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Les constructeurs chinois pour les nuls – Yema

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Yema Auto

Yema reste un constructeur de second ou même troisième plan. Néanmoins, ses ventes progressent et Yema sort de l’ombre, mais pas encore de ses mauvaises habitudes…

A la fin des années 80, les autorités de Chengdu et de la région du Sichuan procèdent à la fusion de plusieurs entreprises, dont l’atelier de réparation automobile de Chengdu, l’atelier de réparation de Dongfanghong, l’usine de transformation automobile de Wenzhou et l’usine de bus Sichuan Jinding. Le tout devient donc l’usine de voitures de Chengdu (成都 轻型汽车) en 1988, base de l’actuel Sichuan Yema Qiche (川汽野马汽车). Ou Yema.

En 1990, l’usine de Chengdu débute alors la production de plusieurs modèles, dont un gros SUV dénommé Yema / Mustang (野马), le pick-up Bailu / White Deer (白鹿) et un minibus Jinding / Golden Summit (金顶). Le plus important est le SUV, qui s’apparente dans son aspect à une Nissan Cedric / Gloria 430 break passée entre les mains de Dangel…

Yema 1990

Les résultats sont plutôt bons, et les ventes atteignent 10000 unités en 1994, date à laquelle plusieurs petits constructeurs implantés à Chengdu sont à nouveau fusionnés pour devenir Sichuan Automobile Group. Mais le constructeur ne parvient pas à conclure d’accord de coentreprise, malgré des discussions avec Toyota, Mazda, Ssangyong. Les ventes commencent alors à diminuer, et le constructeur disparaît en 1996.

En 2002, un entrepreneur se propose de racheter les restes de Sichuan Automobile Group. Fu Anjing, patron d’un société immobilière propose donc de relancer la production en reprenant le nom et la licence. Suite à la fusion de Sichuan Automobile Group avec Sichuan Fulin Industrial Group, l’entreprise publique est convertie en entreprise privée.

L’heure de la relance semble sonner au salon de Chengdu 2004, avec la présentation d’un SUV baptisé Yema. Un modèle qui est calqué sur de nombreux autres SUV chinois de l’époque avec lesquels il partage nombre de ses pièces, et une forte ressemblance avec un Isuzu Mu. Mais ce modèle ne verra le jour qu’en des quantités très limitées, puisque l’entreprise ne dispose alors pas réellement de capacités de production…

Yema se rapproche donc alors de Qingdao Yizhong (ou Etsong). Une entreprise publique proche de FAW, et qui dispose des outillages pour produire les antiques Austin Maestro, Maestro Van, Montego (berline et break). Et même si ces exemplaires produits peinent à trouver preneur, c’est une opportunité pour Yema de mettre la main sur tout un outillage et une base technique pour travailler à un nouveau modèle. Après la vente de ces outillages, Wuling rachètera Etsong.

C’est en 2007 que Yema dévoile ses premiers travaux au salon de Chengdu. On reconnaît largement encore les modèles Austin servant de base. Un autre modèle retient l’attention, puisque Yema expose également une copie de la Matra M72… Mais il faut attendre jusqu’en 2008 pour assister au lancement de la Yema F99. Un break Austin Montego largement bricolé pour lui donner une apparence de… Subaru Forester. Un peu plus de 1000 exemplaires en seront vendus en 2008 puis en 2009, avant de monter à 4600 en 2010.

Cette période est assez troublée pour le constructeur qui débute. Annoncé comme potentiel repreneur de Hummer, Yema est aussi impliqué dans un scandale de mœurs lié à l’utilisation dans sa communication de modèles plus ou moins (souvent plus que moins…) dénudés. Un conflit éclate en outre entre le propriétaire Fu Anjing et le Directeur Général Xin Zhang. en 2012, Fu Anjing prend directement les rênes du constructeur.

Par la suite, Yema s’éveille réellement et dévoile à chaque salon de Chengdu une flopée de concepts. Des SUV et monospaces uniquement. Avec toujours aussi de très fortes inspirations : Toyota Alphard, Mazda5, Infiniti EX, Audi A4 Avant, Smart Roadster Coupé (avec intérieur de Buick Lacrosse), Changan Honor… Yema va jusqu’à se contenter de retoucher des photos d’autres constructeurs pour ses propres communications… Pendant ce temps, les ventes sont toujours constituées par les évolutions de l’Austin Montego, qui prend désormais des allures de Kia Sportage. Ce n’est qu’en 2015 que Yema parvient enfin à commercialiser son SUV T70 sur une nouvelle base technique. Grâce à ce modèle, ses ventes sont montées à près de 40000 unités en 2015 et 2016.

Quelques grandes dates

  • 1988 : fondation de l’usine automobile de Chengdu, futur Yema
  • 1994 : Sichuan Automobile Group
  • 1996 : disparition de l’entreprise
  • 2002 : reprise par Anjing Fu
  • 2009 : Yema F99

Les marques

Sichuan Yema vend donc ses modèles sous le nom de Yema. Les quatre lettres s’étalent clairement à l’avant comme à l’arrière des modèles. Ce qui n’empêche pas la marque de tenir à la traduction du nom de la marque : « Mustang ». Yema a ainsi intenté un procès à Ford sur l’usage de ce nom en Chine

  • F12 et F16 : deux modèles issus de la F99, et donc basés techniquement sur une Austin Montego… Tous sont des mélanges de Subaru Forester et Kia Sportage, le F16 accentuant son côté SUV par divers accessoires rapportés
  • T70 : premier modèle moderne de Yema, le T70 est largement inspiré d’un Volkswagen Touareg dans son style, mais au format du Tiguan
  • T80 : modèle plus haut de gamme dérivé du T70, avec nouvelle face avant, et planche de bord façon Mercedes

Les coentreprises

Aucune coentreprise à ce jour pour Yema, constructeur microscopique à la réputation sulfureuse qui n’intéresse guère les partenaires étrangers.

Crédit illustration : Yema

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2 Commentaires sur "Les constructeurs chinois pour les nuls – Yema"

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Navigator84
Invité

Le 4×4 de 2004 a dû être produit, j’en ai vu un à Shanghai l’année dernière.

Il reprend bien la cellule centrale de l’Isuzu Mu/Rodéo. Un modèle que Great Wall, Tianma, Xinkai, Anchi et d’autres produisaient aussi.

Sinon c’est Qiche et non Quiche 🙂

Frederic Papkoff
Admin

Merci pour l’information. J’ai corrigé le texte en conséquence.

Et pour Quiche / Quiche, je ne peux que blâmer la correction automatique qui visiblement connaît plus la gastronomie française que l’automobile chinoise, et auquel je n’ai pas pris garde cette fois-ci…

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