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    Accueil » La chute du mur, l’arrêt de mort des marques de RDA
    Histoire

    La chute du mur, l’arrêt de mort des marques de RDA

    Nicolas AnderbeganiNicolas Anderbegani13 novembre 201920 commentaires
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    Rappelons d’abord qu’au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans leur zone d’occupation, qui devient la RDA en 1949 suite à la 1ère crise de Berlin, les soviétiques procèdent au regroupement des entreprises industrielles automobiles au sein du conglomérat de l’IFA (Industrieverband Fahrzeugbau, l’union industrielle des constructeurs de véhicules), qui produit d’ailleurs certains véhicules sous son nom propre (IFA 8 et 9), puis cède  sa place au VVB (association des entreprises d’état) dans le cadre de l’instauration d’une économie socialiste dirigée. Cette structure de contrôle étatique visait à répartir la production et à en rationaliser les coûts.

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    Sachsenring

    La ville saxonne de Zwickau a d’abord été le fief avant la guerre de la marque de luxe Horch et d’Audi, qui faisaient alors partie d’Auto-Union. Après la guerre, l’usine devient la VEB Sachsenring Automobilwerk Zwickau (abrégée en AWZ) et produit à partir de 1957 la fameuse et mythique Trabant 601, l’icône automobile de la RDA pendant plus de trente ans et l’une des vedettes de la nuit de folie du 9 novembre 1989. Dans les années 80, Sachsenring modernise son modèle vedette grâce à un accord avec Volkswagen pour la production sous licence des moteurs de la Polo. La chute du mur et l’ouverture des frontières précipite la décrépitude d’une entreprise dont les modèles archaïques ne peuvent lutter avec la concurrence de l’ouest. AWZ est racheté par Volkswagen après la réunification et devient Sachsenring Automobiltechnik GmbH, connaissant une situation financière fluctuante et des reprises par d’autres groupes. Aujourd’hui, c’est un équipementier et sous-traitant automobile. Et la Trabant a finalement sa revanche, tant elle devenue un objet culte de « l’ostalgie » et un défouloir des tuners !

    Wartburg

    Le siège se situait à Eisenach en Thuringe. L’usine assemble des BMW avant-guerre et poursuit jusque dans les années 50, malgré la séparation RFA/RDA. La pression de BMW rend cette production inappropriée et la société devient en 1952…EMW puis AWE (Automobilwerke Eisenach) en 1955, coupant définitivement les ponts avec la cousine bavaroise. Les nouveaux modèles prennent le nom de Wartburg et proposent une qualité supérieure aux Trabant, parmi lesquelles figure la « cossue » 353, si bien que les modèles s’exportent assez bien à l’Ouest, notamment en Belgique, au Royaume-Uni et même aux USA ! Le dynamisme des années 50-60 cède la place à l’immobilisme, à l’accumulation du retard technologique et aux limites du modèle socialiste est-allemand. Comme Sachsenring, Wartburg essaie de se relancer dans les années 80 via un accord de coopération avec Volkswagen mais l’ouverture des marchés signe son arrêt de mort. Les dernières Wartburg de l’est sortent début 1991, après plus de 1,6 millions de modèles produits, puis Opel rachète l’usine pour y assembler des Corsa.

    Barkas

    En 1958, à Chemnitz, rebaptisée avec l’arrivée du communisme Karl-Marx Stadt, l’ancienne usine du fabricant d’utilitaires FRAMO (dont le fondateur avait aussi créé DKW) devient la VEB Barkas-Werke Karl-Marx-Stadt. Au programme, la production d’un utilitaire polyvalent, la Barkas B1000, certes sous-motorisé mais qui n’avait pas grand chose à envier en termes de conception à ses homologues de l’est voire occidentaux. Une barcasse qui fit la fierté des « Ossies » au même titre que l’increvable Trabi.A la fin des années 80, quelques évolutions furent apportées (la porte coulissante en 1987 !) dont moteurs quatre temps de Volkswagen, mais la production cessa en avril 1991. Un projet de poursuite de la production en Russie fut proposé, les machines-outils furent démontées…et on ne vit plus trace des investisseurs.

    Melkus

    Loin des clichés et des blagues LADA, les constructeurs de l’est savaient y faire en sport automobile, notamment avec les exploits des Skoda et des FSO en rallye. Hans Melkus pour sa part fabrique entre la fin des années 50 et le milieu des années 80 des petits coupés sportifs élégants, des barquettes et légers ainsi que des monoplaces, motorisées en général par des blocs Wartburg.  Au début des années 90, Melkus se rapproche de BMW pour développer des concessions, puis le fils, Peter Melkus, cherche à relancer la marque en 2009. Un concept de GT 2 litres avec bloc Opel ou Volkswagen, la Melkus RS2000, est présenté au salon de Francfort 2009 mais la société dépose le bilan en 2012.

    Images : wikimedia commons, pinterest, ddrfahrzeuge.com

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    Nicolas Anderbegani
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    Petit-fils de "Citroëniste" et fils de "Béhémiste", je suis tombé dans la potion magique automobile tout petit. Charmé avant tout par les belles Italiennes, je suis passionné par les sports mécaniques, Formule 1 en pole position évidemment. Toujours prompt à dégainer mon appareil photo, je suis de près l'actualité sous toutes ses formes, aimant "shooter" des bolides en mouvement et faire des montages vidéos. Mes champs de prédilection sont l'actualité produit des marques Italiennes et des sportives en général, le sport automobile et les évènements historiques, qui recoupent ma profession d'enseignant d'Histoire. Je retranscris ma passion enfin dans l'écriture d'ouvrages.

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    20 commentaires

    1. Thomas on 14 novembre 2019 2h11

      Merci pour ce petit historique 😀

      Pas mal la Wartburg 312 Kombi 🙂

      Reply
      • greg on 14 novembre 2019 10h40

        Et encore tu n’ as pas vu la Wartburg coupé ?https://autoclassic.de/sites/autoclassic.de/files/bilder/artikel/5096.jpg

        Reply
    2. labradaauto on 14 novembre 2019 9h01

      …avant les écrans, « ON » ( les passionnés ) achetait le salon de l’auto une fois l’an papier glacé – C’est là qu’on pouvait voir ces autos de l’Est. J’ai vu les premières Wartburg avec la malle du coffre avant qui s’ouvrait par une charnière latérale très aisée, j’étais en camping tout au sud de l’Italie dans les ans 70. J’ai du respect pour la technologie et le savoir des ingénieurs qui arrivaient avec du « rudimentaire » à façonner de bonnes autos pour l’époque, un peuple pas riche. … Ces ingénieurs de l’Est ont parfaitement intégré l’avancée industrielle quand ils sont passés à l’ouest ( NSU Auto Union, BMW…). Les ingénieurs tels les motos MZ, Java ont aussi contribué à faire progressé la motocyclette, ses moteurs 2 temps alors qu’ils étaient prisonniers de guerre durant le grand conflit. je dis toujours que le progrès se fait à plusieurs.

      Reply
    3. Valde on 14 novembre 2019 10h12

      Les enjoliveurs norauto sur la Melkus… 😉

      Reply
    4. greg on 14 novembre 2019 10h48

      Signalons cependant que tout n’ est pas mort: le petit utilitaire multicar continue à exister dans une nouvelle génération?.
      Après le plus triste est que le savoir-faire etait là: dès 1965 était prevu une trabant II p 603 avec architecture moderne et hayon. Annulee par le politburo en 1967.
      De meme la defunte marque de motos et scooters simson a du annuler des projets modernes, sexy, faute de soutien politique….et de plastique. Oui avec les penuries de petrole c’ etait une denree rare.

      Reply
    5. amiral_sub on 14 novembre 2019 10h54

      la wartburg, c’était le luxe ! Des amis en avaient une en Bulgarie, 20 ans d’attente pour recevoir cette merveille (très chère) juste avant l’ouverture du pays…

      Reply
    6. Bizaro on 14 novembre 2019 12h48

      Sympa l’article.

      Reply
    7. panama on 14 novembre 2019 12h58

      En gros moteur 2 temps et carrosserie en plastique. Des désastres environnementaux.
      Si Skoda a survécu c’est que la marque avait un réel potentiel.

      Reply
      • SGL on 14 novembre 2019 13h09

        Mais quel rapport avec Skoda d’aujourd’hui et le Skoda de 1989 et celui de 1939 ?
        Moralité il y a pour moi 3 Skoda, totalement différents.
        Même Dacia est beaucoup plus proche du Dacia d’avant 1999.

        Reply
      • greg on 14 novembre 2019 14h13

        Non c’ etait pas du plastique, mais du duroplast. Un materiel synthetique fabrique a partir de fibre de coton, ayant une rigidité proche de l’ acier.

        Reply
        • wizz on 15 novembre 2019 0h18

          c’est du composite, comme le classique polyester-fibre de verre
          ici, le duroplast, c’est une résine thermodurcissable avec du fibre de coton

          c’est un bon compromis poids/caractéristiques mécaniques, mais encore très loin l’acier (module de Young 210 Gpa). D’ailleurs, le duroplast n’est pas utilisé seul mais fixé sur une carcasse d’acier

          http://www.sovietauto.fr/fiert%C3%A9-de-la-rda-le-duroplast

          Reply
    8. SGL on 14 novembre 2019 13h10

      Une new Trabant électrique, ferait un carton !

      Reply
      • greg on 14 novembre 2019 14h19

        On a dejà eut l’ idée en 2009 avec le proto Trabant nT pour New trabant. Abandonné faute de demande suffisante.
        https://www.zeit.de/mobilitaet/2014-09/trabant-elektroauto
        https://www.leblogauto.com/2009/09/francfort-2009-trabant-nt.html

        Reply
      • amiral_sub on 15 novembre 2019 8h51

        un carton? j’en suis pas du tout sur

        Reply
        • SGL on 15 novembre 2019 9h09

          Je l’ai déjà dit, histoire nous démontre que manifestement les années 2000 et 2010 que c’était trop tôt pour faire de la VE rentable… Facile de le dire en 2019, je vous le concède, mais en 2009, on ne le savait pas.
          Vu les courbes des années 2017-18-19, il me semble clair que la donne est radicalement changée pour les années 2020.

          Reply
          • greg on 17 novembre 2019 21h51

            La question n’est pas tant le mode de propulsion, mais plutôt de la clientèle….
            La Trabant n’a pas vraiment bonne presse, et est perçue comme le symbole de l’obsolescence et de la fermeture d’un régime. Ce n’est pas comme la Cox qui a conservé une image sympathique.

            Reply
            • SGL on 17 novembre 2019 22h26

              Ben justement les Européens et Américains n’achetaient pas les Cox dans les Années 50 et 60 la voiture voulue par Hitler, mais bien une petite auto sympathique et décalée.
              Une Trabant, est avant tout maintenant le symbole d’une Allemagne réunifiée… C’est un sentiment énormément positif et porteur !

            • greg on 19 novembre 2019 12h02

              Heu, tu confonds….La Cox a été voulue par Hitler, mais au final n’a été produite véritablement qu’après la guerre, et n’est donc pas associée au régime.
              Ce qui n’est pas le cas de la Tabant, qui a quand même duré quelques décénnées, et sans véritable alternative possible (à l’inverse de la cox). Elle est étroitement associée au régime, et ce n’est pas le symbole de la réunification, le seul symbole c’est la masse de Trabant qui passent le poste frontière afin d’aller visiter l’ouest pour la première fois, et non la voiture en elle-même, qui a une cote assez faible en collection.

      • labradaauto on 16 novembre 2019 11h02

        …pour sur..et l’idée serait même d’en faire 2 modèles: Une avec, et la seconde pour les sans permis de conduire .

        Reply
    9. aimelauto on 19 novembre 2019 10h03

      les ouvriers et les régions ont été sauvées apres 90 par l’implantation des usines d’Opel, VW , ou autres Audi et BMW en saxe et autres pays du Comecon.

      Ca a surtout permis aux constructeurs allemands, Fiat ……(ou Suzuki en Hongrie) d’étendre leur implantation avec des usines nouvelles et un personnel qui était qualifié dans l’automobile.
      Nombre des modeles qu’on achète aujourd’hui viennent de l’ex-Est !

      Reply
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