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L’Etat français lâche Carlos Ghosn et cherche son successeur

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2017 - Inauguration de la ligne de production de l'Alpine A110 à l'usine de Dieppe

L’Etat français a officiellement lâché le PDG de Renault Carlos Ghosn mercredi, deux mois après son arrestation, et demandé la nomination d’un successeur dans les prochains jours pour prendre la tête du constructeur automobile.

Détenu au Japon depuis le 19 novembre, Carlos Ghosn va ainsi perdre son dernier titre, celui de PDG de Renault, Nissan et Mitsubishi l’ayant révoqué du poste de président du conseil d’administration dès la fin novembre.

« J’ai toujours indiqué, en rappelant la présomption d’innocence de Carlos Ghosn, que s’il devait être durablement empêché, nous devrions passer à une nouvelle étape. Nous y sommes », a déclaré le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, sur LCI. « Dans cette nouvelle étape, nous avons besoin maintenant d’une nouvelle gouvernance pérenne pour Renault », a-t-il ajouté. « J’ai demandé explicitement, comme actionnaire de référence, que le conseil d’administration de Renault soit convoqué dans les prochains jours« , a-t-il aussi indiqué. « Nous souhaitons que ce conseil d’administration désigne une nouvelle gouvernance pérenne pour Renault », a souligné M. Le Maire. Alors qu’on lui demandait si cela signifiait que M. Ghosn allait être remplacé, il a répondu: « Tout à fait ». Le ministre n’a pas précisé si le nouveau PDG prendrait aussi la tête de l’alliance avec les japonais Nissan et Mitsubishi: « Ce sera au conseil d’administration de lui dire exactement les contours de ses fonctions ».

Interrogé sur l’éventuelle candidature de Jean-Dominique Sénard, le président sortant de Michelin dont le nom circule comme possible président non exécutif de Renault, M. Le Maire en a loué les qualités sans se prononcer pour autant. « C’est un grand industriel, un homme qui a une conception sociale de l’entreprise et qui l’a démontré à plusieurs reprises », a-t-il déclaré, soulignant qu’il était aussi « un spécialiste du secteur automobile ». Il a toutefois souligné que « l’Etat se prononcera sur la base des candidats qui lui seront soumis comme actionnaire de référence ».

Scénario le plus souvent évoqué, la direction de Renault pourrait être scindée en deux, avec un président du conseil d’administration d’un côté et un directeur général exécutif de l’autre, le nom de Thierry Bolloré, nommé il y a un an adjoint de Carlos Ghosn, revenant le plus souvent pour ce dernier poste.

Emissaires français à Tokyo

Au moment où les tensions affleurent entre Français et Japonais, le ministre a en revanche rejeté clairement une redistribution des participations au sein de l’Alliance, qui est devenue sous la direction de M. Ghosn le premier constructeur mondial. « Nous souhaitons la pérennité de l’alliance. La question des participations au sein de l’alliance n’est pas sur la table », a-t-il assuré.

L’Etat français est le premier actionnaire de Renault, avec 15,01% du capital. Nissan en détient 15%, mais sans droits de vote en assemblée générale. Renault contrôle pour sa part 43% de Nissan, qu’il a sauvé de la faillite il y a près de 20 ans. Nissan possède par ailleurs 34% de Mitsubishi Motors, dernier venu dans l’alliance née en 1999. Dans ce contexte chahuté, plusieurs émissaires du gouvernement français dépêchés à Tokyo se sont entretenus mercredi avec des protagonistes du dossier Renault-Nissan. Participent notamment à ce voyage Martin Vial, directeur général de l’Agence des participations de l’État (APE), et Emmanuel Moulin, directeur de cabinet du ministre de l’Économie et des Finances, selon Le Figaro. Le patron de Nissan, Hiroto Saikawa, devait les rencontrer, a précisé à l’AFP une source proche du constructeur japonais.

Carlos Ghosn, mis en examen notamment pour abus de confiance, a vu sa demande de libération sous caution de nouveau rejetée mardi et pourrait rester des mois en prison, ce qui rendait difficile son maintien à la tête de Renault dont il est toujours PDG. Parmi les dernières accusations de Nissan, le PDG de l’Alliance aurait reçu une rémunération de plus de 7 millions d’euros en 2018 de la part d’une filiale néerlandaise détenue à égalité par Nissan et Mitsubishi (NMBV), sans approbation des patrons de Nissan (M. Saikawa) et Mitsubishi (Osamu Masuko), a détaillé une source proche du dossier.

Par AFP

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37 Commentaires sur "L’Etat français lâche Carlos Ghosn et cherche son successeur"

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pauyard
Invité

Selon « Les Échos », le PDG de Renault-Nissan, toujours incarcéré au Japon, aurait gâté ses proches dès 2003 avec l’argent de l’entreprise.
https://www.midilibre.fr/2019/01/16/carlos-ghosn-gatait-ses-proches-au-frais-de-nissan,7956557.php

Ami204
Invité

L’État « lâche » Ghosn : il était temps !
Les fins limiers japonais ont mis en lumière des tas des tricheries.
A priori, tout indique que Ghosn est un menteur, un voleur, un profiteur, un arnaqueur.

4aplat
Invité

Il y a un mois, le même B. Lemaire soutenait Ghosn bec et ongle … maintenant, il le lache !!!

Invité

fins limiers !?! Lol, quand le procureur en vient à demander à Ghosn de faire des aveux cela prouves bien qu’il n’a pas grand chose, car il aurait quelque chose, il l’inculperait et le jugerait !

ART
Invité

C’est assez sale et lâche surtout de la part de Le Maire, il y en effet la présomption d’innocence et donc une direction par interim plutôt que de « passer à autre chose »…

lataupe2B
Invité

Il me semble que dans notre démocratie il existe la présomption d’innocence. Même si il a fauté il ne faut pas le descendre à boulets rouges et oublier son action pour redresser Renault et nissan. Il est normal que Renault cherche un pdg . L’entreprise doit tourner. Si il a été malhonnête normal qu’il soit sanctionné. Pour autant cela ne sert à rien de lui vomir dessus.

Thibaut Emme
Admin
@lataupe2B : pour que le gvt qui l’a ménagé jusqu’à présent décide « qu’il est temps » désormais de passer à autre chose, c’est peut-être que les émissaires du gvt à Tokyo on eu des éléments des dossiers. Le souci n’est pas qu’il ne soit pas encore jugé, mais qu’il est à l’heure actuelle dans l’incapacité physique de diriger le Groupe Renault. Au début il était attendu une libération « rapide » (avant Noël) sous caution, mais là, il faut se rendre à l’évidence que les procureurs ne le lâcheront pas, eux. Donc il faut un capitaine à la tête du navire. Même si… Lire la suite >>
ART
Invité

Et donc Thibaut plutôt une direction par interim plutôt que de le lâcher comme un gros sale avant jugement non ??

Lolo
Invité

Je pense que c’est ce que disait Lataupe non ?

r.burns
Invité

La présomption d’innocence n’a jamais été une preuve de démocratie. C’est même un argument trop facile camouflant les nombreux manques démocratiques dans d’autres aspects de la procédure française. C’est assez français de donner des leçons de démocratie, mais ça fait rire à juste titre les autres pays.
Pour Ghosn, 2 mois après… ça atteste d’une inertie bien française

Thibaut Emme
Admin

On a coupé des têtes d’innocents ou envoyé au bagne par empressement et pour ravir le peuple avide de justice expéditive 😉

zafira500
Invité

Il faut aussi rappeler que le dernier condamné à mort en France était en réalité innocent. Ça fait réfléchir. Et dans le cas de Carlos Ghosn, cela aurait pu tout aussi bien être un coup des dirigeants de Nissan pour le faire tomber.

Invité

et ça ressemble de plus en plus à ça, d’ailleurs

ART
Invité

Justement Thibaut, on n’en est plus là – a priori – ou alors il faut arrêter à tout bout de champs de se drapper dans la démocratie et de filer des leçons surtout républicaines à tout bout de champs !!!

Houari
Invité

Il y’a un mois, beaucoup, accusaient la justice japonaise et Siakawa de complotistes. On ne donne pas des leçons de démocratie à un pays comme le Japon.

Invité

c’est toujours le cas.

wizz
Membre

Siakawa de complotistes?

peut-être bien que non
peut-être bien que oui
on verra plus tard si le bonhomme est blanc comme neige (ou jaune comme le jaune d’oeuf), lorsqu’on en saura davantage sur Nissan…

on verra ce jour là si la justice japonaise serait à 2 vitesses ou pas, selon l’accusé en question

zafira500
Invité

Je ne suis pas certain que Saikawa soit tout blanc dans cette affaire. Et je doute fort que Carlos ait tapé dans caisse « à l’insu du plein gré » des dirigeants japonais.

polo
Invité

De toute façon vu la tournure des événements il n’est pas prêt de sortir de prison donc plutôt normal que l’état et probablement d’autres actionnaires de Renault souhaitent un nouveau PDG. Et sur le coups l’état l’a quand même soutenu longtemps quand on voit la vitesse qu’on mis Nissan et Mitsubishi à le virer.

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