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    Accueil » Le nanar du samedi : Ricky Bobby, roi des circuits
    Compétitions Auto

    Le nanar du samedi : Ricky Bobby, roi des circuits

    Joest Jonathan OuaknineJoest Jonathan Ouaknine18 avril 2015Aucun commentaire
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    D’ordinaire, les films de voitures sont plutôt des films d’action. Ricky Bobby roi des circuits (Talladega Nights, en V.O.) se veut une comédie légère… Et en matière de désastre, ce fut un big one.

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    L’été, les adolescents Américains ont de longues vacances. Ils en profitent pour aller au cinéma. Hollywood a pris l’habitude de leur servir des comédies. Les comiques en profitent pour se faire un extra. « Vous avez aimé Untel à la TV, vous l’adorerez dans sa nouvelle comédie. » La tradition remonte à Jerry Lee Lewis. Aujourd’hui, Adam Sandler, Rob Schneider, Sasha Baron Cohen ou Will Ferrell tournent à la va-vite leur comédie annuelle. Ce sont des « véhicules », où ils interprètent un personnage. Parfois, ils se contentent d’adapter à l’écran un personnage récurrent de leurs sketchs. Parfois, ces pitchs tout simples deviennent des films géniaux (cf. Blues Brothers, Dodgeball, Mon beau-père et moi…) Mais trop souvent, on a l’impression que l’acteur principal cachetonnait sans conviction.

    Ainsi, Ricky Bobby était juste « le Will Ferrell de 2006 ». Après Will Ferrell-présentateur TV et avant Will Ferrell-joueur de basket. Le comique du Saturday Night Live s’était entouré, comme d’habitude, de son réalisateur fétiche, Adam McKay et de son acolyte John C. Reilly.

    Départ sous drapeau jaune

    Will Ferrell est donc Ricky Bobby, un pilote de Nascar à son apogée. Son personnage doit en faire des tonnes et l’acteur ne s’en prive pas. Le problème, c’est qu’en 2006, il avait 39 ans (donc un peu vieux pour le rôle.) Et qu’accessoirement, il mesure 1,91m (même s’ils sont plus grands que leurs homologues en F1, les pilotes de Nascar dépassent rarement 1,8m.) Donc, pas crédible. D’autant plus que les acteurs jouant ses parents avaient la quarantaine.

    A ces côtés, John C. Reilly, éternel porteur d’eau de Ferrell. Il joue donc son meilleur ami, également pilote. Hasard ou coïncidence, Reilly avait joué dans Jour de tonnerre.

    Sasha Baron Cohen joue Jean Girard, un rival français et gay. Compte tenu du passif du comique, on pouvait s’attendre à une caricature lourdingue. Et au moins, il a répondu aux attentes. On était en pleine guerre d’Iraq (donc de sentiment anti-français.) La production profita des Ford 400, à Miami-Homestead, pour faire quelques images. Ferrell, Reilly et Girard, en combinaison, furent introduits en public. Lorsque le speaker dit « Jean Girard, [venu] de France », la foule hua l’acteur.

    Big one

    Le pitch, c’était de faire « un Will Ferrell ». Cette fois, le comique se moquait d’A plein tube, de Jour de tonnerre et plus généralement, des films d’action US. McKay a ainsi détourné les figures imposées du genre : l’importance de la famille et des amis, le patriotisme exacerbé, le rival/nouveau venu, la rédemption, etc.

    Mais à l’écran, on a davantage un suite de sketchs, parfois réussis et hélas, souvent ratés. Ferrell est complètement en roue libre. Cohen, véritable Jar Jar Binks humain, est insupportable pour les plus de 8 ans. Le film cherche son ton entre parodie façon Scary movie et simple comédie. On aurait souhaité plus de férocité et moins de complaisance envers le niais Ricky Bobby.

    Et puis, il y a la forme. Visiblement, le tournage a été bâclé. Les fans de Nascar hurleront de voir des voitures alternativement des voitures de Busch et de Nextel à l’écran. D’ailleurs, elles apparaissaient peu à l’écran. La Nascar était davantage un prétexte à raconter une histoire qu’un sujet principal. Lors des scènes de dialogue, les verres passent d’une main à une autre, les lunettes apparaissent et disparaissent, les assiettes se remplissent et se vident… Au moins, les traqueurs d’erreurs seront contents.

    Ricky Bobby est sorti à l’été 2006. Il a coûté 73 millions de dollars. Mais rien que sur la première semaine, il a rapporté 49 millions de dollars de recette, c’est dire le pouvoir de Ferrell. Le film a remplis sa mission de comédie de l’été. Quant à l’acteur, il pouvait enchainer Semi-Pro dans la foulée. En France, le comique et la Nascar sont assez peu connus. Du coup, le film est directement sorti en DVD, en mettant Cohen en avant.

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    Joest Jonathan Ouaknine

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