GM subit une chute de ses bénéfices de 1,1 milliard $ à cause des tarifs douaniers de Trump

General Motors perd 1,1 milliard $ en bénéfices sous l’effet des tarifs douaniers de Trump et fait face à des défis structurels majeurs.

Des bénéfices en chute libre malgré des résultats supérieurs aux attentes

General Motors (GM), le géant automobile basé à Détroit, traverse une période financière difficile. Bien que la firme ait enregistré un bénéfice ajusté de 2,53 $ par action — dépassant les prévisions de Bloomberg (2,33 $) — ces résultats sont nettement inférieurs aux 3,06 $ par action générés à la même période l’année précédente. En cause : une série de coûts imprévus, dont les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump, qui ont amputé les bénéfices de 1,1 milliard de dollars.

L’impact direct des tarifs douaniers de Trump sur GM

L’administration Trump a imposé des droits d’importation sur les véhicules produits au Mexique, au Canada et en Corée du Sud, trois pays stratégiques dans la chaîne d’approvisionnement mondiale de GM. Ces mesures ont considérablement alourdi les coûts de production, sans que GM ne répercute totalement cette hausse sur les consommateurs. Le constructeur a fait le choix de ne pas augmenter davantage les prix, déjà élevés, et d’absorber une partie du choc via la réduction des dépenses et le rapatriement de certaines productions vers les États-Unis.

Une chaîne logistique fragilisée et une production à réorganiser

Dans une lettre aux actionnaires, la PDG Mary Barra a souligné que GM s’adaptait à un « environnement commercial et fiscal en mutation rapide » et à un « paysage technologique en constante évolution ». Une relocalisation partielle de la production vers le Mexique a été annoncée en juin. En parallèle, GM prévoit d’investir 4 milliards de dollars pour renforcer la production locale dans le Michigan, le Kansas et le Tennessee, en privilégiant les SUV compacts et les pickups produits sur le sol américain.

Des bénéfices impactés par des facteurs multiples

Outre les tarifs douaniers, GM doit aussi faire face à plusieurs autres obstacles. Le constructeur a dû rappeler 600 000 camions pour un défaut moteur, générant 300 millions $ de frais supplémentaires. Par ailleurs, la marque a constitué un stock excédentaire de véhicules électriques, en raison de la fin prochaine des subventions fédérales. Ce stock, combiné à des modèles déficitaires, a ajouté 600 millions $ aux charges. De plus, les ventes aux flottes à des prix plus bas ont coûté 200 millions $ de marge.

Résultats régionaux : des contrastes notables

Malgré ces défis, GM a réussi à augmenter ses ventes aux États-Unis durant le trimestre, tout en enregistrant un deuxième bénéfice consécutif en Chine, avec une amélioration de 175 millions $ par rapport à l’année précédente. Néanmoins, le revenu net global a chuté de 35 %, tombant à 1,9 milliard $, contre 2,9 milliards $ l’année précédente. En Amérique du Nord, les bénéfices avant intérêts et impôts ont plongé de 2 milliards $, un chiffre qui reflète clairement l’impact massif des coûts cumulés.

Prévisions 2025 : stabilité mais prudence

GM a maintenu sa prévision de bénéfices avant intérêts et impôts entre 10 et 12,5 milliards de dollars pour l’ensemble de l’année. Une révision à la baisse avait déjà été annoncée en mai, par rapport à la projection initiale qui allait jusqu’à 15,7 milliards $. Cette stabilisation est jugée décevante par certains analystes, comme Chris McNally d’Evercore, qui espéraient un rebond plus significatif.

Conclusion : GM face à un tournant stratégique

Entre pression fiscale, restructuration de la production, transition vers l’électrique et tarifs douaniers pénalisants, General Motors fait face à une équation complexe. La capacité de l’entreprise à s’adapter rapidement à ces nouvelles réalités économiques déterminera sa rentabilité à long terme. Si GM parvient à consolider ses efforts d’atténuation et à rééquilibrer sa chaîne de valeur, l’entreprise pourrait retrouver une trajectoire plus stable d’ici la fin de la décennie.

Crédit illustration : GMC.

Un commentaire

  1. Dans 6 mois, un an, les inconvénients des mesures de Trump tomberont de plein fouet sur le pouvoir d’achat des Américains.
    Et là, il y a des changements à prévoir !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *