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    Accueil » « Soit vous arrêtez votre grève, soit on délocalise l’usine au Maroc. »
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    « Soit vous arrêtez votre grève, soit on délocalise l’usine au Maroc. »

    Joest Jonathan OuaknineJoest Jonathan Ouaknine11 avril 2013Aucun commentaire
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    Ca chauffe à l’usine Dacia de Mioveni, en Roumanie. Les ouvriers demandent des augmentations. Le mois dernier, une grève de 36 heures a empêché la fabrication de 1 500 voitures. Soit un préjudice estimé à 20 millions d’euros. Faute de compromis, les syndicats veulent organiser d’autres grèves. En riposte, la direction agite une délocalisation de la production au Maroc. Une menace qui a d’autant plus de poids que Dacia représente 3% du PIB Roumain et qu’il est le principal exportateur du pays.Pour info, le salaire médian d’un ouvrier Dacia est de 3 965 nouveaux Leu (903€.) Alors que le salaire minimum en Roumanie est de 2 100 nouveaux Leu (478€.) Ils réclament une augmentation de 25%; Renault est prêt à leur accorder 9%. Notez aussi que seuls un quart des employés du site veulent se mettre en grève.

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    Les grévistes se plaignent par ailleurs des cadences de fabrication (1 voiture toutes les 40 secondes), de l’installation d’un éthylotest sur les chaines et de fouilles à la sortie (2 mesures jugées humiliantes.) Enfin, ils demandent de meilleurs plats à la cantine avec de la viande dedans!

    Cette grève pose une question plus globale: est-il encore intéressant de produire en Europe de l’est? Dans les années 90-2000, il a une vraie rué vers les anciens pays communistes. Ils sont géographiquement proches de l’Europe de l’ouest (donc les coûts de transports sont réduits) et la main d’œuvre est peu chère. Par ailleurs, il y a une demande locale en constante augmentation (alors que les marchés de l’Europe des 12 stagnent déjà.) Dans le meilleur des cas, il y a déjà des usines automobiles sur place (avec des ouvriers qualifiés.) Au pire, ils tombent sur des gouvernements bien contents de résorber le chômage local, quitte à se montrer arrangeants. Tous sautent le pas: Fiat en Pologne et en Serbie, Ford en Roumaine, General Motors en Pologne, Hyundai, et Kia en Slovaquie, PSA en République Tchèque (avec Toyota) et en Slovaquie, Volkswagen en Hongrie, en Slovaquie et en République Tchèque (avec Skoda), etc. Au détriment de sites en Grande-Bretagne, au Benelux ou en péninsule Ibérique.

    Renault, pour sa part, investit en Slovénie et en Roumanie (via Dacia.) Auquel il faut ajouter le site extra-européen de Turquie, largement ré-équipé. Le problème des pays émergents, c’est que la croissance finit par déteindre sur les salaires. En 2004, lorsque la production de la Logan démarre, un ouvrier de Mioveni gagne 2 800 Leu (69€.) Un chiffre à comparer aux 903€ actuels. Le modèle économique est remis en cause. En plus, les ouvriers deviennent gourmands! En 2008, Miovesi se met en grève. En 2010, c’est au tour de Novo Mesto (Slovénie.) A l’époque, la direction menace déjà de délocaliser.

    La solution pour les constructeurs est de déménager, vers des pays au coût de main d’œuvre encore bas. Les généralistes peuvent faire preuve de cynisme. Personne, en Europe de l’ouest, n’ira pleurer la fermeture d’une usine slovaque ou polonaise. La Bulgarie et l’Ukraine accueillent de plus en plus d’usines. Renault a opté pour le Maroc dés 2008. Il y a ouvert un site flambant neuf en 2012. Le royaume Chérifien est lui aussi proche de l’Europe occidentale et il a fait de gros progrès en matière d’infrastructures. Surtout, d’après Constantin Stroe (N°2 du site de Mioveni), un ouvrier Renault à Tanger gagne 54% de moins que son homologue chez Dacia. En toile de fond, il y a un site à remplir. La couteuse usine de Tanger tourne au ralenti, alors qu’elle est dimensionnée pour 400 000 voitures par an. En délocalisant au Maroc, Renault mettrait la pression sur les syndicats roumains et il remplirait son site de Tanger.

    Source:

    Reuters

    Crédits photos: Renault

    A lire également:

    Dacia: mouvement de grève en Roumanie

    Usine Renault de Tanger: pourrait mieux faire

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