Accueil Le Mans 24 heures du Mans 2014 : vu de chez Michelin

24 heures du Mans 2014 : vu de chez Michelin

159
2
PARTAGER

Les 24 heures du Mans sont une formidable épreuve pour chacune des écuries engagées. Elle met à rude épreuve les machines, les hommes, mais également les pneumatiques qui cette année ont subi un grand changement.

Un travail au plus près des écuries

5 cm de moins en largeur et une nouvelle motorisation hybride avec un couple bien différent ! Voilà le challenge que les manufacturiers de pneumatiques ont eu à relever en LM P1. Car impossible de ne pas signer les mêmes chronos que l’an dernier ni de faire des relais au moins aussi long avec les trains de gomme. Pour préparer les 24 heures du Mans, Michelin travaille en amont avec les écuries LMP1 pour développer les meilleures composés possibles pour chaque voiture, chaque pilote.

Pour assurer à ses clients/partenaires qu’il n’avantage aucun d’entre eux, le Bibendum permet à chacun de tester les gommes développées pour les autres écuries et le cas échéant de les choisir. Chaque écurie a son propre ingénieur pneumatique Michelin détaché – souvent reconduit d’année en année – qui contrôle en permanence la bonne utilisation des pneus, conseille l’écurie qui conserve toujours le pouvoir de décision finale.

C’est grâce entre autre à cette confiance que Michelin équipe la majeure partie du plateau même si Pascal Couasnon, directeur de la branche sport motorisés à Clermont clame à qui veut l’entendre que Michelin souhaite une concurrence plus forte.

IMG_6377_small

Une montagne de pneus

Concrètement pour Michelin, les 24 heures représentent 7 000 pneus acheminés depuis Clermont par camions. Ces pneus sont tous fait à la main, c’est de la haute couture (ou de la dentelle de Calais) par rapport à nos gommes de tous les jours. Le nombre de composés est également bien différent. D’une dizaine pour les pneus de série, on monte à plus de 20 pour les gommes d’endurance. Certains pneus sont même ultra spécifiques comme ceux de la Nissan ZEOD RC. Spécifiques par leur taille atypique, mais également par le fait que les pneus pluie sont des slicks retaillés à la main comme en rallye !

Pour monter tous ces pneus, Michelin fait appel à une société spécialisée dans le montage. Plus de 35 techniciens se relaient pour monter, gonfler à l’air sec et équilibrer les roues pour les écuries. C’est sans doute la partie la plus proche de nos pneus de série.

IMG_6375_small

Chaque pneu possède un code-barre qui permet de suivre sa vie du début à la fin. A tout moment, Michelin est en mesure de savoir qui a fabriqué le pneu, à quelle écurie il a été passé, quand il est entré en course, etc. De précieux renseignements qui font une traçabilité et un contrôle qualité complets. Si les jantes appartiennent aux écuries, les pneus restent la propriété pleine et entière de Michelin. Une clause à 1 million d’euro existe même pour chaque gomme non rendue.

Une fois les pneus usés analysés (ou non), ils seront broyés puis mélangés à des déchets de cimenterie pour qu’aucun secret technologique ne puisse fuiter. Il faut dire qu’en matière de pneumatique de compétition, les composés évoluent chaque semaine ou presque et les technologies très régulièrement.

IMG_6374_small

Des petits trains de pneus sillonnent les paddocks

Dans les paddocks, les chariots de jantes ou de pneus vont et viennent. Une écurie emmène ses jantes à Michelin qui lui monte les gommes prévues. Puis les pneus ainsi montés redescendent vers le paddock de l’écurie et sont placés dans un appareil les maintenant à bonne température. Puis vient le moment du relais, les vieilles gommes sont retirées et les neuves sont placées. La voiture s’éloigne à peine que déjà les gommes usées sont en direction des techniciens de Michelin.

Ils démontent les pneus, les rangent soigneusement dans les camions et les jantes ainsi à nu repartent pour l’écurie qui se charge de les nettoyer et les débarrasser de leurs dépôts de gomme, d’huiles, etc. Une fois propres, les jantes remontent chez Michelin et c’est reparti pour un tour.

Bien sur, les techniciens vivent également des « coups de feu ». Une météo capricieuse et c’est la valse des jantes à équiper en urgence. Cette année Michelin équipe toutes les LM P1 et est donc assuré de remporter une nouvelle fois les 24 heures du Mans. Quant aux technologies développées pour la course, une partie se retrouvera dans la prochaine génération de pneumatique.

Illustration : T. Emme/LeBlogAuto

Poster un Commentaire

2 Commentaires sur "24 heures du Mans 2014 : vu de chez Michelin"

Notification de
avatar
Trier par:   plus récent | plus ancien | plus de votes
Xavier63
Invité

Pour ceux qui veulent tenter l’aventure comme ingénieur terrain, Michelin recrute pour son nouvel centre de recherche basé à Ladoux (au nord de Clermont).

leelabradaauto
Invité
sur le pneu pluie de la nissan , on remarque qu’il n’y a pas de canal longitudinal comme de coutume sur les pneu pluie. Je suis certain que les coups de couteaux électriques ne sont pas faits à la légère. Pour ma part, je remarque des sculptures larges comme effectuées avec ds couteaux type poids lourds, sur oui, des pneus étroits. Pour moi-même et potes rallymens, j’ai retaillé jadis un nombre incalculable de pneumatiques et même des gommes hivernales. L’empreinte au sol d’une gomme est souvent la surface d’une carte postale. On mesure ainsi l’importance du dessin de sculpture, largeur… Lire la suite >>
wpDiscuz