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Nigel Mansell ou comment ruiner sa carrière en quelques mois

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Printemps 1994, F1 et CART se battent à coup d’avocats pour s’offrir les services de Nigel Mansell. Printemps 1995, à 41 ans, il raccroche le casque en catimini, sans conférence de presse, ni interview. Pire: il met 4 ans à disputer une course… Alors que son téléphone n’arrête pas de sonner!

Acte 1: bad beat

1992 est l’année Mansell. A 38 ans et après 12 années en F1, il remporte enfin le titre.
Jusqu’au bout, même ses fans n’y croient pas: en général, à la dernière minute, sa mécanique ou son pilotage généreux le trahisse. C’est pour cela qu’il a loupé les titres 1986, 1987 et 1991.
Mais non, « Nige » est bel et bien champion du monde. Et de quelle manière: il s’offre le record de victoires en une saison (9), de victoires consécutives (5) et de pole position en une saison (14.)

La Williams/Renault est sans conteste la meilleure voiture du plateau. De quoi attiser bien des convoitises pour 1993…
Alain Prost a toujours tourné autour, avec la bénédiction de Renault. Ayrton Senna propose ses services, afin de faire monter les enchères chez McLaren.
Franck Williams propose à Mansell, un statut (et une paye) de N°2. Un marché inacceptable pour le Britannique.

2 ans plus tôt, fin 1990, Mansell s’était essayé avec succès au coup de poker.

Porteur d’eau de Prost (à son insu) chez Ferrari, le moustachu a annoncé sa retraite. Le message (à l’intention de Williams, intéressé par ses services) était: « Retenez-moi ou je fais un malheur! »

Et Williams a du se plier à ses exigences sportives (statut de N°1) et financières.

Et donc, en 1992, Mansell retente un coup de bluff… Sauf que Franck Williams fait de même!

Faute de voir une offre suffisamment alléchante, Mansell annonce bruyamment qu’il quitte la F1 à l’issue de la saison.

L’offre tant attendue arrive enfin, mais c’est trop tard. Mansell a déjà préparé ses bagages pour l’Indycar. Quant à Franck Williams, le voilà obligé d’embaucher Damon Hill -alors méconnu- car ses 3 « plans B » (Mika Hakkinen, Mark Blundell et Martin Brundle) sont déjà pris!

Interlude

En 1993, chacun semble content. Avec Prost, Williams conserve son titre.

Quant à Mansell, il fait les beaux jours de Newman-Haas. A 40 ans, ce drôle de « rookie » remporte 5 victoires et le titre d’Indycar.

Pour 1994, chacun semble parti pour garder ses couronnes. Williams recrute Senna et le tandem fait figure d’épouvantail. Du côté de Mansell, il peut légitimement viser un deuxième titre, avec pourquoi pas, une victoire à Indianapolis.

Acte 2: le lendemain d’Imola

Le monde de la F1 subit un cataclysme le 1er mai 1994.

Une fois l’émotion passée, Williams doit chercher un pilote. Ricardo Patrese? Retraité fin 1993, il refuse de replonger. Heinz-Harald Frentzen? Sauber et Mercedes ont bétonné son contrat.

Bernie Ecclestone songe alors au candidat idéal: Nigel Mansell. C’est le seul champion du monde en activité (avec les quinquas Mario Andretti et Emmerson Fittipaldi.) Le seul capable -pense-t-on- d’empêcher Michael Schumacher de se balader.
Seulement voilà, l’Anglais vient de remporter deux podiums en Indycar et il se plait outre-atlantique.

Seulement voilà, Mansell cumule les contre-performances. Il empoisonne l’ambiance chez Newman-Haas. L’inamovible Mario Andretti, son équipier, annonce sa retraite et Carl Haas revend le contrat de l’Anglais à Williams!

L’Anglais est ainsi parachuté au Grand Prix de France (abandon.) Il revient après que la saison d’Indycar soit terminée. 4e au Japon, il s’offre la pole et la victoire de la finale Australienne.

Son bilan est plutôt modeste. D’autant qu’en son absence Damon Hill et David Coulthard (qui a assuré l’intérim) ont éclot. Mansell n’est plus aussi « indispensable » à la F1.

Alors qu’il est persuadé que Williams l’embauchera à temps plein pour 1995, il découvre que Coulthard est leur premier choix!

Acte 3: la mauvaise blague McLaren

McLaren et Mercedes veulent une star pour marquer leurs fiançailles; Hakkinen étant jugé trop frêle pour être un vrai leader.

La MP4/10 est un monoplace au design révolutionnaire, très agressive et surtout, très fine. Si fine que le moustachu, qui a gardé ses poignées d’amour du temps de l’Indycar, ne rentre pas dedans.
Il refuse de la piloter tant qu’on ne lui crée pas une voiture plus large. Du coup, Mark Blundell dispute les deux premiers Grand Prix.

La MP4/10B est prête pour le retour en Europe.

Mansell est 10e à Saint-Marin (à un tour) et il abandonne en Espagne.

Fidèle à son habitude, le Britannique râle. Il se plaint que sa voiture est trop lente… Et il exige une augmentation.
Ron Dennis et Norbert Haug ne sont pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Mansell est viré quelques jours après le Grand Prix d’Espagne.
Mark Blundell retrouve son baquet.

Dennis est très, très rancunier. 15 ans plus tard, dans le top 50 des pilotes McLaren, Mansell se retrouve 48e, entre Andrea de Cesaris et Michael Andretti. Tout est dit…

Acte 4: n’importe quoi

Malgré ses frasques, il reste un pilote vu comme rapide. Et surtout, son nom mobilise les foules.

En 1995, David Price engage deux McLaren F1 GTR en BPR. La « West » décroche le titre, tandis que la « Harrods » remporte les trois dernières courses de la saison.
Les pilotes de la « Harrods » (Andy Wallace et Olivier Grouillard) ne sont guère glamour. Pour 1996, Mohamed Al-Fayed, propriétaire du fameux grand magasin, exige Mansell.
Ce dernier réclame un salaire digne de la F1. Al-Fayed refuse et après quelques courses, la McLaren est remisée.

Fin 1996, il est cette fois approché par Eddie Jordan, qui cherche désespérément un deuxième pilote.

En roulant avec des pneus neufs et un réservoir vide, Mansell approche les temps du débutant Ralf Schumacher. Notez qu’il a rasé sa fameuse moustache pour l’occasion.

Tandis que Jordan se tate, le champion 1992 fait son autocritique: trop lent, trop cher, trop gros, trop vieux et pas assez motivé.
Sans trop de surprise, l’Irlandais l’écarte, préférant un pilote plus jeune et moins couteux (il s’orientera finalement sur Giancarlo Fisichella.)

A l’hiver 1998, on revoit Mansell en course, le temps des 24 heure de Chamonix. Il fait équipe avec Ari Vatanen sur une Ford Escort.

Il songe à courir pour Ford en BTCC.

Pour la énième fois, ses prétentions financières sont disproportionnées. Il ne dispute finalement que 3 meetings. Au moins, on peut dire que lorsqu’il prend le volant, il assure le spectacle…

En parallèle, il rêve toujours de monoplace. A l’été 1998, une rumeur de volant chez Williams se répand, tel un poisson d’avril tardif.

Il effectue un test pour Pat Patrick. L’équipe de CART voudrait engager une voiture aux 500 miles d’Indianapolis. Le projet tombe à l’eau, car la rémunération n’est pas à la hauteur.

Mansell préfère accepter des démonstrations grassement payées que de vrais volants en course. Il accepte ainsi de jouer les hommes sandwichs pour l’épreuve CART de Rockingham, via un tour de piste en Reynard.

Crédits photos: Renault (photos 1, 2 et 6), archives Joest (photos 3, 4 et 8), Ford (photos 5 et 7), Mercedes (photo 9), McLaren (photos 10 et 11) et BTCC (photos 14 et 15)

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18 Commentaires sur "Nigel Mansell ou comment ruiner sa carrière en quelques mois"

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bullitt
Invité
depuis de son éclosion chez Lotus au milieu des années 80 et son titre en 1992 … beaucoup se contenteraient de son palmarès et de son aura même si comme expliqué, son après carrière fut plus « rock & roll ». Pilote au gros coeur et qui reste tout de même un des pilotes majeurs pour Williams. Delà donc à parler de « ruiner sa carrière » c’est un poil exagéré non? Il aura mal négocié sa fin de carrière c’est évident mais il n’avait plus grand chose à démontrer ayant finalement obtenu le titre de champion du monde auquel il a pu prétendre… Lire la suite >>
Joel
Invité

de mémoire en 1994, il faisait des pâtés de sable à Estoril aussi…
En 1995, il a râlé après Dennis et Haug mais il n’a pas vu qu’un grand ponte de Daimler était présent ce jour là…c’est ce dernier qui a décidé de son limogeage.
Enfin on me retira pas à l’esprit que dans le couple Mansell, Nigel est les jambes et Rosanne la tête pensante mais pensant en $$$$$.
Bref une race de pilote comme on en fait plus et pas : un pilote-comique (tragi-comique lors d’Estoril 1989 et 1990)

julietta
Invité

…Certes, mais il manque une conclusion à cet article.

bof
Invité

Pas de conclusion mais des fautes. Ca compense.

Tibo35
Membre

1992 – Champion du monde F1
1993 – Champion (du monde) CART alors qu’il est rookie

Quand la F1 lui fait du pied en 1994 pour remplacer Senna, il arrive dans une F1 qu’il ne connait pas et remporte le GP d’Australie (le dernier) démontrant qu’il est encore là.

Il y a pire comme carrière 😉
En fait Mansell est comme bcp de pilotes anglosaxons. Une fois un titre en poche, c’est beaucoup moins drôle. D’autres avant et après lui l’on fait.

Joel
Invité

@Tibo35

le carrière de Villeneuve à l’envers en somme?

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