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China Grand Rally 2013 : Zhou Yong, empereur de Chine

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La Chine s’offre son simili-Dakar. Pour ce premier China Grand Rally, les Great Wall sont les seules têtes d’affiches. On attend Carlos Sousa, mais suite à l’abandon du Portugais, c’est son équipier Zhou Yong qui s’impose.China Grand Rally

De 2010 à 2012, il commence à y avoir une présence chinoise régulière au Dakar. Les places d’honneurs de Xu Lang, puis de Zhou Yong, donnent envie à d’autres de venir. En 2012, la « colonie chinoise » (dixit les intéressés) se compose de 5 équipages. L’organisateur, jusqu’ici méprisant, déclare : « Il va bientôt fournir des baguettes pour la cantine. »

Pour 2013, ils auraient du être encore plus nombreux. Le team Chengdu Rural Bank envisage de venir avec 3 Mitsubishi L200 (contre 2 en 2012.)
Mais tout s’écroule à l’automne. La désignation du président est censée être une formalité. L’affaire Bo Xilai pourri les réunions. Xu Jinping est désigné dans la douleur. Les milieux d’affaires s’attendent à des purges. Il faut faire profil bas. Ce n’est pas le moment de frimer en sponsorisant une voiture. Seul Zhou Yong sera au départ du Dakar 2013.

Comme les Chinois ne peuvent pas aller au Dakar, ce sera le Dakar qui viendra aux Chinois ! D’où le China Grand Rally, un clone made in china. A la barre, Hubert Auriol, qui est notamment ancien organisateur du Dakar.

Le Paris-Dakar, c’était un peu l’Afrique sans les Africains. Tout était organisé depuis Paris. Les concurrents étaient presque tous Occidentaux. Le rôle des Africains se limitait à distribuer des visas et à regarder les voitures passer. D’ailleurs, lorsque le Dakar déménagea en Amérique du Sud, le Sénégal s’est rendu compte qu’il n’avait pas la propriété commerciale du nom de sa capitale !
Auriol s’attend donc à une situation similaire en Chine. Quitte à se montrer condescendant.

Les engagés

Pas de Stéphane Peterhansel, de Carlos Sainz ou de Guerlain Chicherit. Les Great Wall Haval (préparés chez Dessoude) de Carlos Sousa et Zhou Yong sont les seuls équipages « usine ». On s’attend donc à ce qu’ils surclassent les autres. Notez que c’est la première fois que ces voitures courent ailleurs qu’en Amérique du Sud.

L’organisateur braque le projecteur sur l’Américain Harley Letner, qui découvre les raids avec un buggy biplace.

En bon gweilo, Auriol néglige l’importance du rallye-raid en Chine. La discipline existe pourtant depuis une quinzaine d’années, avec deux championnats nationaux et un calendrier assez touffu (contrairement aux autres sports mécaniques chinois.)

Grâce à la presse locale, on peut apercevoir le reste du plateau. Et ce ne sont pas des novices ! Lu Ningjun est l’ex-leader du team Rely. Zhou Jihong a brillé au Silk Way 2011 et au Dakar 2012. Liu Yangui (ci-dessous et en haut, dossard 118) est le fameux « ex-futur 3e pilote de Chengdu Rural Bank ». Wei Hongjie, d’ordinaire pilote de rallye, s’est entrainé en Australie. Lu Xuebin est un multiple vainqueur d’épreuves chinoises.

Vétéran des rallye-raid, Ma Jun Kun a participé au Dakar 2011. Il tente ensuite de bâtir une équipe de rallye (qui remporte sa pemière course.) Apparemment, c’en est trop pour Ma, qui disparait des écrans de radars en 2012. Il revient cette année avec un buggy.

Enfin, Zhang Wei pilote un Naveco Daily officiel, qui ambitionne de venir au Dakar 2014.

La course

La première semaine, comme prévu, les Great Wall sont au-dessus du lot. Au gré des pépins respectifs, ils se relayent en tête des spéciales et du général. Han Wei (Nissan Navarra) doit se contenter du 3e rang. L’organisateur n’évoque pas les autres, préférant se concentrer sur la « French Team ».

Sousa est leader à la fin de la première semaine.

Comme au Dakar, il y a une journée de repos à la fin de la première semaine.

La deuxième semaine est plus technique, avec des passages de dunes. Les Great Wall ont de plus gros ennuis. Du coup, Liu Kun (Nissan Pathfinder) s’offre une victoire d’étape, brisant leur domination. Du bout des lèvres, Auriol admet que les Chinois ne sont pas si mauvais que ça.

Sousa se reprend. Non comptant de gérer son avance, il enchaine les meilleurs temps. La victoire lui temps les bras, alors que le parcours s’offre un deuxième jour de repos avant la dernière journée de course.

Le dernier jour de course, coup de théâtre : Sousa est trahi par son faisceau électrique et il range son Haval sur le bas-côté. Zhou, incrédule, le dépasse et passe en tête du rallye ! Han est 2e, devant Liu, vainqueur de la spéciale et Zhou Yuande.

Le dernier jour consiste en fait en un parcours de 2km (!) télévisé. Les voitures roulent au pas. Zhou et Great Wall remportent là leur première victoire « internationale ».

Auriol se félicite de l’organisation de ce premier China Grand Rally. Il est persuadé que grâce à lui, le rallye-raid chinois a gagné en professionnalisme. Est-ce la fin des pittoresques raids chinois ? Des road-books offrant de vagues indications, des banquets dignes d’Asterix, des concours de miss ou des pilotes qui déambulent en short et tongs dans le paddock ?

Crédits photos : CGR, sauf photo 9 (Great Wall)

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3 Commentaires sur "China Grand Rally 2013 : Zhou Yong, empereur de Chine"

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Christian
Invité

L’auteur n’aime pas les rallyes? N’aime pas Auriol?
C’est quoi cette conclusion? Une frustration?

Eliane
Invité

Les great wall sont préparés par smg challenge de frejus var – Philippe gâche – et non pas dessoude

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