par Thibaut Emme

Des plaques d'immatriculation à l'origine d'une crise au Kossovo

La tension entre la Serbie et le Kossovo, que la première ne reconnait toujours pas comme indépendant, s'accroît sur fond d'une histoire rocambolesque de plaques d'immatriculation d'automobiles.

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L'ex-Yougoslavie n'a pas encore fini de faire parler. Le Kosovo a déclaré son indépendance de la Serbie en 2008. Depuis, il a été reconnu comme un état en tant que tel par 101 des 193 pays des Nations Unies. Mais la Serbie continue de considéré qu'il s'agit d'une partie du pays. Et de se servir des 5% de Serbes que compte le Kosovo pour mettre la pression sur le petit pays.

En mars dernier, le Kosovo a décidé d'interdire les anciennes plaques d'immatriculation au format serbe. Obligation au 30 septembre de passer à des plaques avec le blason du Kosovo et l'acronyme "RKS". Evidemment, la minorité serbe a décidé de protester et de ne pas passer à ses plaques. La mesure a été repoussée à fin octobre, puis finalement annulée.

Sauf que cette décision, bien qu'annulée, a relancé les tensions entre les deux pays. Cette simple décision sur les plaques a fait remonter toutes les rancœurs et divisions ethniques entre Serbes et Albanais. Il faut dire que la minorité serbe reste fidèle à Belgrade, dont elle dépend financièrement, et ne reconnait pas le pouvoir de Pristina. Il n'y a pas que les plaques d'immatriculation puisque les papiers d'identité devaient également passer à l'albanais (et abandonner le cyrillique).

Depuis, Belgrade semble agiter la minorité serbe du nord. Des barrages routiers sont érigés sur les routes, des responsables serbes du Kosovo ont démissionnés en bloc. Comme quoi, une chose assez insignifiante comme des plaques d'immatriculation peut provoquer une tempête. La situation préoccupante est prise au sérieux par la communauté internationale, ainsi que l'Europe. Les deux pays sont candidats à l'intégration au sein de l'Union Européenne.

En France aussi

Des histoires de plaques, la France en a connu aussi. En 2008, quand on est passé du système FNI (Fichier National des Immatriculations) au système SIV (Système d'Immatriculation des Véhicules), les plaques ne devaient plus porter la mention du département. Horreur, malheur, les députés et sénateurs sont montés au créneau pour que la Ministre de l'Intérieur d'alors, Michèle Alliot-Marie change les règles. Selon eux, et selon beaucoup de Français, la plaque d'immatriculation fait partie de l'identité régionaliste des gens (?);

Résultat, le blason du département est devenu obligatoirement présent sur la plaque. Mais, les gens peuvent choisir celui qu'ils veulent. Cela permet de mettre celui de son département de cœur, d'origine, ou tout autre. La Corse a de nombreux adeptes continentaux.

Toujours avec les plaques SIV, on devait obligatoirement passer à ces plaques pour les véhicules d'occasion en décembre 2020. Mais, cela a été annulé. Désormais, seul un changement de propriétaire ou autre démarche oblige à passer au système SIV. Ainsi, l'état a répondu à la demande des fans d'anciennes qui veulent conserver les plaques d'origine de leurs véhicules.

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Pour résumer

Une simple histoire de plaques d'immatriculation en albanais a mis le feu aux poudres entre la Serbie et le Kosovo, toujours considéré comme une province serbe par Belgrade.

Un détail insignifiant mais qui cristallise les passions identitaires, et pas qu'au Kosovo.

Thibaut Emme
Rédacteur
Thibaut Emme

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