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François Migault (1944-2012): un « privateer » n’est plus

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François Migault a succombé à un cancer. Le pilote Français n’a pas marqué l’histoire de l’automobile par son palmarès. En revanche, il a couru pendant plus de 30 ans et il a été témoin de certaines aventures improbables…

François Migault nait au Mans, dans une famille qui possède un manoir près du circuit. De quoi donner envie de disputer la classique Mancelle.
On trouve son nom sur le bordereau d’inscription d’une Dino en 1969, mais apparemment, il n’en aurait pas pris le volant.

Sacré au volant Shell en 1968, il dispute le championnat de France de F3 1970 avec une Tecno officielle. Il redouble avec une Martini et remporte l’épreuve de Nogaro.

Il dispute deux courses de F2 sanctionnées par deux places d’honneur (4e à Albi et 5e à Rouen.)

A la même époque, le designer de Surtees, Peter Connew, claque la porte de l’équipe. Il décide de monter sa propre écurie avec son cousin qui est prof… Et qu’il n’a pas vu depuis des années. Lorsque la PC1/Ford est assemblée, le tandem cherche un pilote payant avec un bon coup de volant.
Migault débarque là mi-1972, à la faveur d’un sponsor. Le gag est qu’aucun témoin n’est d’accord sur ce fameux soutien: Motul? Ford France? Darnval?
L’aventure Connew ressemble à une comédie de Philippe Clair. L’équipe se compose des deux cousins, de Migault et de deux mécanos (un Anglais et un Français -fourni par le pilote-) qui s’appellent tous les deux Roger. L’équipe se pointe au Nürburgring sans avoir rempli d’engagement. Faute de Grand Prix, la voiture est -mal- rangée dans le camion Ford (également fourni par Migault.) Lorsqu’ils la sortent à Brands Hatch, ils découvrent que la suspension est endomagée. Ils effectuent quelques boucles de Zeltweg. Sur le chemin du retour, le chauffeur profite d’une halte en France pour disparaitre dans les bras d’une prostituée. Migault jette l’éponge peu après.

Pour 1973, il « redescend » en F2 avec une Pygmée portant les fameuses couleurs de Meubles Arnold.
Hélas, l’équipe n’est plus que l’ombre d’elle-même. Marius Dal Bo (le fondateur) a quitté le navire et son fils, Patrick, a la double-casquette de patron et de pilote. En prime, le châssis MDB18 est disgracieux.

Migault termine non-classé au championnat. L’équipe ferme ensuite définitivement ses portes.

En parallèle, il mène une carrière en endurance. 2e du Tour de France 1972 sur une Ferrari 365 GTB/4 Daytona Pozzi, il est recruté par NART pour la saison suivante.
La saison débute en fanfare: il termine 2e des 24 heures de Daytona (qu’il n’avait pourtant jamais disputé jusqu’ici.) Il est également 5e des 4 heures du Mans.

Il fait également parti de la mésaventure Maserati Bora Competizione.

En 1974, il retrouve un volant en F1, avec BRM. Là encore, les belles années de l’équipe sont loin.
Migault est là car Motul paye les facture, point. BRM considère que ses « vrais » pilotes sont Jean-Pierre Beltoise et Henri Pescarolo. Migault débute avec une antédiluvienne P160 et il n’a eu droit que deux fois à la nouvelle P201.

Son meilleur résultat est une 14e place à Dijon. Il est par ailleurs 5e de l’International Trophy, hors-championnat.

C’est en endurance qu’il décroche ses meilleurs résultats: il est 3e des 24 heures du Mans 1974, avec Matra et dispute le championnat du monde 1975 avec une Ligier JS2 « usine ».

Il retente sa chance en F1, avec Lola-Hill. Sans succès.

Fin 1975, il a droit à une ultime chance en F1, avec Williams. Qualifié 24e au Paul Ricard, il reste scotché sur la grille.

Pour 1976, il retourne de nouveau en F2. Il signe avec Osella, qui a repris une partie des activités sportives d’Abarth. A Thruxton, il arrive à marquer un point. Le premier grand résultat du constructeur.
C’est sa dernière tentative en monoplace.

Au Mans, il a droit à une Gulf dérivée de la voiture victorieuse en 1975. Il termine 2e de la course, avec Jean-Louis Lafosse.

Ensuite, les engagements s’espacent.

Il court les 24 heures de Spa 1977 avec une Opel Commodore. Pour l’anecdote, son équipier est un débutant, conducteur d’engin de T-P dans le civil. Un certain Marcel Tarres…

En 1979-1980, il fait équipe avec Alain de Cadenet. Comme son nom ne l’indique pas, ce pilote-constructeur est Anglais et il ne parle pas un mot de français!
Le bruit du V8 Ford de la Lola-De Cadenet devait sembler familier à Migault: il s’agit de l’ancien bloc de la Connew.

Migault rejoint ensuite Rondeau. En 1981, il décroche son troisième podium Manceau, via une 3e place avec Gordon Spice.

Il suit ensuite d’autres privés: WM, ALD, Courage…

Au milieu des années 90, il passe aux GT. On le voit au volant de la Viper « Rent-a-car », puis d’une Venturi 400 GT, chez Marcos et plus tard avec des Porsche 996.

Chaque année ou presque, Migault prend le départ des 24 heures du Mans.

Néanmoins, il se retrouve avec de drôles de second couteau: le gourou Raël, le mystérieux Serguei Zlobin et Milka Duno (ci-dessous.)

Il s’aligne une dernière fois en 2005, à 60 ans!

Crédit photos: Connew (photos 1 et 3), Lola (photo 7), archives Joest (photo 9 à 11) et Milka Duno (photo 12)

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7 Commentaires sur "François Migault (1944-2012): un « privateer » n’est plus"

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tetdebit
Invité

eh bien, pour une carrière pareille il devait avoir un sacré « partimoine » à flamber… ou des sponsors vraiment très bienfaisants! Belle carrière en tout cas!

nikell peter
Invité

En tout cas il restera pour moi un chic type meme si la course aux sponsors l a amené a faire l equilibriste financier…..intelligent et cultivé sa frequentation a été agreable…c etait la plupart du temps un gentleman…..driver. souvenirs.

STL
Invité

clair, gentleman old style avec ses qualités et ses défauts. De ce que je peux en savoir, il ne mis pas tellement la fortune familiale en danger, car il a toujours trouvé des sponsors pour payer les volants.

gonin
Invité

pour l’avoir cotoye sur les circuits, je peux confirmer que c’etait un chic type, gentleman dans l’âme.
pas toujours clairvoyant dans les affaires, mais sincèrement gentil et pr*et à rendre service
il aura quand même marque son epoque, ntamment aux 24H….
tchao l’ami
PGO

Arno
Invité

« tetdebit dit :

30 janvier 2012 à 19:26

eh bien, pour une carrière pareille il devait avoir un sacré « partimoine » à flamber… ou des sponsors vraiment très bienfaisants! Belle carrière en tout cas! »
Eh bien non tetdebit, c’ est derniere annee malgre son « patrimoine » comme tu dit, il n’ arriver pas a joindre les deux bout, avec son fils ils etaient obliger de fair des sacrifice qu’ il n’ aurait pas dut fair si des personne l’ aurait aider. Comment je le sais? je sais sont neuveu et je l’ aimer RIP tonton :'(

Buds
Membre
Je suis là pour confirmer, il m’avait fait presque mal au coeur, et était abandonné par certains autres pilotes et voulait créer un nouveau rallye en Lybie et on a avait bossé ensemble sur ce projet en 2004 ou 2005, à cette époque il cherchait des sponsors et personne n’a voulu l’aider, beaucoupp de pilotes lui ont tourné le dos… C’était quelqu’un de super gentil, je résidais à Chemiré et j’allais souvent le samedi après midi en stop au Mans… il avait une SM et une déesse à l’époque, il m’avait pris en stop et on avait fait connaissance comme… Lire la suite >>
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