La défaite de dans les annales. Le constructeur japonais a commencé à apporter un début d’explication sur la panne qui a affecté la n°5 en tête jusqu’au dernier tour de la course.
Endurance
Dimanche 19 juin, 15 heures 30, les équipages de la Ford GT no68, de la Ferrari 488 no82 et de la Ford GT no69 montent sur le podium, dans leur ordre de passage sous le drapeau à damiers. Pourtant dans la tour de contrôle, les calculettes de la direction de course sont fumantes, à cause d’une série de réclamations qui ont bien failli tout bouleverser.
24 heures du Mans 2016, la Toyota TS050 semble avoir gagné la course. Kazuki Nakajima entame le dernier tour. Toute l’équipe, du mécanicien aux invités, se masse sur le muret des stands. 25 ans après avoir fait gagné Mazda, Hughes de Chaunac va permettre à Toyota de s’imposer. Puis, coup de théâtre, la voiture se met à ralentir. L’ex-pilote de F1 s’arrête dans la ligne droite des stands. Il faut croire que Toyota est maudit dans la Sarthe depuis 31 ans…
Depuis quelques années les compétitions d’endurance ont tellement évolué qu’elles s’apparentent à des courses de vitesse, ce que l’on pourrait comprendre pour les épreuves de 6 heures, mais ici au Mans , ce fut bien un mano a mano entre Porsche et Toyota, lancé après que la voiture de sécurité se soit effacée jusqu’au baisser du drapeau à damier avec un rebondissement à 3 minutes de la fin. Le plus fabuleux dans ce cru manceau 2016 réside dans le fait d’une opposition tout aussi farouche dans toutes les catégories de course: LMP1, LMP, GTE Pro et GTE Am.
Il reste quatre heures de course au Mans et la course n’a jamais été aussi incertaine entre Porsche et Toyota. Marc Lieb sur la Porsche no2 et Anthony Davidson sur la Toyota no5 s’échangent le commandement avec la seconde Toyota à une vingtaine de secondes derrière.
Les deux Toyota TS050 ont émergé de la nuit mancelle en tête de la course, la no5 adoptant un rythme très élevé avec Anthony Davidson aux commandes qui lui a permis de rattraper et passer la Porsche no2.
Le début de la nuit a fait une victime d’importance puisque la Porsche no1, longtemps en tête, a passé une très longue pause dans son stand, perdant toute chance. Du coup la Toyota no6 et la Porsche no2 se disputent la tête.
Comme nous avons pu le voir par ailleurs, Ford a décidé de se donner les moyens de revenir au Mans avec de très fortes ambitions de victoire en catégories GTE Pro. Certains se réjouissent déjà de voir la guerre rallumée avec Ferrari. Nous avons pu mesurer combien du côté de l’Italie, on prenait ce revenant très au sérieux et pour en parler, Maurizio Nardon coordinateur technique du service compétition clients Ferrari fort d’une très longue expérience, toujours mesuré dans ses propos, met en avant les atouts et les espoirs du Cheval cabré.
Et si le signe indien était en train de tourner pour Toyota ? On pourrait presque y croire en voyant comment, en déroulant le plan établi par le staff technique de manière imperturbable, la N°6 de Sarrazin-Conway-Kobayashi arrive à tenir en respect les deux Porsche N°2 et N°1, certes dans le même tour mais avec un ravitaillement de plus que la Toyota.
Les mécaniques des Porsche, Audi et Toyota semblant pouvoir dérouler sauf incident de trafic, leur récital, on ne peut pas oublier que dans une course aussi exigeante pour les voitures cette épreuve demeure avant tout une affaire d’hommes. Les résultats dépendent en grande partie de la résistance et de la performance des mécaniciens et des pilotes.
