par Elisabeth Studer

L’Arabie saoudite appelle à maintenir les investissements dans le pétrole

Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a profité samedi dub déplacement du président américain Joe Biden dan son pays … pour prêcher pour sa « paroisse » en exhortant à maintenir les investissements dans les énergies fossiles. Jouant sur les ficelles financières pour justifier sa position, prévoyant que les foudres de l’inflation n’accablent les pays occidentaux en l’absence de politique allant dans ce sens.

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Mohammed ben Salmane en guerre contre des politiques « irréalistes" visant à réduire les émissions de CO2

"L'adoption de politiques irréalistes visant à réduire les émissions » de CO2 « en excluant les principales sources d'énergie entraînera dans les années à venir une inflation exceptionnelle et une hausse des prix de l'énergie", a déclaré samedi le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, devant le président américain Joe Biden et des leaders du Golfe, présidant un sommet entre les Etats-Unis et plusieurs pays arabes réunis dans la ville saoudienne de Jeddah.

MBS exhorte à poursuivre les investissements dans le pétrole

"Les défis environnementaux auxquels le monde est actuellement confronté, en particulier le changement climatique, nécessitent de les traiter de manière réaliste et responsable pour parvenir au développement durable", estime ainsi le prince héritier.

Plaidant pour une "approche équilibrée", il a appelé à "continuer d'investir dans les énergies fossiles" afin de "répondre à la demande mondiale croissante".

Un discours visant avant tout les experts de plus en plus nombreux – et ceux qu’ils conseillent - affirmant que ce type d’énergie est en grande partie responsables du réchauffement de la planète.

L’Arabie saoudite semble vouloir ainsi modifier sa politique alors que la riche monarchie du Golfe avait ces dernières années fait des annonces en faveur des énergies vertes et de la lutte contre le changement climatique. Il n’en demeure pas moins que l’économie de l'Arabie saoudite repose largement sur le pétrole, dont elle est l'un des plus importants exportateurs au monde.

L’Arabie saoudite devrait accroître sa production de pétrole

Joe Biden conclut samedi en Arabie saoudite sa première tournée au Moyen-Orient. Washington tente d’obtenir que la monarchie du golfe ouvre ses vannes du pétrole en vue de faire baisser la flambée des prix à la pompe. Une démarche politique pour Biden à quelques mois des élections de mi-mandat aux Etats-Unis.

Après avoir rencontré les dirigeants saoudiens vendredi, le locataire de la Maison Blanche a assuré faire tout ce qu'il pouvait pour augmenter l'offre de pétrole, disant toutefois que les résultats concrets ne seraient pas visibles "avant deux semaines".

Le prince Mohammed a promis samedi que le royaume "jouerait son rôle dans ce domaine", rappelant l'engagement pris en mai d'augmenter la capacité de production quotidienne de pétrole de plus d'un million de barils pour dépasser les 13 millions d'ici à 2027.

Notre avis, par leblogauto.com

La flambée des prix du pétrole, du gaz et de l'électricité, ainsi que les objectifs de l'Union européenne (UE) de devenir moins dépendante des approvisionnements russes et l'inflation post-Covid-19 propulseront les dépenses énergétiques mondiales cette année à plus de deux mille milliards de dollars, selon les recherches de Rystad Energy.

Les marchés de l'énergie craignent que la guerre en cours en Ukraine ne fasse dérailler la transition énergétique, mais les dernières données suggèrent que les dépenses dans les énergies vertes augmenteront plus rapidement que dans le secteur des combustibles fossiles. Sans l'invasion, cependant, il y aurait eu moins de croissance des investissements dans le pétrole et le gaz et la part des énergies vertes dans les dépenses énergétiques mondiales serait légèrement supérieure aux 31 % actuels. Les dépenses pétrolières et gazières en amont devraient désormais augmenter de 16 % – ou 142 milliards de dollars – par rapport à l'année dernière, les producteurs de pétrole et de gaz du monde entier augmentant leurs budgets d'investissement pour augmenter leur production. Pour l'énergie verte en 2022, sur la base des projets actuels, la capacité mondiale augmentera de 250 gigawatts (GWac) dans l'éolien et le solaire, et entraînera une croissance des dépenses en énergie verte de 24 %, soit 125 milliards de dollars.

A noter toutefois : un autre facteur important poussant les dépenses énergétiques à de nouveaux sommets est l'inflation mondiale des prix des matériaux, des coûts de main-d'œuvre et des tarifs d'expédition causée par la pandémie et les sanctions imposées à la Russie. Par rapport aux niveaux de 2020, les coûts des projets dans le pétrole et le gaz ont augmenté de 10 % à 20 %, principalement en raison de la hausse des prix de l'acier et d'un marché plus tendu entre les fournisseurs. Dans les énergies renouvelables, le lithium, le nickel, le cuivre et le polysilicium - qui sont tous des matériaux importants dans la fabrication de batteries et de panneaux solaires photovoltaïques - ont fait grimper les coûts des projets renouvelables de 10 % à 35 % au cours de la même période.

« Le monde dépense désormais plus d'énergie que jamais auparavant. L'année 2014 a été la dernière fois que nous avons vu des chiffres similaires. On peut observer un changement majeur dans le montant des dépenses consacrées aux énergies vertes, qui a augmenté, avec une baisse des dépenses consacrées au pétrole et au gaz. Cependant, les dépenses consacrées aux autres combustibles fossiles, comme le charbon, sont restées constantes », explique Audun Martinsen, responsable de la recherche sur les services énergétiques chez Rystad Energy.

Sources : AFP, Rystad Energy

 

Pour résumer

Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a profité samedi dub déplacement du président américain Joe Biden dan son pays … pour prêcher pour sa « paroisse » en exhortant à maintenir les investissements dans les énergies fossiles. Jouant sur les ficelles financières pour justifier sa position, prévoyant que les foudres de l’inflation n’accablent les pays occidentaux en l’absence de politique allant dans ce sens.

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