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Board racing: touchons du bois!

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A chaque noël, des dizaines de livres parlant d’automobiles sortent. Hélas, la plupart se concentrent sur des thèmes archi-balayés (la F1, Ferrari, les supercars…) Sebastien Bourdais a beau s’être imposé 4 fois en Champ Car, il n’existe aucun bon livre en français sur cette discipline pourtant plus que centenaire (le premier championnat eu lieu en 1905.)

Un livre sur le Champ Car? Vous pensez qu’il serait plein d’histoires qui n’intéresseront que quelques érudits. Néanmoins, prenez les circuits par exemple. Dans tous les livres bons marchés, on vous dit grosso modo: « Au début, on courrait de ville à ville, puis suite au carnage du Paris-Madrid 1903 (évoqué dans Cette histoire-là), on a créé des circuits fermés. A la fin de la deuxième guerre mondiale, il y avait de nombreux aérodromes militaires désaffectés et en y ajoutant quelques bottes de pailles, on a inventé le tracé permanents. Comme à Silverstone, où, en 1950, Guiseppe Farina remporta le premier grand prix de F1 de l’histoire. »

En fait, le circuit sinueux et asphalté, tel qu’on les connait aujourd’hui, n’avait rien d’évident. D’autant plus que l’automobile se cherchait un terrain de jeu adapté.
Au début du XXe siècle, ce qui attire les foules, c’est non pas les courses de voitures, mais celles de vélos. Aux Etats-Unis, on s’est dit que puisque les vélos courent sur des vélodromes en bois, pourquoi ne pas faire de même avec les voitures? D’où les « motordrome » ou « boardtrack » (circuit en planches.) Certains avaient une forme d’anneau, mais d’autres étaient carrément circulaires, comme ci-dessous, à Playa Del Ray, en Californie :

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Playa Del Rey fut le premier construit (même si Springfield, dans le Massachusetts fut le premier à organiser une course, en 1909.) Les plus spectaculaires avaient des virages inclinés à 45° (contre 10° pour Indianapolis.) Des Moines, dans l’Iowa, suivit le mouvement et sorti de terre, en 1915. Le tracé faisait 1 mile (1,6km) de long. Notez au passage les tenues des badauds venus regarder le chantier ou les planches, déposées en vrac.

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Phil « Red Schafer » mène une course, en 1916. C’était la deuxième année du circuit de Des Moines. En 1917, les Etats-Unis rentrent en guerre et les pilotes s’engagent dans l’armée. Donc, plus de courses. Les promoteurs sont ruinés et le circuit ne réouvrira pas. Et les planches? Elles ont été vendues aux promoteurs du coin. Si un jour vous passez à des Moines et que vous voyez une maison en bois, dites vous qu’elle est peut-être construite avec les éléments du circuit…

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En 1915, à Brooklyn (un quartier de New York), l’hippodrome de Sheepshead bay ferme. Quelques planches de bois plus tard, ça devient un piste! Gil Andrson (Stutz N°5) s’apprête à inaugurer le palmarès de la piste. Hélas, là encore, le circuit fera long feu. New York est une ville champignon; on manque de place pour des projets immobiliers. Le tracé est donc sacrifié.

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Les années 20 seront l’age d’or des pistes en bois, les connaisseurs les préfèrent même à l’anneau d’Indianapolis. A titre d’exemple, alors que jusqu’à années 20, faire un tour d’Indy en qualification à plus de 100 mph (160 km/h) de moyenne est un exploit. sur le bois, dés la fin des années 10, atteindre cette moyenne en course est normal. Comme les spectateurs sont nombreux, les primes d’arrivée grossissent en conséquence, donc les pilotes s’y pressent. Paradoxalement, Ralph De Palma, qui sera le pilote ayant remporté le plus de victoires sur ce type de tracé (en terme de victoire par départ pris, Schumacher est ridicule à côté de lui) n’aimait pas ces pistes: pas assez technique.
On voit ici une piste célèbre, celle de Beverly Hills (en fait un circuit situé à proximité de cette fameuse ville), en 1920:

Beverly_hills_1920.jpg

Qui dit vitesse élevée, dit risque d’accident et il n’est pas rare qu’une voiture devenue folle termine sa course dans les tribunes. Dés 1913, la fédération en charge des courses de motos tente (sans succès) de dissuader les motards d’y courir.
Dans les années 20, avec la montée en puissance des Miller et autres Duesenberg, les performances augmentent et les planches ne résistent pas à des voitures qui roulent de plus en plus vite. En course, on demande à des charpentiers d’aller sous la piste et de réparer les planches cassées sans qu’il n’y ait d’interruption de session! Le « budget planches » ne cesse de plomber les comptes et avec la crise de 1929, les promoteurs ne résistent pas. Les boardtrack ont vécu.

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Alors? Ca vous a intéressé? Vous voulez d’autres histoires?
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6 Commentaires sur "Board racing: touchons du bois!"

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Grand_Tourisme
Invité

Article trés intéressant.

Alb1
Invité

très bon article, j’ai une vidéo avec une voiture en bois à venir…

Toto
Invité
cocolastico
Invité

Super article!

X-zit
Invité

très instructif.

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