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Essai Renault Clio IV RS : embourgeoisée pour la bonne cause

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Au fil des générations, la Renault Clio RS est devenue une véritable icône parmi les petites sportives, la voiture de référence à l’aune de laquelle la concurrence se jauge. Pour la quatrième génération, tout le monde attendait une bombe qui soit encore plus explosive que ses devancières. Seulement, à la lecture de la fiche technique, les dents de bon nombre de puristes ont commencé à grincer, et le débat fait rage parmi les journalistes comme dans les forums sur le fait de savoir si la Clio IV RS trahit ou pas son glorieux héritage. Pour en avoir le coeur net, nous avons, à l’invitation de Renault, emmené et malmené l’auto sur circuit afin d’essayer de se faire une idée.

Style et équipement :

Comme le reste des produits Renault Sport, la Clio IV RS reçoit un kit carrosserie spécifique et annonciateur qui passe par un bouclier fortement ajouré, un becquet de toit proéminent et un large diffuseur encadré par deux sorties d’échappement carrées. Equipée ainsi la compacte ne manque pas de caractère mais on est loin du style plus affirmé de la précédente génération, avec ses ailes bombées. L’intérieur suit la même trajectoire avec des touches de rouge un peu partout dans l’habitacle, un nouveau bloc d’instrumentation et de sièges baquets spécifiques au maintien toutefois en deçà des Recaro de la Clio III.

Les habitués retrouveront la console centrale noire laquée, mais qui cache ici la version 2.0 du R.S. Monitor (250 €) : à travers le petit écran, le pilote pourra accéder à un ensemble d’informations comme les valeurs instantanées de couple, de puissance, de pression et de température des fluides, une visualisation schématisée de la boîte, des courbes de G ou une carte du circuit associée à un chronomètre. Les geeks ne seront plus obligés de pouvoir s’offrir une Nissan GT-R pour se croire derrière une Playstation. Renault Sport propose même aux amateurs de télécharger l’intégralité de leur session sur circuit pour analyser plus tard l’ensemble des données sur le site de Renault Sport (http://rsreplay.renaultsport.fr).

Au volant :

Avec cette nouvelle génération, la Clio RS cède au downsizing et embarque un 1,6 l turbo de 200 ch à 6 000 tr/min pour un couple de 240 Nm constant limité électroniquement de 1 750 et 5 600 tr/min, associé uniquement à la boite EDC à double embrayage. Si l’élasticité de la mécanique n’est plus un problème pour une utilisation routière, cette nouvelle Clio affiche une linéarité décevante nous faisant regretter l’explosion bien distincte à mi-régime typique des générations précédentes. Sur notre voiture d’essai, nous avons instinctivement sélectionné le mode Race au bout de quelques centaines de mètres : dans cette configuration, l’ESC et l’ASR disparaissent et les vitesses passent en 150 ms (200 ms en Normal et 160 ms en Sport). Mais malgré les chiffres, dans les faits la commande de boîte n’a pas la réactivité attendue et le temps de réponse entre la sélection aux palettes devient vite gênant. Dommage, la possibilité de rétrograder trois rapports en cascade comme chez Ferrari était très intéressante. En mode manuel (sauf sur Race), la boîte a aussi la fâcheuse tendance à passer le rapport supérieur toute seule à l’approche de la zone rouge ! Avec une mécanique qui ne coupe qu’à 6 500 tr/min, on se fait emboîter le pas trop souvent. On aurait aimé alors disposer de 500 ou 1 000 tr/min supplémentaires pour pouvoir s’amuser. Hélas, comme avec tout moteur turbo, pas de miracles. Clairement, nous sommes là dans une mini-GT plutôt que dans une vraie GTI sauvage.

Mais si cet aspect de la nouvelle voiture n’est pas son point fort, c’est au contraire au niveau du châssis que la nouvelle Clio RS révèle tout son potentiel : plus ferme, la petite bombe se place au doigt, à l’œil et…au pied. Lors des freinages trop appuyés ou au lever de pied, l’arrière n’a pas perdu sa tendance à vouloir passer devant, le tout avec progressivité. Sous une météo typiquement anglaise, il devient alors facile d’entretenir des glisses et avec un peu de volonté, il sera même possible de lever la patte arrière sur le sec. Reste qu’à la remise des gaz, le train avant se met en grève trop souvent : la Clio IV RS perd ses pivots découplés et adopte un différentiel électronique. Quand les aides sont désactivées en mode Race, les roues avant cherchent leur grip et les remontées de couple ne tardent pas à se faire ressentir. Finalement il serait préférable de revenir en mode Sport, sur chaussée grasse en tout cas, pour profiter de l’excellent châssis et rendre le pilotage plus propre.

Conclusion :

Avec cette nouvelle génération de la Clio RS, Renault n’a pas lésiné au niveau de l’efficacité : même si le ressenti n’est pas parfait la boîte enchaîne les rapports comme il faut, l’intégralité de la puissance passe au sol sans sourciller et le châssis réglé aux petits oignons donne le sourire. L’ensemble est encore plus intéressant avec l’option châssis Cup plus ferme (à 600 € l’option, il serait dommage de s’en passer). Mais, et c’est là la volonté de Renault, la Clio RS est utilisable au quotidien par tous, que ce soit par monsieur pour aller au boulot, par madame pour emmener les enfants à l’école ou par le fiston pour cruiser devant le campus. Du coup, la mécanique peut laisser un arrière-goût édulcoré en conduite intense. A vouloir satisfaire un plus large panel de clients, la marque au Losange fait l’impasse sur certaines formes de plaisir à l’ancienne qui pourraient freiner certains puristes et autres fans purs et durs du modèle. Les reproches qui montent envers la IV RS se focalisent sur ce point. Mais, outre la tendance élitiste du propos qui sous-entend que certains méritent une « vraie » sportive plus que d’autres, ce débat semble un peu absurde. Supercar ou citadine, les dispositifs d’assistance et de sécurité ne peuvent qu’être considérés comme un progrès, d’autant qu’ils sont ici désactivables et laissent alors largement au pilote la possibilité d’exercer sa technique sur un circuit, comme nous avons pu le faire cette fois.

De notre côté, au final nous sommes très satisfaits par ce niveau d’efficacité  et nous considérons que la Clio IV RS est bien l’héritière de la lignée et qu’elle risque de faire à nouveau mal à la concurrence, même si elle mériterait un peu plus de puissance. Et nous avons notre idée sur cette impression d’une voiture un peu en retrait par rapport à la précédente génération (sièges basiques ou perte du pivot découplé, par exemple) : c’est très probablement pour laisser le champ libre à une version plus affûtée, qui devrait reprendre le badge Gordini conformément à la nouvelle identité que veut inculquer Carlos Tavares à cette appellation. Nous pouvons alors tabler sur une version plus puissante, équipée de pivots découplés et d’un vrai autobloquant mécanique. Mais ce ne sont là que de pures spéculations. En attendant, certains acheteurs pourront toujours se tourner vers des préparateurs pour offrir un supplément d’âme mécanique à leur petite sportive.

La galerie de cet essai (Crédit photo : Soufyane Benhammouda/Leblogauto) :
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+Moteur plein comme un oeuf
Sonorité
Châssis qui donne le sourire
Fonction Launch Control, comme les grandes
Ensemble moteur/boîte linéaire
Consommation (près de 20 l en conduite sportive)
Uniquement disponible avec la boîte EDC
Réactivité de la boîte

 

Gamme et prix
Clio RS 200 EDC Sport
Clio RS 200 EDC Cup
1,6l turbo 200 ch 24 990€25 590€

 

Caractéristiques
Moteur
Type et implantation
 4 cylindres en ligne, implantation transversale avant
Cylindrée (cm3)
1618
Puissance (ch) à tr/mn200 à 6000
Couple (Nm) à tr/mn240 dès 1750
Distribution Chaîne
Transmission
Roues motricesAvant
Boîte de vitesse
EDC robotisée à six rapports
Châssis
Suspension AV
 Roues indépendantes de type McPherson
Suspension AR
 Essieu souple à épure programmée
Direction Electrique à assistance variable
Freins Disque 320×28 (avant) et 260×8 (arrière)
Jantes et pneus
 205/45 R17 88Y ou 205/40 R18 86Y
Performances
Vitesse maximale
 230 km/h
0 à 100 km/h
 6″7
Consommation
Cycle urbain
 8,1 l/100 km
Cycle extra-urbain
5,1 l/100 km
Cycle mixte
 6,3 l/100 km
CO2
144 g/km
Dimensions
Longueur
4090 mm
Largeur
1945 mm (avec rétroviseurs)
Hauteur
1432 mm
Empattement
2589 mm
Voies AV / AR
1504 mm / 1500 mm
Volume de coffre
300 dm3
Réservoir
45 l
Masse à vide
1 204 kg

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58 Commentaires sur "Essai Renault Clio IV RS : embourgeoisée pour la bonne cause"

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Zagato
Invité

Plus gt que gti?! Ben ca donne pas envie! Une polo gti a la française? Je ne suis pas amateur de Renault a la base mais lors de mes sorties circuit, c’est bien les petites rs qui étaient les plus efficaces a conducteur égal. Un temps
révolu?

Jurassix
Invité

Comme tres justement precise en fin d’article, ca laisse de la place a une version Gordini qui va enfin se trouver a sa juste place…

Thibaut Emme
Admin

La C4RS est toujours efficace, mais « s’embourgeoise ». Cela lui ouvre un peu plus de clientèle et oui, cela laisse la place à une « vrai » version Gordini plus radicale 🙂

J-D
Membre

Je suis as d’accord il s’agit bien d’une GTI, mais qui a cédé au turbo d’où le manque de tonus à mi-régime. Mais c’est ça que veulent les clients de nos jours

baldogil
Invité

les boite pilotés c’est vraiment pas ça sur les francaises visiblement.
sinon dommage la rs precedente avait vraiment une gueule qu’on ne pouvait pas confondre avec une version standart. les ailes rebondis etaient reconnaissable entre mille. alors vivement une vrai gordini ou pourquoi pas une alpine….. mince je me suis reveillé

axsport
Invité

+1

panama
Invité

On a compris, c’est une RS à l’économie. Enfin, ce n’est plus du tout la même voiture.

4 portes, moteur downsize, train avant série, plus de siege baquet, boite séquentielle imposée.

Et finition très en deça…

Bref, effectivement ça ressemble plus à une Polo GTI. J’aimerais d’ailleurs bien avoir un comparatif

Jeannot
Invité
C’est une voiture plus polyvalente qui ouvre la porte à une version radicale qui perpétuera la lignée des GTI. Le moteur downsizé est d’une logique implacable : le F4R aurait été malussé et aurait rendu le prix prohibitif. Concernant la boite je suis d’accord, c’est regrettable.. Concernant la finition, j’ai lu partout que sur la version RS, celle-ci est plutôt bonne, du niveau d’une Fabia. Et enfin pour ce qui est du comparo avec une Polo GTI, il sera évidemment à l’avantage de la C4RS. Il l’est pour le côté « hors circuit ». La française en donne plus (à part la… Lire la suite >>
panama
Invité

La boite double-embrayage à la limite c’est la seule chose à sauver.

Pour la finition, je ne crois pas un instant que la Clio approche celle du simple Fabia ! Il y a qu’à voir les quelques photos : Mon Dieu, on dirait du mauvais coréen.

Quant au quotidien, je pense qu’une Polo GTI en donne bien plus, surtout sur le long terme. L’arsouille c’est pas mal fini maintenant et QUI va amener cette Clio sur un circuit ?

25590€… Mouarf

Jeannot
Invité
Je pense surtout qu’avant de t’imaginer les choses tu devrais te renseigner un peu. Si, la Clio IV RS a une finition équivalente à la Fabia. Et les coréennes ne sont pas ce que tu insinues. Le CRS4 est plus confortable que la Polo GTI, plus performante, (beaucoup) plus polyvalente donc, moins chère, et mieux équipée. Moins bien finie cependant, mais plus pratique (hormis son gabarit), ces 2 arguments étant essentiels lorsqu’on parle d’une sportive….. Et certainement pas moins fiable, il n’y a que les incultes qui ne savent pas encore où se situe VW dans les bilans fiabilité publiés… Lire la suite >>
Invité

Merci Jeannot d’avoir si justement remis ce collégien boutonneux à sa place.

panama
Invité

@LOLMAN : dégage, mauvais troll.

Bon sinon je persiste : la seule bonne chose de cette Reanult c’est sa boite type double embrayage.

C’est assez amusant que tu ne veuilles pas critiquer les 4 portes obligatoires, le train avant de série. Quant à la fiabilité des VW, j’en sais quelque chose, j’en suis à ma 4ème.

Trublion
Invité
La sentence est évidente : la Clio 4 RS écrase la Polo GTI dans presque tous les domaines, pour son utilisation polyvalente. Sur circuit, la Clio 3 RS mettait déjà une tôle à la Polo 5 GTI, et comme la Clio 4 RS est plus performante que la 3, de fil en aiguille on en déduit que la Polo GTI sera loin, très loin.. Au final, la C4RS est plus polyvalente, plus performante, plus efficiente, plus sûre, plus confortable, moins chère, mieux équipée. De quoi lui pardonner sa finition intérieure en deçà. La 208 GTI arrive. Elle aussi mettra une… Lire la suite >>
panama
Invité
Mais on S’EN FOUT du chronomètre sur circuit !!! C’est sur toute ouverte que se conduisent nos voitures. Quant à la fiabilité des VW ; j’en ai eu… 5. Une polo, trois golf et un scirocco. Polo série 1 1,3L 55cv : 145 000km : nada Golf II GTI 115 cv : 155 000 km, nada. Golf 4 TDI 130cv : 130 000. Une crémaillère de direction Scirocco TDI 140 cv DSG : 55 000 km. Nada Golf 6 TDI 140 CV DSG. 30 000 km à ce jour. Nada Le problème avec VW, c’est le même que Mercedes :… Lire la suite >>
Jeannot
Invité
panama, on a bien compris que t’es un indécrottable, fan de VW, c’est ton droit. Mais faudrait un peu que tu apprennes l’objectivité. Car tu frises le ridicule à presque chaque phrase. Alors on te changera pas, mais je me permets de te reprendre une dernière fois. « Mais on S’EN FOUT du chronomètre sur circuit !!! » Ah bon ? Pourtant ça serait pas une SPORTIVE, aussi polyvalente et aseptisée soit-elle dorénavant ? Je pense surtout que tu l’as mauvaise que la Polo 5 GTI soit l’une des GTI les moins performantes de sa génération. En plus ton discours n’est pas… Lire la suite >>
panama
Invité

hey Jeannot, quand on insulte c’est qu’on n’a pas d’argument.

Bon puisque tu penses qu’avoir une voiture de sport, c’est que pour aller sur circuit… c’est ton droit.

Bon au fait t’as combien de pseudo ? on s’y perd, là.

Trublion
Invité
Je suis de l’avis de Jeannot, t’es d’une mauvaise foi pathétique. Et je pense que tu ne t’en rends même pas compte. « hey Jeannot, quand on insulte c’est qu’on n’a pas d’argument. » J’ai pas vu une seule insulte. Et pour connaitre les exigences en terme de modération sur ce site, c’est qu’il n’y a pas eu d’insultes. De même s’il y en a bien un qui apporte des arguments, c’est bien Jeannot (ou moi), et certainement pas toi. Toi, c’est le néant de ce point de vue. Heureusement qu’on fait pas trop de fautes d’orthographe, sinon tu attaquerais sur ce… Lire la suite >>
panama
Invité

Très amusant !

Bon donc, cette Clio n’est pas une sportive (sic), mais elle est faite pour aller sur un circuit et c’est pour ça que (etc, etc).

Ca ce sont de super arguments. Tiens, moi aussi je vous trouve super inintéressants, et franchement, ne pas vous connaitre dans la vraie vie (celle où on roule en megane mazout de 200 000km) ne va pas me manquer

Et c’est moi qui ait eu le dernier mot, les lapins crétins !

Jack Jamon
Invité

euh… t’as quel âge Panama ? 15 ans ?

Carlos
Membre

J’avais senti le vent tourner ! J’ai bien fait de me payer en janvier une 3 RS de fin 2010 avec peu de km… La IV sera surement aussi performante sur circuit mais j’aurais préféré 20cv de plus et un peu plus radicale, au moins au niveau de la 3. Espérons que la Gordini sorte.

leelabradaauto
Invité

on ne peut reprocher à une sportive moderne d’être édulcorée. Ce sont les temps actuels qui imposent au constructeur une auto un peu aseptisée. Ensuite il faudra voir la version musclée Gordini peut-être. En outre il faut déjà exploiter celle-ci et voir ensuite. Je pense qu’elle a déjà un bon chassis. Elle est un peu lourde, mais faut l’essayer …

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