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Hermann Lang aurait eu 100 ans

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Les pilotes de Grand Prix des années 30 mériteraient largement un film. On y trouverait largement de quoi faire: des exploits techniques et humains, des accidents spectaculaires, des groupies pas très farouches, un peu de morphine et en toile de fond, les régimes fascistes et nazis qui tentent d’orchestrer tout cela… Au milieu de cette folie, Hermann Lang, l’anonyme devenu héros, puis redevenu anonyme. Il aurait fêté ses 100 ans lundi.

Hermann Lang est issu d’une famille modeste de Bad Cannstatt, près de Stuttgart. A la fin des années 20, il commence à piloter, sur deux roues et s’impose à la course de cote de Solitude 1927. Puis il devint champion d’Allemagne de course de cote, sur sidecars.

Bon pilote, il aurait du logiquement passer sur 4 roues (comme par exemple Nuvolari.) Mais avec la crise de 1929, il se retrouve sans emploi.

Du coup, il abandonne la course et accepte un modeste job de contrôleur qualité chez Mercedes.

Il est ensuite embauché comme mécanicien dans l’équipe de course. Luigi Fagioli lui demande de tester sa voiture pour chauffer les freins. Un rôle qu’il effectue ensuite pour les deux autres pilotes, Rudolf Carracciola et Manfred von Brauchitsch. Ces derniers n’aiment pas les essais privés et Lang se retrouve pilote d’essai.

En 1935, Alfred Neubauer (team manager) lui donne sa chance et le voici au départ des Grand Prix.

Un récit digne de Cendrillon? En fait, Lang est membre du parti nazi, dont l’influence se fait de plus en plus pressante sur Mercedes. Nul doute que l’on a « conseillé » à Neubauer de lui donner un volant…

Pistonné ou pas, Lang ne démérite pas. Au point qu’en 1936, Ferdinand Porsche, en partance pour Auto-Union, lui propose un volant. Mais il le refuse, par fidélité pour son employeur.

1937 est l’année de l’éclosion de Lang: il s’impose à Tripoli, puis sur l’Avus. A Brno, c’est le drame: il perd le contrôle de sa voiture et est éjecté (il n’y a pas encore de ceintures de sécurité.) La Mercedes termine dans les tribunes et fauche deux spectateurs.

En 1938, il double la mise sur l’Avus et se retrouve N°1 officieux de l’armada Mercedes.

Malgré tout, les rapports avec ses équipiers sont tendus. Rudolf Carracciola, plus vieux d’une dizaine d’années, ne compte pas passer le témoin à un « jeune ». Quant à Manfred von Brauchitsch, issu d’une vieille famille d’aristocrates, il n’hésite pas à souligner ses origines modestes. A Reims, le baron s’impose devant « Caratsch » et Lang. Il s’écrie à l’arrivée: « Champagne pour tout le monde! Et une bière pour Lang! »

En 1939, il s’impose à Pau, à Tripoli, à Vienne, sur le Nürburgring, à Spa, à Berne et au Grand Prix d’Allemagne de course de cote. La guerre éclate avant la fin du championnat.
L’Allemagne le déclare champion d’Europe des Grands Prix. Pourtant, Hermann Müller (Auto-Union) était en tête du classement. Mais Müller n’était pas membre du parti nazi, ceci expliquant sans doute cela… Certains tenteront de dédouaner Lang en disant que tous les pilotes Allemands étaient membre de facto du parti nazi. En fait, ils confondent la NSKK (Nationalsozialistisches Kraftfaher Korps; licence Allemande, délivrée uniquement aux pilotes « aryens ») et une authentique carte de membre du sinistre parti.

Ensuite, il y a un « blanc » dans son CV. Un classique des Allemands de cette période.

On le retrouve dés 1946, au départ d’une course de cote, sur BMW 328. Ce qui sous-entend qu’il fut suffisement « propre » pour échapper aux épurations d’après-guerre.

En 1951, l’équipe Mercedes renait de ses cendres, en endurance d’abord.

En 1952, il s’impose aux 24 heures du Mans, avec Fritz Reiss.

En 1954, Mercedes retourne en Grand Prix. Mais Lang n’a droit qu’à un petit rôle: désormais, les stars s’appellent Juan-Manuel Fangio, Karl Kling et bientôt Stirling Moss.

Trop vieux, trop lent, fin 1954, il raccroche le casque… Et redevient contrôleur qualité chez Mercedes. D’après la légende, à l’usine, beaucoup croyaient qu’il était un homonyme du fameux pilote!

Retraité, il meurt en octobre 1987. Ironie de l’histoire, l’année suivante, Mercedes s’impose au Mans et pour capitaliser sur son héritage sportif, elle ressort de vieilles gloires comme Von Brauchischt, Fangio ou Kling.

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Source:
Mercedes

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