Accueil Champ Car Dan Wheldon (1978-2011): la triste fin de « Well done »

Dan Wheldon (1978-2011): la triste fin de « Well done »

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La mort d’un pilote n’est jamais « joyeuse ». Celle de Dan Wheldon est d’autant plus triste que le pilote venait de relancer sa carrière. Sa traversée du désert semblait terminée. Hélas, il y a eu ce 11e tour de la manche d’Indycar de Las Vegas

Dan Wheldon est Anglais. Néanmoins, on ne l’a pas beaucoup vu en Grande-Bretagne. En 1997, il débute en Formule Ford. L’année suivante, il est pilote d’usine chez Van Diemen. Il trouva sur son chemin un débutant nommé Jenson Button. 2e du championnat, Wheldon échoue à la place du Formula Ford Festival, toujours derrière Button. La rivalité des deux hommes aurait dépassé la piste et Wheldon de préférer s’exiler que de retrouver Button en F3. (NDLA: l’image de Button et Wheldon en FF est à voir en grand ici.)

Outre-Atlantique, il s’est fait d’emblée remarquer. En 1999, il remporta ainsi le championnat d’US F2000 (on le voit ici, 12 ans après, à bord d’une F2000 dans le cadre d’une opération de com’ de l’Indycar.)

Vice-champion de Formule Atlantic en 2000, il a été vice-champion d’Indy Lights, l’année suivante (ci-dessous, en rouge, avec Townsend Bell.)

Avec tout ces résultats, Wheldon est un espoir en vue. Cheever le « regardait » et Panther l’embaucha pour 2002… Mais comme pilote d’essai.

Jusqu’ici, Panther n’avait qu’une voiture (pour Sam Hornish Jr.) En fin de saison, ils décidèrent d’en aligner une deuxième, pour Wheldon. Il participa ainsi à deux manches d’Indycar.

Avec la venue d’écuries en provenance du CART, l’avenir des « petits » comme Panther semblait bouché.

Wheldon préféra passer chez Andretti-Green. Là encore, il jouait les cobayes et fut l’un des premiers à piloter une Dallara à moteur Honda.

Quelques mois plus tard, le boss, Michael Andretti, décida de raccrocher le casque, pour se concentrer sur son rôle de team-manger.

Wheldon hérita de son baquet et effectua une saison 2003 assez moyenne. Pour la finale dans le Texas, il termina 3e, décrocha le titre de meilleur débutant et plus globalement, il sauva sa peau. Il pouvait en rigoler avec les patrons:

En 2004, il eu enfin un volant à temps plein.

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il s’est métamorphosé. D’emblée, il squatta les podiums. A Motegi, il remporta son premier succès en Indycar (ci-dessous.)
Au final, il termina 2e (derrière son équipier, Tony Kanaan) et monta 11 fois sur le podium (dont 3 fois sur la plus haute marche) en 16 courses!

En 2005, c’est la consécration: 39 ans après Graham Hill, il devint le deuxième Anglais à gagner les 500 miles d’Indianapolis.

Celui que l’on surnommait Dan « Well done », s’est baladé durant la saison 2005. Avant lui, personne n’avait remporté autant de victoires en une saison (6) et de victoires consécutives (3.)
Non seulement il remporta le titre, mais il avait 80 points d’avance sur le 2e, Tony Kanaan!

Sa saison s’acheva sur un coup de gueule. Car malgré tout ses succès, les médias n’en ont que pour une personne: Danica Patrick. Sa pensé se résumait en gros à: « J’ai gagné le titre et tout le monde s’en fout! Cette [censuré] n’est jamais montée sur une podium, mais les journalistes se pressent pour l’interviewer. On lui propose même de faire de la F1! Alors que moi, Honda m’a juste offert un test! »

Fin 2005, Chip Ganassi fit une offre que Wheldon ne pouvait refuser.

Sa première course pour Ganassi est non pas une course d’Indycar, mais de Gran-Am: les 24 heures de Daytona 2006. Il s’y impose avec son nouvel équipier, Scott Dixon et Casey Mears (pilote Ganassi en Nascar.)
C’est le premier succès à Daytona de l’équipe.

Peu après, le championnat reprend.

Comme pour remercier son nouveau patron, l’Anglais s’imposa lors de la manche d’ouverture, à Miami.

Au fil de la saison, sa Dallara fut repeinte en bleu, puis en vert, pour revenir finalement rouge! Quoi qu’il en soit, Wheldon marqua autant de points que son ex-équipier Sam Hornish Jr (Penske.) Mais comme ce dernier a remporté davantage de courses (4 contre 2), c’est l’Américain qui est titré.

BMW lui fit une offre en F1, qu’il balaya d’un revers de main (par rancœur envers la « danicapatrickmania » de l’année précédente?)

En 2007, les performances de Wheldon commencèrent à décliner. 2 victoires, certes, mais il ne termina que 4e du championnat, alors que son équipier Dixon était 2e.

En 2008, ses résultats furent en dents de scie. Après deux victoires, il accumule les contre-performances, tandis que Dixon joue le titre.

En parallèle Franchitti effectuait une campagne calamiteuse en Nascar (sous les couleurs de Ganassi.) Chip Ganassi décide de rapatrier l’Ecossais en Indycar. Il avait alors 3 pilotes pour 2 baquets.

Dans un premier temps, Ganassi annonça que Franchitti remplacerait Wheldon en 2009. Au lieu de l’habituel « Je suis très content pour eux et je leur souhaite bonne chance », l’Anglais déclara qu’il ne veut pas partir.

Mais face à une nouvelle épidémie de résultats moyens, on pousse Franchitti dans sa Dallara dés la finale de Surfers Paradise. L’Ecossais était jugé plus capable d’aider Dixon dans la course au titre.

Wheldon était néanmoins en Australie, mais avec Panther.

Panther a bien failli sombrer fin 2005. Depuis, l’équipe survit plus qu’elle ne vit.

Wheldon sombra dans l’anonymat du peloton. Hors de Penske et Ganassi, il n’y a point de salue. Même les pilotes Andretti sont exclus des podiums.

2010 restera comme la dernière saison à temps plein de Wheldon.

Après la finale, à Miami, Panther annonçait qu’il allait embaucher JR Hildebrand.

Et Wheldon? Il rejoignit la longue liste des anciens vainqueurs de courses qui galèrent (avec Patrick Carpentier, Bruno Junqueira, Tony Kanaan, Oriol Servia, Paul Tracy, etc.)

Traditionnellement, de nombreuses écuries viennent à « Indy » pour un « one shot ». Le voilà ainsi pilote d’un jour chez Brian Herta, pour les 500 miles d’Indianapolis 2011.

Il était 2e, à 1 tour de l’arrivée, lorsque le leader commit une bourde. L’Anglais n’avait alors plus qu’à cueillir un deuxième succès à Indianapolis.

Avec ce hold-up (involontaire), Wheldon devint la coqueluche des médias. L’Indycar chercha alors tant bien que mal à lui trouver un rôle.

Lors des épreuves suivantes, il était présent dans les paddocks. Non pas pour piloter, mais pour offrir des tours de circuits aux VIP.

En parallèle, on le chargea de développer la Dallara qui sera utilisée en 2012.

En fin de saison, il retrouvait enfin un baquet: Sam Schmidt lui offrait deux courses (Kentucky et Las Vegas.)

Il termina 14e dans le Kentucky.

Pour Las Vegas, l’organisateur lui proposa un pari fou (histoire de remplir un peu les tribunes): il part dernier et s’il s’impose, on lui offre 5 millions de dollars. Wheldon accepte.
Peut-être qu’il pensait qu’il allait décrocher la timbale ou du moins, attirer l’œil d’un team-manager et obtenir un baquet pour 2012…

La suite, on la connait: au 11e tour, une simple touchette entraina un « big one ». L’Anglais n’a rien pu faire et il y laissa la vie.

Crédit photos: Honda, sauf photos 1, 3, 20 et 21 (Indycar), photos 5, 6, 17 et 19 (Panther Racing) et photo 12 (Ganassi)

A lire également:
Indycar: Las Vegas

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4 Commentaires sur "Dan Wheldon (1978-2011): la triste fin de « Well done »"

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doubled
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un grand malheur pour le sport automobile, « salut l’ami »

4aplat91
Membre

Bel homage …

Christophe Schwartz
Membre

excellent article, qui a le mérite de révéler une des causes de la fin tragique du sympathique Dan Wheldon! Pour faire du spectacle, la vie d’un pilote vaut donc 5 millions de $

Messieurs les promoteurs américains, arretez de confondre course et match de catch

Same Yumako
Membre

Merci pour cet article bien documenté, super boulot.

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