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Le saviez-vous?

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Pour cette fin d’année, voici une autre fournée de données insolites.

1. Karl Benz et Gottlieb Daimler ne sont pas vraiment les inventeurs stricto sensu de l’automobile.

On peut les créditer des premiers véhicules vraiment capable de se mouvoir par eux-même. Et la toute première voiture à moteur à pétrole? Elle est l’œuvre de Siegfried Marcus.

Marcus est un inventeur autrichien. Sa plus belle réalisation, c’est le détonateur (celui avec manche en « T ».) Ca tombe bien: dans les années 1860, le secteur minier explose! Grâce à l’argent du brevet, Marcus se lance dans une nouvelle voie: le moteur à combustion interne. Vers 1870, il construit un volumineux monocylindre, qu’il installe peu après dans une charrette. L’ensemble (ci-dessous) n’a ni direction, ni freins, ni sièges, mais c’est indubitablement le premier engin avec un moteur à pétrole.

Il a déjà l’argent des détonateurs, pourquoi s’embêter à industrialiser un second produit? Le véhicule est presque immédiatement remisé. Une vingtaine d’années plus tard, il crée tout de même un second prototype. Entre temps, Benz et Daimler ont sauté le pas. Néanmoins, la deuxième voiture de Marcus est beaucoup plus moderne: 4 roues, un proto-volant et surtout, une bougie d’allumage (10 ans avant Robert Bosch.) Hélas, le moteur n’est pas assez puissant pour entraîner la voiture. Il abandonne définitivement les recherches sur l’automobile et meurt en 1898.

Marcus passe à la postérité comme l’inventeur de l’automobile… Du moins, jusqu’à l’annexion de l’Autriche par les nazis. Marcus a des origines juives et pour eux, il n’est pas question d’accorder une place aux Juifs dans l’histoire! Son nom est rayé et ses archives détruites.

2. Dans l’historique de la diversification des constructeurs, on a notamment évoqué Daimler. Le constructeur a produit des voitures, des camions, des moteurs d’avions, de bateaux, de dirigeable… Mais quid de la moto? Puisque Gottlieb Daimler voulait mettre des moteurs partout, pourquoi n’y-a-t-il jamais songé ?

En fait, il y a songé. En 1885, 1 an avant de construire sa voiture, Daimler et son assistant, Wilhelm Maybach, installent un moteur dans un vélo. C’est de facto la première moto de l’histoire. Daimler l’enfouche, démarre et l’engin prend feu. Bilan: un pantalon fichu et un pansement mal placé. Après ça, il ne veut plus jamais entendre parler de deux-roues…

P.S.: sur la gravure, c’est Maybach qui est représenté.

3. Allemagne, 1946. L’usine Volkswagen de Wolfsburg est dans le territoire administré par les Britanniques. Ces derniers ne savent pas trop quoi faire de l’immense site en ruine. Henry Ford II, alors PDG de la marque éponyme, est approché. Il répond aux Britanniques: « Cette voiture n’a aucun avenir! »

Finalement, après bien des vicissitudes, Wolfsburg arrive à produire la mythique Coccinelle. La phrase de Ford servira de slogan pour fêter la 10 millionième voiture, en 1965.

4. Parmi le millier de pilotes ayant disputé au moins un Grand Prix de F1, on trouve de tout!

L’un des plus obscurs pilotes est « Robert O’Brien ». Officiellement, c’est un garagiste du New Jersey, qui court le Grand Prix de Belgique 1952 avec Gordini, puis retourne aussi sec dans le New Jersey. Il y serait mort en 1987.

Le plus probable est qu’O’Brien est en fait un agent de la CIA, spécialisé dans la traque de nazis. Son pseudonyme provient du nom d’un scénariste de comédies musicales. Etre pilote lui sert de couverture pour se déplacer en Europe. Evidemment, on n’a aucune photo du pilote et on ne sait pas combien de nazis il a effectivement capturé.

5. Rodger Ward est le vainqueur des 500 miles d’Indianapolis 1959 et 1962. Mais on lui doit deux véritables révolutions dans le sport auto.

En 1958, Lime Rock organise une épreuve au règlement très libre. On y trouve pêle-mêle une Maserati 250F privée, des « sport », des GT quasiment d’origine et Ward, avec une modeste midget. Néanmoins, il a pour atouts son talent et des pneus slicks. C’est la toute première fois que l’on utilise des pneus sans sculpture en course. A la surprise générale, Ward s’impose et donne aux slicks leur première victoire.

Fort de ce succès, il veut tenter un nouveau pari fou: aligner un bon vieux roadster au Grand Prix des Etats-Unis 1959. Là encore, Ward compte sur son talent et ses fameux slicks. Cette fois-ci, pas de miracle. Ward est à l’arrêt.

Néanmoins, l’homme y est subjugué par les performances des F1 à moteur central, notamment dans leurs vitesses de passage en courbe. Il apprend qu’avec le futur règlement 1,5l, les F1 sont bonnes pour le musée. Il convainc Jack Brabham de faire un baroud d’honneur à Indianapolis avec sa Cooper. Il est persuadé que les F1 à moteur central peuvent y « faire un truc ». Effectivement, Brabham réalise le 3ème meilleur temps, avec une F1 d’origine. L’Australien reviendra à « Indy », avec sa Cooper. Et grâce à Ward, les voitures à moteur central vont conquérir Indianapolis…

6. En Europe, les paddocks se méfient souvent des « fils de ». Aux Etats-Unis, en revanche, on adore les dynasties. Lorsqu’un pilote est en fin de carrière, il en profite pour mettre le pied à l’étrier à son fils, son neveu ou son cousin. L’une des plus prolifique dynasties de pilotes est celle des Unser.

Les frères Louis, Joe et Jerry Unser courent surtout à Pikes Peak, dans les années 30. Jerry Junior, fils de Jerry, tente sa chance à Indianapolis, en 1958. Malheureusement, il s’y tue l’année suivante. Bobby, son petit frère, emboîte le pas et s’impose 3 fois à Indianapolis (1968, 1975 et 1981.) Il reste aussi comme l’un des adeptes du Stetson (bien avant sa popularisation dans Dallas.) Al, le benjamin, est l’un des premiers clients de Lola en Indycar. Il remporte 4 victoires à « Indy » (1970, 1971, 1978 et 1987) et reste présent jusqu’au début des années 90.

Johnny et Robby, les deux fils de Bobby, n’arrivent pas à percer en Indycar. Robby se console avec une victoire à Pikes Peak à bord de la monstrueuse Peugeot 405 T16. Al Junior, fils d’Al, est le golden boy des années 85-95. En 1985, le père et le fils font le doublé au championnat. Il rajoute 2 victoires à Indianapolis (1992 et 1994) à l’escarcelle familiale. Puis il sombre physiquement et sportivement dans l’alcool.

Au début des années 2000, Al III (fils d’Al Junior, petit-fils d’Al et arrière-petit-fils de Jerry) monte jusqu’en Indy Lights, sans marquer les esprits. Cody, sa sœur, paraplégique, ne roulera pas en course.

Quoi qu’il en soit, cela fait 10 pilotes dans la famille et 9 victoires à Indianapolis!

7. Pour les Italiens, le 17 est un nombre porte-malheur. En chiffres romains, il s’écrit « XVII », ce qui est proche de « VIXI » (« j’ai vécu » -donc je suis mort-.)

Renault découvre cela au moment du lancement de la R17. Ils le rebaptisent en catastrophe « R177 ». Quant à Alex Zanardi, il préféra décliner un volant en F1 que de porter le 17 en course…

8. Pablo Escobar est l’archétype du trafiquant de drogue exubérant. Au sommet de sa gloire, il fait bâtir l’Hacienda Napoles. Cette immense complexe comprend un zoo, une arène de tauromachie, un parc avec des dinosaures grandeur nature et… une piste de karting. En guise de portail, il y a le Piper avec lequel il livra son premier kilogramme de cocaïne aux Américains.

En 1993, Escobar est abattu. La propriété est transformée en parc d’attraction. Le karting est lui, rasé. Les anciennes voitures du trafiquant sont conservées sous deux verrières, mais elles n’ont pas supporté le climat tropical (mis à part une R4.) Sic transit gloria mundi.

9. Au milieu des années 80, c’est l’euphorie chez les constructeurs japonais: l’argent coule à flot et le robinet ne semble pas prêt de s’arrêter. Un journaliste Américain, Rob Hall, toque à la porte de Mazda. Il se languit des petits roadsters et il aimerait bien que Mazda en fabrique un.

Après bien des discussions, un prototype est construit vers 1985. Deux responsables du constructeur sillonnent les Etats-Unis avec et ils sont enthousiastes. La future MX-5 obtient un feu vert pour l’industrialisation.

C’est là que Ford, alors actionnaire, intervient. Pour les Américains, la solution d’un roadster biplace, propulsion avec plateforme inédite est trop radicale. En plus, son style est trop rondouillard! Ca ne marchera ja-mais ! Ford développe une « anti-Miata ». Ils partent d’une Mazda 323 (donc en traction) et créent un roadster 2+2 places. C’est la Mercury Capri (alias Ford Capri en Australie.)

Au dernier moment, Ford réalise que la législation impose des airbags. La Capri est retardée d’un an. Entre temps, la MX-5 est apparue. C’est la cohue chez les concessionnaires Mazda! Et la Capri? 4 ans, 2 lifting et 66 279 unités (soit 1/5e des ventes de MX-5) plus tard, Ford abandonne. Comme quoi, la raison a été battue par la passion.

6. En matière d’exotisme et d’histoires improbables, difficile de battre le nord-coréen Pyeonghwa. Mekong Auto est l’importateur vietnamien de Fiat. C’est aussi l’une des nombreuses entreprises contrôlées par la secte Moon.

Dans les années 90, la secte obtient l’outillage de la Panda 1ère génération, via Mekong Auto. Ils cherchent à la produire en Chine. Fiat aurait bloqué l’affaire. Il se tourne alors vers la Corée du Nord, pour lequel Moon fabrique déjà des armes. En 2002, une joint-venture est créée, Pyeonghwa. Elle produit des Palio en CKD. Les véhicules viennent de Nanjing-Fiat et transitent par le Vietnam.

Mekong Auto décide d’importer des SUV Dadi Auto, produit à Dandong, une ville chinoise frontalière de la Corée du Nord. Par ce biais, Pyeonghwa ajoute Dadi à sa gamme. Puis Brilliance rachète Dadi, avant de le sacrifier, car jugé non-rentable. Pyeonghwa tisse des liens avec le nouveau propriétaire. D’où l’assemblage de berlines Brilliance et de minivans Hafei à peine rebadgés (ci-dessous, à la foire internationale de Pyongyang, en 2011.)

Bien sur, les informations sérieuses sont très rares. Le plus probable est que l’entreprise a assemblé une production très chaotique. En plus, en 2011, le constructeur a perdu ses deux parrains: Kim Jong-Il et Sun Myung Moon. Pyongyang préfère désormais importer des MG et des Byd. Mekong Auto n’importe plus de Fiat et il semble avoir coupé les ponts avec la Corée du Nord.

On peut néanmoins voir une Hwiparam 2 (BS4) dans le jeu Pyongyang racer! Notez aussi que Pyeonghwa possède une station service, un magasin de pièces détachées et une équipe officielle de boxe thaï féminine.

Crédits photos: Pyeonghwa (photo 1 et 11), Daimler (photo 3), VW (photo 3), Renault (photos 4 et 7), Ford (photos 6 et 9), Hacienda Napoles (photo 8)

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8 Commentaires sur "Le saviez-vous?"

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Seb
Invité

M’étonnerait quand même que Zanardi ait refusé un volant en F1 (lequel d’ailleurs ?) juste pour une question de numéro.

bautzen
Invité

Et le fardier de Cugnot , il ne compte pas , lui , ah ! ces teutons , ça Bosch fort .

Jurassix
Invité

La premiere auto propulsee par un moteur a explosion est assez contreversee et sujette a caution. En effet, le Lyonnais Claude Mieusset aurait assemble en 1885, soit a priori un an avant Benz, une telle voiture.

Jurassix
Invité

Sans renier le travail de Marcus, il reste difficile de dire qu’il s’agit de la premiere automobile, au sens propre du terme. C’est la premiere auto a moteur a explosion, mais elle reste, comme le fardier, une lointaine cousine de l’automobile telle qu’elle a ete inventee a la fin du dix neuvième.

matta
Membre

J’ai bien aimé cet article, merci beaucoup.

greenevans
Invité

Merci pour cet article fouillé. J’ai adoré: « Les anciennes voitures du trafiquant sont conservées sous deux verrières, mais elles n’ont pas supporté le climat tropical (mis à part une R4.) « . C’est dommage qu’il n’y ait pas eu de nouvelle 4L après ses 50 ans en 2011.

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