Honda déplacera la production de sa Civic hybride du Japon vers l’Indiana pour contourner les droits de douane imposés par l’administration Trump.
Face aux menaces tarifaires croissantes de l’administration Trump sur les voitures importées, Honda Motor prend une décision stratégique majeure : déplacer la production de sa Civic hybride du Japon vers les États-Unis. Cette initiative vise à minimiser l’impact économique potentiel des nouveaux droits de douane. Cependant, Honda cherche aussi à protéger la compétitivité de l’entreprise sur le marché américain, qui reste son principal débouché mondial.
Une relocalisation motivée par la pression tarifaire
La production de la Civic hybride à cinq portes, récemment lancée en février dans la préfecture de Saitama, au centre du Japon, sera transférée d’ici juin ou juillet vers l’usine Honda située dans l’Indiana, aux États-Unis. Cette décision a été confirmée par un porte-parole du constructeur automobile. Il a précisé que cette mesure découle de considérations « externes », et notamment des politiques commerciales américaines actuelles.
En mars, le président Donald Trump a annoncé l’imposition de droits de douane de 25 % sur les véhicules finis importés, avec une entrée en vigueur prévue pour le 3 avril.
Les pièces détachées quant à elles seront également touchées, mais avec un délai de 30 jours supplémentaires. Si cette mesure vise à favoriser la production nationale, elle crée une pression énorme sur les constructeurs automobiles étrangers qui exportent vers les États-Unis.
Honda, un constructeur fortement exposé
Honda figure parmi les marques automobiles étrangères les plus exposées aux décisions commerciales américaines. Surtout, en particulier en ce qui concerne les importations en provenance du Mexique. Chaque année, Honda importe environ 160 000 véhicules depuis le Mexique vers les États-Unis. Cela pourrait avoir un impact économique considérable en cas d’application stricte des droits de douane.
Selon les prévisions de Christopher Richter, analyste principal chez CLSA Securities Japan, les prix des véhicules aux États-Unis pourraient augmenter de plus de 14 %. Pour Honda, cela se traduirait par une baisse potentielle de 20 % de son bénéfice d’exploitation. D’autres constructeurs japonais seraient encore plus durement touchés : Toyota (-33 %), Subaru (-56 %) et Mazda (-68 %). Ces estimations illustrent l’ampleur des conséquences économiques redoutées dans le secteur automobile.
Incertitude autour de la mise en œuvre des tarifs
Bien que l’administration Trump ait laissé entendre qu’une exemption temporaire pourrait être accordée au secteur automobile, aucune durée précise n’a été annoncée. Cette incertitude réglementaire pousse donc les constructeurs à adopter une stratégie préventive. Honda a décidé d’agir en amont, préférant anticiper une hausse des coûts plutôt que d’être pris au dépourvu.
Démentis concernant le Canada et le Mexique
En parallèle à l’annonce du transfert de la production de la Civic hybride, des rumeurs ont circulé concernant un retrait partiel de la production de Honda au Canada et au Mexique. Toutefois, ces allégations ont rapidement été démenties par les représentants de la marque dans les deux pays.
Honda Canada, par la voix de son directeur des communications, Ken Chiu, a assuré que l’usine d’Alliston, en Ontario, continuerait à fonctionner à pleine capacité dans un avenir prévisible. Aucun changement n’est donc envisagé pour l’instant sur le territoire canadien.
Du côté mexicain, le ministre de l’Économie, Marcelo Ebrard, a indiqué dans un message publié sur X (anciennement Twitter) que les responsables de Honda au Mexique ont affirmé qu’aucune modification n’était prévue dans leurs plans de production. Ces clarifications viennent dissiper les incertitudes, montrant que pour le moment, seule la production japonaise est concernée par cette délocalisation.
Une décision stratégique dans un contexte géopolitique tendu
La relocalisation partielle de la production de Honda s’inscrit dans un contexte global de tensions commerciales croissantes. Les multinationales doivent naviguer entre incertitudes politiques, pressions économiques et attentes du marché. La décision de déplacer la production de la Civic hybride – un modèle clé dans la stratégie écologique de Honda – vers l’Indiana illustre la volonté de l’entreprise de protéger sa marge bénéficiaire tout en continuant à répondre à la demande du marché américain.
Ce mouvement stratégique permet également à Honda de renforcer son image de fabricant local sur le sol américain. Cela pourrait devenir un avantage concurrentiel dans un contexte où les achats de produits fabriqués aux États-Unis sont valorisés.
Notre avis par leblogauto.com
En somme, la décision de Honda de déplacer la production de la Civic hybride vers les États-Unis est une réponse calculée aux menaces tarifaires de l’administration Trump. En agissant de manière proactive, la marque japonaise vise à préserver sa position sur le marché américain. Mais également à minimiser les pertes potentielles et à maintenir sa compétitivité dans un environnement réglementaire instable.
Bien que cette transition ne concerne pour l’instant qu’une partie spécifique de la production, elle pourrait préfigurer un tournant plus large dans la stratégie industrielle de Honda en Amérique du Nord.
À l’avenir, d’autres modèles ou usines pourraient être concernés si les tensions commerciales persistent. Honda entend ainsi démontrer sa capacité d’adaptation et son pragmatisme face à un climat politique et économique mondial en mutation rapide.
Avec Automotive News.
Crédit illustration : Honda USA.
C’est compréhensible de la part d’Honda mais ce n’est peut être pas gagné car effectivement les pièces détachées seront peut être taxées et puis le plus incertain c’est que pour quelques temps encore, Trump est aux commandes et là, il y a du danger.
Il n’est pas impossible non plus que quelques Américains décident qu’il en soit autrement.
logique. Tout n’est pas négatif dans cette politique
Oui, n’est-ce pas !? @Amiral
Mais là où il se trompe, je pense… Avec les GAFAM + l’Armement l’Europe achèterai en réalité + que l’UE lui vend !?
Quand l’on fait ce genre de politique (que j’approuve) on vérifie d’abord les balances commerciales.
L’UE aurait intérêt à mettre 140 % de taxe à tout ce qui vient d’Asie.
Surtout sur les Shein et Temu !
Au début… Pendant 5 années, on serait peut-être très mal ? … Mais par la suite, on serait même largement gagnant.
… Problème, les Allemands sont aux commandes de l’UE pour leurs intérêts.
pourquoi taxer à 140% ce qu’on ne produira plus en europe?
Par contre Trump a raison de taxer les trucs fabriqués en Chine, il faut diversifier (Inde, Brasil) parce que la Chine prépare une guerre (contre qui? Taiwan? Philippines? Vietnam?) et ce jour là il ne faudra pas être dépendant aux Chinois dans certains domaines. C’est peut etre un non dit de la politique de Trump
Il y a un siècle, le Japon était maître en Asie… Depuis 1945, ils sont devenus très dépendants des États-Unis…
En Asie… Il y a les autres dragons asiatiques… Avec la Chine, ils font figure de second couteau.
Économiquement, ils sont obligés de rester le bon toutou des États-Unis.
C’est FAUX …les japonais de chez Toyota et Honda ont toujours été excédentaires dans la vente de leurs produits (largement en avance technologique) par rapport aux produits auto américains !
Ils ont largement aussi été en avance dans la fiabilité et consommations par rapport aux produits
auto américains !
Les américains de toutes les classes sociales ont largement une opinion de ses deux constructeurs comme étant largement américains et pas japonais !
L’ami SGL …les américains ADORENT les Honda …et ceci depuis plus de 50 ans !!
Toyota avec les Prius, ils ont fait la révolution avec leurs hybrides (avec une boite CVT qui mouline, avatar ultime selon tous les zozos de faux spécialistes, tout en vendant dans le monde plus de 30 millions) …et donné des idées à Musk !
QUOI… Qui est faux !??? @jdfcar
Après vous dit de choses auxquelles je suis plutôt d’accord.
jdfcar : oui mais il n’empeche que les constructeurs japonais sont très dépendants du marché américain