marlou, voir Jacky. Il ne manque que la chaussure de foot sur le rétro !

Essai Autobianchi Y10 small 3Intérieur

Mon hôte me prévient : « C’est une italienne… »
Avantage : L’équipement est ultra-complet pour 1987. Vitres électriques, antibrouillards, tableau de bord avec de nombreux témoins, pré-équipement radio, etc. sont présents. Alors qu’ailleurs, avoir deux feux de recul et deux rétroviseurs extérieurs, c’est le bout du monde. Et puis, il y a le volant Abarth et les inserts en velours, pour le look.
Inconvénient : le faisceau électrique a la durée de vie d’un pull Benetton. Le tachymètre, la jauge à essence et le compteur de kilométrage journalier ne marchent plus et l’indicateur de frein à main refuse de s’éteindre. Et globalement, même le dernier constructeur chinois rigolerait face à la qualité des ajustements.

Essai Autobianchi Y10 small 4

Moteur

Le compartiment moteur est rempli à ras-bord ! La présence de la roue de secours (c’était avant les galettes…) n’arrange rien. La Y10 Fire se garde l’exclusivité du moteur éponyme. Le 1100 est emprunté à la version brésilienne de la Fiat 127 et non, ce n’est pas le moteur des A112 Abarth. Le châssis est prévu pour les 45ch de la Panda 1. L’Y10 se contente de modifier le train arrière, avec suspension « Omega » (que l’on retrouvera sur la Panda 2.) En version Turbo, l’Y10 dispose déjà de 85ch. En version Chardonnet, on atteint 125ch ! Le châssis est revu, mais tout de même…

Essai Autobianchi Y10 small 5

En 1987, elle revendiquait un 0-100km/h en 8,7 secondes et 201 km/h en pointe. De quoi laisser sur place la 205 GTI contemporaine (qui ne faisait encore que 105ch.)

C’est parti, sous le regard de Gaël Monfils (ça ne s’invente pas.) Le turbo ne fonctionne qu’à mi-temps. De toute façon, avec 720kg, elle « avance » même en « atmo ». Après, ça reste un 1100 : au-delà de la 2, il manque cruellement de souffle et de couple. Sans prévenir, le turbo se réveille. Mieux vaut agripper fermement le volant, car ça part dans tous les sens et bien sûr, pas d’électronique pour rester dans le droit chemin, au sens propre du terme. Le châssis sport, entièrement retravaillé, offre un bon grip. Dommage que la boîte n’aime pas enchaîner rapidement les rapports, car elle serait parfaite pour l’arsouille. D’autant plus que le freinage, non-assisté, est bluffant pour l’époque. En terme de poussée, on n’est pas loin de la Megane R26.R (du moins, jusqu’en 3), la brutalité du turbo « old school » en plus.

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Conclusion

Quel déchirement, de voir le propriétaire reprendre le volant et la rentrer au garage ! En théorie, une 208 1.6 THP offre les mêmes performances (mais avec 1,5 fois sa masse…) En pratique, l’Autobianchi offre beaucoup plus de sensations. Ce n’est pas un effet « coup de pied aux fesses », c’est plutôt un effet « savonnette » ! Pour autant, à bas régime, c’est une citadine tout à fait docile.

Difficile de parler de prix, vu qu’il n’en reste plus qu’une et qu’elle n’est pas à vendre. Du reste, malgré ses 30 ans, l’Y10 conserve une image de « voiture d’occasion ». Y compris pour les versions Turbo, 4WD ou la série limitée Fila. Elles sont donc encore victimes des primes à la casse. Au moins, si vous en voulez une, le budget n’est pas ruineux : comptez de 500€ à 2 500€. Le moteur est réputé increvable, mais on ne peut pas en dire autant de l’électronique comme le rappelle cruellement le modèle du jour.

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Crédit photos : Joest Jonathan Ouaknine/Le Blog Auto

Remerciements au Club Autobianchi et à Vincent de Fresquet pour le prêt du véhicule et les informations sur la marque

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8 Commentaires sur "Essai youngtimer : Autobianchi Y10 turbo 125ch 1987"

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zeboss
Invité

Sympa comme trottinette mais pour avoir eu des 205 115/130 je n’aurais jamais oser attaquer avec un tel moteur, un truc à grimper tous les talus dans les épingles quand la cocotte minute se met en route ! La 5 GTturbo avait déjà la sale manie de tout envoyer sur le goudron mais en téléphonant avant, l’Y10, c’était sans appel ni accusé de réception…
En dehors du prix, on peut penser que sa mévente n’est pas uniquement due à son prix…. (un peu comme la Kadet GSI….)

Berthe
Invité

J’ai envie de dire qu’au lieu de remettre l’Y10 au garage, c’est ton humour très année 80 qu’on devrait mettre à la casse…

AF'C7
Invité

Je me rappelle très bien de la présentation de l’engin au Château de Vincennes… Ça rajeunit pas.

rechman
Invité

J adore l article, une voiture immonde et un article passionne. Les perles du blog auto, continuez, j en suis fan

mr.cinquecento51
Invité

j’adore cette petite bombinette lancia Y10 cette voiture a inaugure le moteur fire 1.1 une révolution dans les année 80 le premier moteur fire assemblage robotiser
la fiat uno turbo IE sa cousine était pas mal aussi

JL
Invité

J’ai beaucoup aimé lire cet essau. Merci.

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