Stellantis va accueillir la production d’un véhicule électrique du groupe chinois Dongfeng sur son site de La Janais, près de Rennes. L’annonce a été confirmée ce mercredi lors d’un comité social et économique (CSE) extraordinaire, dans un contexte de coopération accrue entre constructeurs automobiles.
Une production Dongfeng confirmée à Rennes
La production d’un véhicule électrique du groupe chinois Dongfeng sera lancée dans l’usine Stellantis de La Janais, à Chartres-de-Bretagne, en banlieue de Rennes. En effet, l’information, évoquée depuis plusieurs semaines, a été officialisée ce mercredi.
La CFDT a confirmé ce partenariat lors d’un comité social et économique extraordinaire. Le syndicat parle d’une nouvelle étape dans la coopération entre Stellantis et le constructeur chinois. Il se montre positif sur cette annonce.
Stellantis multiplie les partenariats industriels
Le groupe Stellantis, propriétaire notamment des marques Peugeot, Citroën, Opel, Fiat, Jeep et Alfa Romeo, cherche à renforcer l’activité de ses usines européennes grâce à des accords avec d’autres constructeurs. Il en va de la rentabilité des sites dont l’activité des marques du groupe ne suffit plus en Europe.
Le groupe a récemment conclu un partenariat similaire avec le constructeur chinois Leapmotor. Deux modèles de cette marque doivent être produits dans des usines Stellantis en Espagne. Pour l’Amérique du Nord, Stellantis se rapproche de Jaguar Land Rover (JLR).

Le site de La Janais produit actuellement le Citroën C5 Aircross
L’usine de La Janais a été entièrement modernisée et produit aujourd’hui uniquement le nouveau Citroën C5 Aircross. L’usine tourne donc « au ralenti » par rapport à son glorieux passé. On a longtemps craint que La Janais soit la prochaine usine à fermer à cause de cela.
Ces véhicules ne seront pas des entrées de gammes pour une raison de coût de production en France. Donc, selon Les Echos, les futures lignes de production rennaises assembleraient des véhicules de la marque Voyah. La marque est présentée comme la division haut de gamme de Dongfeng. Le quotidien indique également qu’une production localisée en France pourrait permettre à la marque d’éviter les droits de douane européens appliqués aux véhicules électriques importés.
Les syndicats demandent des garanties sur l’emploi
Dans son communiqué, la CFDT estime que ce partenariat pourrait apporter davantage de visibilité au site industriel, tout en demandant des garanties pour les salariés et les sous-traitants.
Le syndicat majoritaire souhaite notamment que le cadre juridique de la future coentreprise pilotée par Stellantis permette de sécuriser et développer l’emploi sur le site. Il ne faudrait pas que cette étape soit la première d’une prise de contrôle de l’usine par Dongfeng. C’est ce que d’aucuns craignent.
Stellantis n’est pas le seul groupe automobile européen à nouer des partenariats avec des constructeurs chinois pour remplir les lignes d’assemblage. Du côté des constructeurs chinois, l’intérêt est d’avoir une production européenne sans pour autant investir dans la construction d’une usine. Cela prend du temps et coûte très cher. Cela permettra de contourner les droits de douane euroopéens.
Alors est-ce faire entrer le loup dans la bergerie ? Ou un mal nécessaire avec des partenaires de confiance ?

Une usine historique en forte réduction d’effectifs
L’usine de La Janais a été inaugurée en 1961 par le général de Gaulle. Elle employait plus de 10.000 salariés dans les années 1970. Elle était la grande soeur de « La Barre Thomas » à quelques kilomètres avec jusqu’à 2 500 salariés environ.
Aujourd’hui, le site Stellantis compte moins de 2.000 salariés et produit environ 400 véhicules par jour. Enfin, le site de La Barre Thomas, il a été détruit et le quartier a profondément muté.


10 commentaires
Oh ! Une XM…
Appelé Le Concorde de la route à l’époque.
Snif.
Le Tu144 avait a l’époque été surnommé « Concordski », cette Dongfeng rebrandée sera-t’elle nommée « Tèluòyī »?
Les syndicats ont de quoi se faire du mouron, mais la peur n’évite pas le danger: Ça ne sera qu’une passade le temps de monter en régime commercialement pendant la construction d’une usine en Europe de l’Est qui permettra les mêmes avantages pour des coûts de production moindres.
Je suis mitigé sur ce genre d’annonce.
D’un coté ça fait garder notre industrie à flot, et les emplois qui vont avec. D’un autre coté ça permet aux constructeurs chinois de contourner les droits de douane. Il me semble que les droits de douane ont été mis en place pour éviter les voitures chinoises à bas prix contre les constructeurs européens qui n’arrivent pas à faire des voitures aussi peu cher, mais ici on parle de haut de gamme donc pas forcément concernés. En théorie, ces voitures étant construites avec de la main d’oeuvre européenne ne devrait pas coûter beaucoup moins cher que celle des constructeurs européens.
J’ai vu il y a quelques semaines l’émissions Turbo sur le salon de l’auto de Pékin. J’avais l’impression de voir une émission sur le salon de Tokyo d’il y a 30 ou 40 ans. Les voitures sont mieux équipées que les notre tout en étant moins cher, comme les voitures japonaises des années 70-80-90 pour lesquelles ont avait instauré des quotas parce qu’on n’était pas capable d’équiper nos voitures aussi bien pour le même prix. Techniquement ils sont à la pointe, le journaliste a utilisé la conduite autonome dans Pékin en disant que si les voitures étaient capable de conduire en Chine, conduire chez nous serait de la rigolade. On voit encore des reportages sur le Japon disant qu’ils vivent dans le futur tellement la technologie est en avance sur nous, visiblement la Chine aussi vie dans le futur.
Bref, tout ça pour dire qu’au final c’est peut-être aux vieux constructeurs du vieux continent de se sortir les doigts si ils veulent éviter de se faire bouffer par le réveil de la Chine.
les droits de douanes s’appliqueront désormais sur les pièces détachées importées de Chine. mais attention, l’important c’est que le travail, les charges sociales et les impôts de production soient versés en France.
ce sera toujours mieux que des taxes sur des Ves chinois.
Stellantis n’a pas été capable de financer le developpement du PF 100% VEs comme Renault ou VW, qu’ils achètent le savoir faire en Chine ne me pose aucun problème, si ensuite ils sont capables d’adapter le véhicule aux goûts européens
— Et l’histoire des flocons de neiges japonais qui ont les yeux bridés —
— C’est de la neige asiatique différente de la neige européenne —
De notre correspondant à Tokyo. Publié le 21 oct. 1994 . Journal Les échos.
Lorsqu’on leur parle du protectionnisme japonais, les spécialistes du GATT racontent tous la même histoire devenue célèbre: il y a quelques années, un négociateur nippon de haut rang avait expliqué à ses homologues américains interloqués que la nature de la neige japonaise interdisait l’ouverture du marché aux skis étrangers conçus pour une neige différente. L’argument défiait naturellement la raison …… NORMAL , YAMAHA fabriquait des skis avec 20 ans de reterd sur le français Rossignol.
Déclarons tout ce bazard électronique chinois , incompatible avec le cerveau d’un européen …
Histoire close , aucune voiture chinoise en europe … c’est bien comme cela que faisait l’asie …
On nous vente régulièrement les progrès de l’IA mais visiblement elle a drôlement régressé en matière de traduction parce que là j’ai rien compris à ce qu’à dit XXX.
@Seb : Tous les pays ou presque font du protectionnisme plus ou moins déguisé.
A une époque, les marques restaient dans leur pays. C’est comme cela que la Société industrielle de mécanique et carrosserie automobile, alias SIMCA a produit des FIAT sous licence (la Simca 5 est la Fiat 500 Topolino par exemple), ou que la Sociedad Española de Automóviles de Turismo (alias SEAT) a été créée.
Plus tard, les douanes japonaises mettaient un zèle inégalé de lenteur pour regarder les containers de produits frais. Les denrées périmaient et la douane pouvait les rejeter normalement.
Longtemps, on a mis des droits d’importation sur les produits Coréens, Japonais, etc.
Puis on a découvert la vertu d’un constructeur japonais qui investit en France…Toyota à Onnaing.
Ici, on est sur « le grand méchant loup » Dongfeng (ou autre constructeur chinois) qui met un pied en Europe et en France dans les usines d’un partenaire mais néanmoins concurrent.
Sauf que si Dongfeng fournit un emploi à des milliers de personnes en France, quel est le souci ?
Sinon on fait comme le Japon, on met des normes d’émissions Diesel telles que les constructeurs ne proposent pas, enfin ne proposaient pas, de moteur au gazole.
Depuis les moteurs ont rattrapé les normes.
Prenons un autre exemple : Labbé en Bretagne aussi. Bien connu pour ses transformations de véhicules et les blindages. Cela s’appelle Centigon France désormais, et cela appartient aux Chinois…de Dongfegn (ah tiens).
L’emploi est maintenu et le savoir faire reste à Lamballe.
Quand Renault Trucks a été vendu à Volvo, c’était différent ? Le siège est toujours à Saint Priest, l’usine à Blainville, Lyon-Vénissieux, etc.
Bref…
En quoi ?
Peut etre normal , Il fallait savoir lire le journal Les échos en 1994 …. sur les protectionnismes Japonais quand le matériel japonais ( là des skis YAMAHA ) était de qualité inférieure au Made in france…..
@XXX, en 1994, je n’avais certainement jamais entendu parlé de ce journal, j’étais beaucoup trop jeune. 😉
VERITABLE HONTE!!!!! je lisais encore un article hier a propos de la chine qui forme des soldats Russe pour la guerre en ukraine et combien la Chine continue d’aider financierement et militairement la Russie dans sa guerre contre l’Europe. Resultat on ne fait absolument rien pour sanctionner la Chine!