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    Accueil » Global Bioenergies : composé de carburant à partir de paille de blé
    Mobilité

    Global Bioenergies : composé de carburant à partir de paille de blé

    Elisabeth StuderElisabeth Studer7 février 201930 commentaires
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    Global Bioenergies, la start-up – désormais cotée en bourse –  spécialisée dans ce qu’on appelle la chimie verte, vient d’annoncer avoir réussi à produire de l’isobutène à partir de paille de blé. Ce composé rentre notamment dans la fabrication des carburants et des plastiques.

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    Accent sur l’isobutène

    Global Bioenergies est une entreprise française produisant des hydrocarbures légers à partir de produits issus de l’agriculture, par des méthodes biologiques. Elle est l’une des rares sociétés au monde et la seule en Europe à développer un procédé de conversion de ressources renouvelables en hydrocarbures.

    La société s’est focalisée dans un premier temps sur la fabrication biologique d’isobutène, une des plus importantes briques élémentaires de la pétrochimie qui peut être convertie en essence, kérosène, ingrédients cosmétiques, plastiques et élastomères. Global Bioenergies continue d’améliorer les performances de son procédé, en menant des essais sur son démonstrateur industriel en Allemagne et prépare la première usine de pleine taille au travers d’une Joint‐Venture avec Cristal Union – le n°2 du sucre en France – nommée IBN‐One.

    Innovation avec la paille de blé

    Jusqu’à présent, la société avait pu réussir à produire de l’isobutène dans les mêmes conditions ( à l’échelle de son démonstrateur) à partir de sucre de betterave. Elle cherchait à dupliquer sa technologie de fermentation utilisant des bactéries génétiquement modifiées avec d’autres types de ressources végétales, dont la paille de blé.

    Elle a signé un partenariat en ce sens, notamment avec le chimiste suisse Clariant. En 2017, elle a obtenu un financement de 9,8 millions d’euros de l’Union européenne. Ces essais s’inscrivent dans le cadre du projet OPTISOCHEM, sélectionné et financé par le Bio Based Industry – Joint Undertaking au titre du programme programme européen H2020 de soutien à la recherche et à l’innovation, suivant une procédure très sélective menée par des experts indépendants.

    Le BBI-JU, partenariat public-privé entre l’Union européenne et le Consortium des Bio-Industries (BIC), vise « à concrétiser le potentiel de la bio-économie en Europe, via la transformation de résidus et déchets biologiques en produits du quotidien plus respectueux de l’environnement, en s’appuyant sur des technologies innovantes et des bio-raffineries amenées à devenir le cœur de la bio-économie. »

    Ce projet vise à créer une nouvelle chaîne de valeur associant le procédé Bio-Isobutène de Global Bioenergies et les technologies développées par Clariant et INEOS, deux des plus grands groupes de chimie en Europe : la paille de blé résiduelle – aujourd’hui sous utilisée selon la société – a été convertie en bio-isobutène renouvelable de deuxième génération à l’échelle d’un démonstrateur puis sera transformée en oligomères et polymères utilisables pour des applications dans les lubrifiants, les caoutchoucs, les cosmétiques, les solvants, les plastiques, ou encore les carburants. La coopération en terme de R&D se poursuivra jusqu’en mai 2021.

    La société prévoit d’ores et déjà de produire plusieurs tonnes de bio-isobutène à partir de cette nouvelle matière première au cours des prochaines étapes du projet.

    Markus RARBACH, Directeur Biocarburants et dérivés de Clariant a indiqué à cette occasion que ce projet mettait « en lumière une chaîne de valeur clé de la bio-économie : les bio-raffineries de pointe reposant sur les résidus agricoles. »

    Selon Global Bioenergies, les avantages fiscaux associés aux biocarburants

    en Europe et aux Etats-Unis devraient permettre d’atteindre la profitabilité, pour quelques premières usines, dès un prix de pétrole à 50$ le baril.

    Prévoir l’après pétrole

    La production de ce type de carburants dits « drop-in » laisse entrevoir « la continuité des filières au-delà de l’épuisement du pétrole, et fait disparaitre la nécessité d’installer des infrastructures supplémentaires pour le stockage, le transport, ou la distribution » précise par ailleurs la société.

    Partenariat avec Audi

    Global Bioenergies précise par ailleurs que Audi a d’ores et déjà souscrit à cette vision, les deux sociétés étant partenaires.

    En effet, le 5 avril 2018, la société a utilisé pour la toute première fois un mélange d’essence conforme à la norme EN228 contenant plus de 34 % de dérivés d’isobutène renouvelable pour alimenter un véhicule.

    Figurent dans cette essence de l’isooctane, obtenu par la condensation de deux molécules d’isobutène suivie d’une hydrogénation et de l’ETBE, obtenu par la condensation d’isobutène et d’éthanol. Avantage de taille : ces deux composés, jusqu’à présent produits sur base fossile, sont d’ores et déjà autorisés à la vente pour toutes les voitures essences, sans précaution particulière. Global Bioenergies précise par ailleurs que ces deux composés sont des additifs hautes performances (indice d’octane élevé égal ou supérieur à 100) jusqu’alors produits à partir de pétrole fossile.

    Une Audi A4 2.0 TFSI a été choisie pour réaliser ces premiers essais, en situation réelle et non plus sur banc moteur, sur le circuit de Montlhéry.

    Reiner Mangold, directeur du développement durable pour Audi, avait alors déclaré que l’objectif du partenariat avec Global Bioenergies était de développer de l“e-benzin” (nom donné par Audi à cette nouvelle essence de synthèse d’origine renouvelable) pour ses clients. « Les effets potentiels sur les économies de CO2 et la réduction d’émissions associés aux carburants synthétiques drop-in sont d’importants atouts pour notre stratégie e-carburants » avait indiqué le constructeur. »

    Sources : Global Bioenergies, AFP, Audi

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    30 commentaires

    1. mps on 7 février 2019 14h57

      Personnellement, je crois plus a ce genre de chose pour l’avenir, plutôt qu’a électrique. Celui ci sera une transition, après que la dernière goutte de pétrole aura était puiser. Toute les recherches et brevets bloqués depuis des années pour préserver le business du petro-dollar seront débloqués, et ont pourra dire « bonjour » aux carburants synthétique, écologique, et peu coûter (enfin sans les taxe)

      Reply
      • Thibaut Emme on 7 février 2019 15h21

        « Toute les recherches et brevets bloqués depuis des années pour préserver le business du petro-dollar  » >> Hein ? Bloqués par qui ? Pas les producteurs de pétrole ? Par ceux qui sont hyper dépendants au pétrole ? Par un grand complot mondial ?

        Vous pensez bien que s’il y avait une recette miracle pour se passer du carburant à base de pétrole, à pas cher, elle serait diffusée mondialement depuis le temps.
        Les pays acheteurs de pétrole sont bien plus nombreux (et ont d’énormes labos de recherche) que ceux qui en produise.
        Le fantasme du brevet caché par les méchants pétroliers a toujours existé. Il est pratique et rassurant sans doute.

        Reply
      • Christophe on 7 février 2019 16h19

        « Personnellement, je crois plus a ce genre de chose pour l’avenir, plutôt qu’a électrique.  » moi aussi d’autant que l’électrique à grosse capacité est une aberration.
        Il n’empêche qu’il va falloir faire une révolution énergétique en réduisant notre consommation pour que la solution des biocarburants soit viable.

        Reply
        • amiral_sub on 7 février 2019 16h59

          j’ai du mal à voir 62MeT avec de la paille

          Reply
          • Christophe on 7 février 2019 19h16

            il va falloir faire une révolution énergétique en réduisant notre consommation

            Reply
            • koko on 7 février 2019 19h35

              D accord avec Christophe et je me permets d’ajouter :
              Il va falloir faire une révolution énergétique en réduisant notre consommation

    2. Elisabeth on 7 février 2019 15h39

      Disons que certains pétroliers se recroquevillent dans leur coquille et se préservent en achetant brevet sur le solaire ….

      Reply
      • Thibaut Emme on 7 février 2019 16h09

        Mouais, quand Total achète Sun Power, ce n’est pas pour le mettre sous vitrine 😉
        Quand ils font du pellets (pour poele ou chaudière biomass) ce n’est pas pour la galerie, ils fournissent un pellet certes plus cher, mais filtré des poussières et avec une norme reconnue.
        Et le pétrole, c’est loin d’être le carburant pour eux, ce sont les aromatiques, les plastiques, les bitumes, les kérosènes, les solvants, etc.
        Les carburants de seconde ou troisième génération ça les intéresse fortement puisqu’ils peuvent acheter une matière première moins chère (un déchet) et sur place.
        Ils peuvent même la faire eux-même s’ils le veulent.

        Reply
        • Elisabeth S. on 7 février 2019 18h22

          Thibaut, je parle de coquille 😉 …. quand Shell sponsorise le défi solaire ou le rallye solaire de la Cité de l’Espace, pas totalement sure que cela soit pour développer l’energie solaire sur les vehicules …

          Reply
    3. Béret vert on 7 février 2019 15h41

      Bien, mais je ne vois pas un impact massif et positif sur les émissions de C02. Aujourd’hui, la paille de blé est laissée au sol (=> stockage du carbone, augmentation de la MO – matière organique du sol), seul le grain est récolté, dans la plupart des cas.

      Reply
      • Christophe on 7 février 2019 16h17

        Ta paille en se décomposant va émettre du méthane avec un pouvoir effet de serre bien plus important que le CO2 émis par la « combustion » de la plante.
        C’est là tout le problème du compostage, même bien mené (c’est-à-dire aéré régulièrement) il y a des émissions de CH4 à haut pouvoir GES.

        Reply
        • wizz on 7 février 2019 21h48

          La décomposition en méthane implique un milieu anaérobique, avec des bactéries spécifiques. Ce n’est pas le cas si les végétaux sont tombés à terre et s’y décomposent à l’air libre. Cette « décomposition » à l’air libre, c’est plutôt servir de nourriture pour la faune (insectes, vers de terre…) et pour les champignons.

          Reply
          • Christophe on 8 février 2019 7h28

            @wizz
            Es-tu sûr qu’il n’y aura pas de micro-sites sans oxygène ?
            Si la réponse est non, il y a bien production de méthane dans ces volumes.
            Ce n’est peut-être pas dans cette situation qu’il y a le plus d’émission de méthane mais il y a émission de méthane et je n’ai pas dit autre chose.
            Tu peux le nier si tu veux mais c’est pourtant la réalité.

            Reply
            • The Stig on 8 février 2019 18h35

              @ Christophe : J’espère que vous vous êtes mis un bouchon où je pense, sinon bonjour l’émission de méthane. Vous pouvez le nier si vous voulez, mais c’est pourtant la réalité.

    4. Rickyspanish on 7 février 2019 16h10

      La partenariat a du sens vu que pour acheter une Audi, mieux vaut ne pas être sur la paille…

      Reply
    5. Rickyspanish on 7 février 2019 16h14

      C’est les Illuminati … Ils ont trouvé une technique pour créer du carburant à partir de la connerie et de la crédulité humaine… Le potentiel est énorme et inépuisable…

      Reply
    6. Christophe on 7 février 2019 16h18

      +1 Thibaut
      « Ils peuvent même la faire eux-même s’ils le veulent. » d’autant plus manifestement que le procédé utilise des techniques de raffinage (comme de transformer des déchets en bioGPL).

      Reply
    7. mps on 7 février 2019 16h28

      Les plus grand pays producteur de pétrole sont; la Russie, L’Arabie saoudite, les Etats unis et la Chine. C’est vrai, lequel de ces 4 pays pauvre et sans influence pourrait vouloir que le pétrole ne sois pas remplacer par des carburants synthétique moins chère, et que tout les pays pourrait produire eux même. Permettant ainsi que des pays soit indépendant énergiquement… Après, je ne suis pas un complotiste dans l »âme, mais je crois sincèrement a ce que je viens de dire. Mais, j’ai peut être tord ; )

      Reply
      • amiral_sub on 7 février 2019 16h59

        la Chine? mazette on en apprend tous les jours dans ces commentaires

        Reply
    8. SGL on 7 février 2019 16h29

      Le pétrole à base d’algues n’était pas plus prometteur ?

      Reply
      • amiral_sub on 7 février 2019 17h00

        l’un n’empêche pas l’autre

        Reply
        • SGL on 7 février 2019 17h22

          Certainement !
          Comme la plupart des autres alternatifs.
          Mais le baril de pétrole bas freine toutes les EnR et carburants alternatifs.

          Reply
      • robot on 7 février 2019 20h09

        Leur idee est de faire produire au levure un gaz bien plus facile a recuperer dans les fermenteurs que des liquides.

        Reply
    9. wizz on 7 février 2019 22h11

      La paille….

      Certains paysans ont besoin de la paille, qu’ils utilisent comme litière pour leur animaux

      D’autres paysans ont besoin de la paille, en tant qu’aliment pour leur animaux
      http://idele.fr/presse/publication/idelesolr/recommends/bien-utiliser-la-paille-de-cereales-dans-l8217alimentation-des-bovins-et-ovins.html

      Certains agronomes préconisent de laisser la paille au sol afin de constituer un sol organique riche en micro organisme plutôt que d’épuiser le sol en le transformant en sol minéral, que l’on enrichit à coup d’engrais chimiqueds

      Certains écolo, défenseurs des forêts, préconisent de remplacer le bois par de la paille pour la fabrication des papiers

      A petite échelle, tout le monde en a entendu de la construction des maisons à ossature bois, avec des murs en paille. Maintenant, on passe au stade industriel (même si c’est encore très loin derrière les parpaings…)
      http://news.salon-ecobat.com/post/43977585310/la-paille-et-la-poutre-r%C3%A9concili%C3%A9es
      https://www.syma-maisonbois.fr/Files/Image/ECO%20COCON/Construction%20maison%20en%20paille%20pose%20des%20elements.jpg

      Et puisqu’on est sur un blog automobile, il va de soi que la paille, ça peut aussi servir à fabriquer du carburant

      .

      Ne pensez vous pas qu’il risque d’avoir un conflit entre toutes ces utilisations?
      La paille n’est pas un déchet, n’est pas quelque chose que l’on jette parce qu’on ne saurait pas quoi en faire
      La paille a déjà de multiples utilisations. Une nouvelle filière consommatrice de paille, ce sera forcement au détriment d’une ou de plusieurs utilisations précédentes.

      Reply
      • Christophe on 8 février 2019 7h44

        Premier lien de wizz sur la construction paille, on y lit « « Grâce à une épaisseur minimale de 37 cm de paille dans les murs, nos maisons affichent une résistance thermique de 7,5, ce qui est neuf fois plus efficace qu’une construction traditionnelle en aggloméré et 10 cm de laine de verre explique Mathieu Junique. Quant au confort d’été, la botte de paille employée permet de justifier un déphasage supérieur à 20 heures. Par comparaison, le déphasage d’une construction traditionnelle en aggloméré et 10 cm de laine de verre est inférieur à 4 heures ». »
        Donc R de 7,5 pour 37 cm de paille soit un lambda de 0,049, ce qui est conforme aux valeurs admises.
        Quand on nous dit que c’est 9 fois plus efficace, cela veut dire que le R est 9 fois plus élevé, cependant avec 10 cm de laine de verre j’ai déjà un R de 2,5 même avec la laine la moins performante et 3,3 avec la plus performante. Et si je fais la même épaisseur de laine que le mur en paille j’ai un R de 11,5 (dans une ossature bois) !

        Le problème n’est pas tellement là, il est sur l’énergie grise de la construction, on vient de voir que pour avoir la même résistance qu’avec d’autres matériaux il fallait des parois plus épaisses, donc à surface habitable construite cela veut dire SHON plus importante donc plus de fondation (notamment plancher bas), plus de béton, plus de bois, etc.. Et comme le béton est le matériau qui émet le plus de CO2, le gain annoncé est-il finalement au rendez-vous à la fin ?
        Autre point, dans un existant en pleine ville avec des surfaces limitées, cela fonctionne ? Parce qu’il ne faut pas se leurrer mais la maison individuelle neuve c’est une aberration écologique, on peut la maquiller avec des matériaux dit écologiques, cela reste une aberration écologique.

        Reply
        • koko on 8 février 2019 8h00

          Et les logements collectifs neufs ? Aberration aussi ?
          Si pour être ecolo, il faut retourner vivre dans des cavernes…non merci.

          Reply
        • wizz on 10 février 2019 20h55

          Christophe.

          Comment dire…..on s’en fout de connaitre l’impact de la construction massive des maisons aux murs en paille, ou de la rénovation des batiments en ville avec de la paille

          Actuellement, est ce qu’on peut voir des myriades de camions transportant de la paille aux décharges???

          La réponse est non. Cela veut dire que toute la paille produite a déjà des utilisations. Et donc il n’y aura pas de construction massive en murs de paille, ni de production massive de carburant à partir de la paille. Bref, ce n’est même pas la peine d’y penser. C’est tout au plus quelques écolos hyppies d’un côté, ou d’une start up cherchant un financement de l’autre

          Reply
    10. Christophe on 8 février 2019 8h22

      Non les logements collectifs neufs ne sont pas une aberration d’autant plus si ils permettent de densifier, typiquement quand ils viennent en remplacement de pavillons.
      Par contre la maison individuelle neuve est consommatrice d’espace et nécessite des nouveaux réseaux. De plus une zone peu dense est difficile à desservir en TC.

      Reply
    11. Thibaut Emme on 8 février 2019 8h54

      @koko : non. L’écologie c’est de s’entasser dans des collectifs, si possible troglodytes.
      Avec chauffage collectif, si possible en pompe à chaleur puisant les calories des égouts (toujours à bonne température même en hiver !) alimentée par des panneaux sur le toit (végétalisé), avec aussi un chauffe-eau solaire.
      Et pas de voiture individuelle.
      De loin, cela ressemble aux maison de la Comté/Shire de la Terre du Milieu 😉

      Reply
      • koko on 8 février 2019 13h20

        Le seigneur des anneaux, pour moi, ils doivent rouler en A8.

        Reply
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