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    Accueil » Eric Broadley – 1928 – 2017 : la deuxième mort de Lola Cars
    Histoire

    Eric Broadley – 1928 – 2017 : la deuxième mort de Lola Cars

    Thibaut EmmeThibaut Emme31 mai 2017Aucun commentaire
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    Eric Broadley, un nom qui vous est peut-être inconnu. Mais, si on vous dit Lola Cars, ça doit plus vous parler. Ce grand artisan du sport automobile vient de nous quitter à l’âge de 88 ans.

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    Le sport automobile comme passe-temps

    Broadley fait parti de ces géants qui ont vécu, qui ont fait, l’âge d’or du sport automobile. Pourtant, rien ne le destinait à cette carrière. En effet, architecte de formation, la course automobile n’était qu’un passe-temps qu’il faisait au côté de certains noms que l’on allait retrouver bientôt en F1 (dont Chapman NDLA). Durant deux ans, il bricole une Austin qu’il baptise « Broadley Special ». Devant les succès d’estime dans différentes courses en Angleterre, il construit un nouveau châssis pour pouvoir y mettre un moteur plus puissant.

    Cette voiture, ce sera la Lola Mk1. Mais Lola Cars n’existe pas encore. Pas sûr que ce soit même un début d’idée dans la tête de Broadley. La Lola Mk1 est d’entrée plus rapide que l’épouvantail du moment, la Lotus Eleven, pourtant conçue par la légende Colin Chapman. Tous les gentlemen drivers veulent une Lola Mk1 et c’est alors seulement que Lola Cars est créée, en 1958, pour répondre à la demande.

    Les trois premières Lola furent des succès commerciaux, à défaut d’être toujours devant les Cooper ou les Lotus. La Formule 1 lui fait rapidement du pied. Reg Parnell, ancien pilote reconverti en patron d’écurie, lui demande une F1. Ce sera la Lola Mark 4 avec des solutions innovantes qui seront copiées peu après. La Lola Mk 4 fut pilotée en 1962 par un certain John Surtees qui nous a quitté récemment.

    La Lola Mark 6, soeur jumelle de la Ford GT40

    Mais, Broadley n’est pas attiré fanatiquement par la F1. La Mk4 dessinée, Broadley tourne Lola Cars vers d’autres aventures. Ce sera l’endurance en 1963 avec la Lola Mk6. La voiture est légère, maniable, ce qui compense une puissance modeste. Un bris de boîte prive Hobbs et Attwood de voir l’arrivée. Mais, Ford n’a pas manqué de repérer le prometteur Broadley. Ford lui lance le défi de modifier sa Mk6 pour gagner les 24 heures du Mans.

    La Lola Mk6 se transforme alors en la mythique Ford GT40. La voiture ne gagne pas en 1964, loin s’en faut, ni en 1965 où la GT40 Mk2 est alignée avec une Mk1. Il faut attendre 1966 et le triplé historique pour voir la « Lola Mk6 modifiée » l’emporter en terre sarthoise. Entre temps, Broadley est reparti vers de nouvelles expériences. Ce sera d’ailleurs sa marque de fabrique tout au long de sa carrière.

    Une carrière prolifique

    Il touche à la F2, la F3, mais le milieu des années 60 voit surtout arriver la Lola T70 (pour Type 70). Dérivée elle aussi de la Lola Mk6 comme la GT40, elle en a la silhouette. Mais Broadley trouve les limitations techniques et moteurs trop castratrices et « force » la FIA à créer une catégorie pour son nouveau bébé. C’est de nouveau un succès commercial pour la T70. Broadley, toujours aussi touche à tout, file voir de l’autre côté de l’Atlantique s’il peut faire quelque chose aux 500 Miles d’Indianapolis. En 1966, alors qu’un doublé se profile, la Lola-Ford de Stewart connait un souci mécanique à 2 tours de la fin. Sur Lola, Hill remporte l’épreuve, la deuxième de sa triple couronne. L’année suivante, Lola « échoue » à la 2nde place.

    Cette boulimie de conception mènera Broadley et Lola à concevoir des voitures d’endurance pour différentes épreuves, mais aussi concevoir des châssis en F1 de nouveau. Aux USA, les châssis Lola ont connu leur heure de gloire en Indycar, ChampCar mais aussi en CART. Il faut dire que durant des années, Lola était pratiquement la seule société à pouvoir fournir des châssis performant à la demande. Broadley savait s’entourer d’ingénieurs prometteurs qui pouvaient assurer cette boulimie.

    Difficile de citer tous les modèles et toutes les disciplines de Lola Cars et de Eric Broadley. Pour autant, les affaires ne sont pas si florissantes que cela à cause de quelques faux pas très coûteux. Ce dernier faux-pas, ce fut l’écurie MasterCard Lola. Broadley fournissait à différentes écuries de F1 des châssis (Team Haas Lola en 85/86, Larrousse de 87 à 91, etc.). Il décide de lancer sa propre écurie en 1997. Ce fut un désastre technique et une Bérézina pour Lola qui se retire après une seule course (sans être qualifiée en prime).

    Une fin peu digne de sa carrière immense

    Cela précipita la fin de Broadley. En 1998, acculé à la banqueroute, à l’âge de 70 ans, il vend l’oeuvre de sa vie, Lola Cars. Martin Birrane prend le contrôle de Lola Cars et continue dans la diversification des conceptions. La société vivra 14 années avant de jeter l’éponge et de faire faillite en 2012.

    Broadley, lui s’était retiré, jouant de temps à autres les consultants de luxe, mais regardant finalement de loin ce sport automobile qui avait totalement changé, laissant les artisans sur le bas côté.

    Son oeuvre continue de vivre au travers de Broadley Automotive, menée par son fils Andrew. Cette société qui a acquis les plans, les moules originaux, et différents éléments de Lola Cars lors de la faillite de 1998, construit des modèles d’époque flambants neufs. On citera par exemple les superbes Lola T73 Mk3 Coupe ou T76 Mk3b Coupe. Une très belle manière de rendre hommage à ce touche à tout de génie.

    Illustration : Broadley Automotive/Michael Bailie

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    Thibaut Emme

    Thibaut Emme est journaliste automobile et auteur pour Le Blog Auto, média spécialisé dans l’actualité auto, les essais de véhicules, les voitures électriques et l’industrie automobile créé en 2004. Depuis 2011, il couvre les nouveautés des constructeurs, les évolutions du marché automobile, les technologies liées à l’électrification ainsi que les enjeux réglementaires du secteur. À travers ses analyses et articles spécialisés, il décrypte les tendances qui façonnent la mobilité moderne.

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