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Le saviez-vous?

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C’est noël et le repas familial s’éternise un peu. Heureusement, Le Blog Auto a pour vous quelques petites histoires qui vont impressionner votre beau-frère!

1.L’emblème des Rolls-Royce s’appelle Spirit of ecstasy et il est l’œuvre de Charles Sykes. Ca, presque tout le monde le sait.

Le modèle est a priori Eleanor Thornton (ci-dessous), secrétaire -et maitresse- de John Douglas-Scott-Montaigu, baron de Montaigu-Beaulieu. Grand amateur de Rolls-Royce, il aurait demandé à Sykes de lui créer un bouchon de radiateur ayant les formes de sa maitresse.

Néanmoins, la contribution du baron de Montaigu-Beaulieu à l’industrie automobile britannique va bien plus loin.
A la fin du XIXe siècle, le lobby ferroviaire est très puissant en Grande-Bretagne. Il a tué la vapeur terrestre et il veut faire de même avec l’automobile naissante. De Montaigu-Beaulieu se bat. Il obtient le droit de venir au parlement avec sa Daimler. Puis, en 1903, il fait voter le Motor Act qui libéralise la circulation automobile et ouvre la porte au permis de conduire.

Son fils, Edward Douglas-Scott-Montaigu, ne demande pas au constructeur de créer des emblèmes. De toute façon, il préfère les hommes. Par contre, il hérite de la passion paternelle pour l’automobile. En 1952, il ouvre ainsi le National Motor Museum (alias « musée de Beaulieu »), l’un des premiers musée automobile.

2. Au début de la production en série, les usines génèrent énormément de rebuts. Que faire des déchets métalliques? Renault a une solution: en faire du matériau de construction.

L’un de ses premiers clients est… Citroën, pour la fameuse usine du quai de Javel.

3. Quoi de plus anglais qu’une Rolls-Royce? On n’oserait imaginer une usine Rolls-Royce en Inde ou en Chine! La marque de Crewe ne s’abaissera jamais à faire du CKD pour contourner les surtaxes, non?

C’est pourtant ce qu’il fera aux Etats-Unis. Dans les années 20, il ouvre un atelier à Springfield, dans le Massachusetts. Seule différence apparente de Rolls-Royce made in USA: le volant est à gauche.
Avec la crise de 1929, la demande s’effondre et l’atelier ferme peu après.

4. La Chine, un marché nouveau? En fait, GM y est présent depuis près d’un siècle. On voit ici une Buick appartenant à Sun Yat-Sen (à l’arrière), le tout premier président chinois.

5. Deutsche qualität?

Aujourd’hui, les constructeurs jouent les vierges effarouchées face à certaines productions chinoises. Pourtant, la plupart des généralistes ont fait usage au moins une fois du papier carbone…

Voici par exemple une Opel Kadett (1936) et en dessous, une Renault Juvaquatre (1939.) Avouez qu’il y a plus qu’un air de famille, non?

6. Le circuit de Zandvoort a été construit durant la guerre. Le bourgemestre de cette cité balnéaire a réussi à persuader l’occupant nazi de financer, puis de bâtir son projet de « chemin de rondes ».

7. James Dean restera intimement lié à Porsche. Satisfait par ses résultats en courses de club, il veut s’offrir une « vraie » voiture de course. Il commande une Lotus IX, avec châssis de VIII, carrosserie de X, moteur Offenhauser d’Indycar et de freins à tambours (Chapman refuse de lui vendre des disques, pour éviter une fuite de cette technologie.)

A l’époque, le seul moyen d’être sur d’être livré, c’est de faire le pied de grue du pub de Chapman père (dont la réserve sert d’atelier à l’artisan.) Voir d’aider les ouvriers pour assembler sa propre voiture!
Dean est trop pris par les tournages pour se rendre en Grande-Bretagne. D’où des retards. Il s’impatiente et un ami le convainc d’acheter un Spyder 550…

A l’annonce de sa mort, Chapman laisse la voiture -inachevée- en friche. Elle est finalement vendue à un tiers et comme d’habitude avec ce genre d’unica, plusieurs Lotus ex-James Dean circulent.

8. Alpine a failli devenir japonais. Lorsque les ouvriers de Dieppe font grève en mai 1968, Jean Rédélé se sent trahis. En 1972, rebelote, cette fois, le fondateur veut vendre.
Toyota fait le forcing. Quelques années plus tôt, Alpine avait travaillé sur un coupé sportif pour Hino. Toyota a depuis absorbé Hino et en plus, il souhaite mettre un pied en Europe.

Néanmoins, les Alpine ont des moteurs Renault, des boites de vitesses Renault, des trains roulants Renault, etc. La transition serait compliquée. Un scénario noir évoque une fermeture pendant 3 ans, le temps d’installer des pièces Toyota dans les Alpine.
Rédélé se tourne vers Renault, qui rachète finalement le constructeur. Toyota se consolera en prenant des parts de Lotus. Qui sait ce qui se serait passé s’il avait emporté Alpine…

9. En 2008, les journaux font les choux gras de la victoire de Danica Patrick à l’épreuve d’Indycar de Motegi. Néanmoins, sachez qu’une femme a remporté un Grand Prix moderne! En effet, en 1980, Desiré Wilson s’impose à Brands Hatch, à bord d’une Theodore/Cosworth. En fait, la course compte non pas pour le championnat du monde, mais pour l’Aurora F1 (un genre de championnat britannique.)

Un peu plus tard, Wilson tente de se qualifier au « vrai » Grand Prix de Grande-Bretagne, toujours à Brands Hatch. Sa Williams/Ford privée est très mal préparée et elle est non-qualifiée.
En 1981, Ken Tyrell la recrute pour le Grand Prix d’Afrique du Sud. Hélas, en pleine guerre FIA-FOCA, la course ne compte pas pour le championnat.
Faute de budget pour faire de la F1, la Sud-africaine s’exile en Indycar. Là encore, l’argent manque et elle hérite de voitures bonnes pour le musée. En 1996, elle raccroche le casque et dessine depuis des circuits avec son mari Alan.

10. Tout le monde est surpris par l’entrée de Fiat au capital de Chrysler. A priori, les deux groupes ont des identités et des parcours diamétralement opposés. D’un côté, on a le spécialiste italo-italien des citadines et de l’autre, un groupe US peu internationalisé, fabricant de SUV et de gros pick-up.

Pourtant, les premières discussions remontent à la fin des années 70. Gianni Agnelli est un partisan des grands groupes. Son idée est de rassembler 3 constructeurs bien implantés sur leur marché: Fiat (pour l’Europe), Chrysler (pour les Etats-Unis) et Mitsubishi (pour le Japon); c’est le projet « Global Motor ».
Néanmoins, chacun des trois veut être le leader, d’où l’effondrement du projet.

Dans les années 90, Fiat et Chrysler passent un accord plus modeste: les Alfa 75 et 164 seront diffusés aux Etats-Unis dans le réseau Chrysler. Ce sera un flop.

Le troisième rapprochement sera-t-il le bon?

Crédits photos:
GM (photos 1, 5 et 6), Rolls-Royce (photos 2, 4), Citroën (photo 3), Renault (photos 7 et 10), Formule Ford (photo 8), Lotus (photo 9), Desiré Wilson (photo 11) et Chrysler (photo 12)

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Le hors-sujet du réveillon: vous êtes vieux!

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6 Commentaires sur "Le saviez-vous?"

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juuhuu
Invité

Un bel article comme d’hab JJO. Merci; Bonnes fêtes

bbr
Invité

Superbe merci.

bizzarrini
Invité

merci pour cet article

pour rebondir sur le cas kadett-juvaquatre,il y a aussi l episode citroen 5hp copié par opel avec la Laubfrosch,
je crois meme que citroen a intentait un proces a l epoque,sans resultat.

joyeuses fetes a tous

Membre

Faut quand même chercher des poux pur prétendre que ces deux autos étaient des copies l’une de l’autre ! A l’époque, tu n’avait de toute façon pas 36 façon de dessiner une auto. Cette remarque me rappelles le procès Apple vs. Samsung sur al copie de design de la galaxy tab par rapport à l’Ipad … distrayant, sauf qu’un design n’est pas brevetable

GregM
Invité

Tres interessant!

Umaga
Membre

Juste une précision pour le 1). Edward Douglas-Scott-Montaigu, fils de John n’était pas (seulement) homo. Il était bi. C’est de notoriété publique (pour les Angliches en tous cas). Cf sa fiche wikipedia entre autres.

Chouette billet sinon.

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