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    Accueil » Toyota / Nissan : Londres devra couvrir les droits de douane si no-deal
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    Toyota / Nissan : Londres devra couvrir les droits de douane si no-deal

    Elisabeth StuderElisabeth Studer7 octobre 202030 commentaires
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    Vers des droits de douane de 10 % ?

    Le Royaume-Uni, qui a quitté l’UE fin janvier, est dans une période de transition qui permet au pays de bénéficier jusqu’à la fin de cette année de l’exemption des droits de douane dont il bénéficiait durant son appartenance au cartel européen.

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    Si les deux parties ne parviennent pas à s’entendre sur un accord et que la période de transition se termine le 31 décembre sans que les négociations n’aboutissent, les droits de douane sur les voitures particulières seront de 10% à partir du 1er janvier 2021.

    Un « no-deal » envisageable en janvier 2021 en cas d’absence d’accord avant le 15 octobre

    Le Premier ministre Boris Johnson a déclaré qu’une situation de « no deal » pourrait voir le jour début de l’année 2021 si le Royaume-Uni et l’UE ne parviennent pas à s’entendre sur un accord entre eux avant le sommet de l’UE qui se tiendra le 15 octobre prochain.

    Près de 5 milliards d’euros de droits de douane annuels

    La Society of Motor Manufacturers and Traders estime que l’augmentation des droits de douane coûtera aux constructeurs automobiles 4,5 milliards de livres supplémentaires (4,94 milliards d’euros) par an.

    Il sera impossible pour les constructeurs de couvrir les droits de douane majorés si le gouvernement refuse de le faire, ce qui pourrait amener les constructeurs automobiles étrangers à fuir le Royaume-Uni.

    Même combat pour BMW et Jaguar Land Rover (JLR)

    Outre Nissan et Toyota, BMW et Jaguar Land Rover disposent d’unités de production au Royaume-Uni.

    Si les dirigeants de Nissan et de Toyota reconnaissent avoir demandé à Londres de couvrir une augmentation des droits de douane, des sources indiquent que les constructeurs automobiles européens appellent également le gouvernement britannique à faire de même. Un porte-parole de BMW, a toutefois déclaré que le constructeur automobile allemand ne ferait aucun commentaire sur les spéculations.

    Londres affirme vouloir se concentrer sur la conclusion d’un accord

    Le Royaume-Uni affirme pour sa part qu’il continuera à se concentrer sur la conclusion d’un accord de libre-échange dans le cadre de ses négociations avec l’UE.

    « Nous restons déterminés à travailler avec l’industrie automobile pour essayer d’assurer un résultat qui reflète les intérêts commerciaux à travers le Royaume-Uni », a déclaré un porte-parole du gouvernement. « Un résultat négocié reste notre préférence claire. Nous avons présenté nos propositions et travaillons dur pour parvenir à un accord avec l’UE – notre objectif est un accord de libre-échange sans tarif et sans quota, car éviter les droits de douane est bénéfique pour les deux parties. « 

    Près de la moitié des véhicules fabriqués outre Manche produits par des Japonais

    Environ 1,3 million de véhicules ont été fabriqués au Royaume-Uni l’année dernière, dont près de la moitié ont été fabriqués par les sociétés japonaises Nissan, Toyota et Honda. Les exportations vers l’UE représentaient 44% des véhicules de fabrication britannique en 2019.

    Une hausse de droits de douane quasi impossible à absorber

    Les marges bénéficiaires de Nissan et de Toyota se situant dans une fourchette étroite, il leur sera presque impossible d’absorber une hausse des droits de douane en réduisant d’avantage leurs coûts.

    Or, si l’instauration de droits de douane se reflète dans les prix, les constructeurs automobiles japonais deviendront moins compétitifs sur le marché européen et rendront difficile la poursuite des activités commerciales au Royaume-Uni.

    Vers un retrait de Toyota, et BMW Nissan du Royaume-Uni ?

    En mars 2019, Toyota a laissé entendre qu’il se retirerait du Royaume-Uni si des droits de douane de 10% étaient imposés. En octobre 2019, un dirigeant de Nissan a déclaré pour sa part qu’une augmentation pourrait mettre en danger le modèle commercial de l’entreprise en Europe.

    L’année dernière, le directeur général de BMW, Oliver Zipse, qui était membre du conseil de direction à l’époque, a déclaré que le constructeur resterait au Royaume-Uni si le pays et l’UE acceptaient de maintenir les droits de douane inférieurs à 5%. Pour rappel, BMW produit la marque Mini au Royaume-Uni.

    Une charge difficile à endosser pour le gouvernement britannique

    Il sera difficile pour le gouvernement britannique de couvrir des droits de douane supplémentaires en raison d’une pression financière résultant de la pandémie de coronavirus.

    Le renflouement de l’industrie automobile, dominée par les entreprises japonaises, allemandes, françaises et indiennes, pourrait provoquer un retour de bâton d’autres secteurs industriels tels que les produits pharmaceutiques et les compagnies aériennes, qui avaient exigé le soutien du gouvernement lorsque le pays a décidé de quitter l’UE.

    Les médias locaux indiquent que l’UE n’assouplirait pas les règles tarifaires pour les constructeurs automobiles opérant au Royaume-Uni, et que les deux parties n’ont pas été en mesure de trouver un terrain d’entente. Si les négociations échouent, le Royaume-Uni sera contraint de décider s’il couvrira les droits de douane majorés d’ici la fin de l’année.

    Honda a d’ores et déjà décidé de mettre fin à la production au Royaume-Uni l’année prochaine.

    Notre avis, par leblogauto.com

    La demande de compensation tarifaire des constructeurs automobiles représente un cas inhabituel selon les experts en relations commerciales. Selon eux, une éventuelle indemnisation équivaudrait à une subvention, offrant de facto des préférences commerciales aux entreprises opérant au Royaume-Uni. Ce qui pourrait constituer alors une violation des règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

    En affichant une position ferme en matière de demande d’indemnisation, les constructeurs automobiles pourraient tenter d’obtenir des aides à l’industrie manufacturière. Concrètement, cela pourrait signifier des mesures telles que la consolidation de la certification des essais automobiles pour les exportations vers l’UE et des réductions de taxes pour les investissements en recherche et développement. Une manière de contourner les textes.

    Sources : Nikkei

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    Elisabeth Studer

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    30 commentaires

    1. rakihoney92 on 7 octobre 2020 6h50

      Pour les constructeurs japonais ils peuvent peut-être limiter la casse via le nouvel accord commercial avec le japon où ils ont des débouchés.
      En admettant que le change ne soit pas défavorable.

      Reply
      • panama on 7 octobre 2020 12h22

        Sauf que les véhicules produits au RU ne sont pas du tout adapté au marché japonais

        Reply
      • greg on 7 octobre 2020 20h53

        Non, car leur probleme, c’ est que leurs usines exportent 80% de leur production vers le marche europeen.
        Ils ne souffrent pas de sous-capacite au Japon, tout est produit localement pour le marche local, et souvent moins cher.
        Seul le Qashqai I fut exporte du Royaume-Uni au Japon, et encore cela n’ a pas dure.

        Reply
    2. AQW on 7 octobre 2020 7h15

      Et Stellantis qui a côté PSA deux usines ?

      Reply
      • Thomas on 7 octobre 2020 14h52

        L’usine Vauxhall qui fabrique les utilitaires a son avenir positif, même en cas de Brexit dur, je pense 😉

        Par contre pour l’autre… 😮

        Reply
      • greg on 7 octobre 2020 20h54

        Tavares a menace de fermer toutes les usines en cas de brexit dur.

        Reply
        • wizz on 7 octobre 2020 21h37

          quitte à faire des menaces, alors autant menacer les 2 usines pour y mettre plus de poids dans ses paroles…

          bon, en attendant, Lutton est la seule usine fabriquant des utilitaires en Grande Bretagne. Si hard brexit, alors les autres constructeurs devront choisir entre vendre plus cher et risquer de perdre des clients, ou de vendre à prix coutant (qui pourrait ne pas suffire)

          Pour PSA, il y a des composants importés (moteurs, boites de vitesse…), mais c’est toujours mieux que d’importer tout le véhicule. Et puis tant qu’à faire, certains composants peuvent provenir de Chine

          https://www.smmt.co.uk/2020/10/uk-new-van-market-accelerates-26-4-in-september-but-uncertainty-ahead/

          Les utilitaires en Grande Bretagne, c’est environ 350.000 par an
          Un hard brexit pourrait bien convenir à PSA

          Reply
          • greg on 7 octobre 2020 22h10

            « quitte à faire des menaces, alors autant menacer les 2 usines pour y mettre plus de poids dans ses paroles » Ben c’ est ce qu’ il a fait comme je l’ ai dit

            Reply
            • wizz on 7 octobre 2020 22h12

              ….mais en pratique, si hard brexit il y a, PSA serait le dernier à se plaindre concernant le marché UK

    3. SAM on 7 octobre 2020 7h23

      Si accord il y a. Il sera forcément mauvais car il reste 24 jours pour le trouver et le conclure.

      Reply
    4. beniot9888 on 7 octobre 2020 8h32

      Si les voitures importées sur le continent sont taxées à 10 %, ce sera également le cas des voitures importées d’Europe vers le Royaume Uni ?

      Reply
    5. Michel 6-4 on 7 octobre 2020 9h06

      Une solution, transferer les usines en Irlande!

      Reply
      • beniot9888 on 7 octobre 2020 9h16

        Ou en Europe de l’est ? La main d’oeuvre y est moins chère et ça ne demandera pas plus d’efforts. Quitte à déplacer une usine…

        Reply
      • Fred21 on 7 octobre 2020 12h07

        Si il y a un pays intermédiaire qui n’a pas ou peu de droit avec le RU et pas ou peu avec l’UE, après ce n’est que de la facturation …

        Reply
      • wizz on 7 octobre 2020 21h03

        L’autre solution : l’armée irlandaise envahit l’Angleterre, en fait sa colonie…

        Reply
        • wizz on 8 octobre 2020 7h55

          ….et remplacer le 17h Tea Time par Guiness Time

          Reply
        • greg on 9 octobre 2020 13h32

          Faudrait deja qu’ ils virent les anglais d’ Irlande du Nord et de Scapa Flow…

          Reply
          • SGL on 9 octobre 2020 13h39

            Ah tiens… Scapa Flow, les Allemands connaissent bien historiquement ! 😉

            Reply
    6. Twin Spark on 7 octobre 2020 9h13

      C’est maintenant que les choses sérieuses commencent. Bojo a joué au c… depuis un bout de temps non sans un certain succès. Mais les conséquences concrètes finissent par le rattraper et il va bien devoir les affronter

      Reply
    7. Bizaro on 7 octobre 2020 11h51

      En période de négociation, on négocie.

      Reply
    8. versdemain on 7 octobre 2020 16h10

      Autre point de vue ?
      L’Angleterre est en position de force et représente le 3ème plus gros marché de Europe géographique.

      Si UE ne fait pas de compromis, fini les exportations vers UK à 0% de douane. Les Anglais pourront choisir de privilégier n’importe quel des 195 pays dans le monde qui fabrique des voitures.

      Reply
      • versdemain on 7 octobre 2020 16h18

        Petit détail rigolo.

        -Actuellement Nissan a déjà acté qu’il fermait son usine dans UE en quittant définitivement l’Espagne, alors que l’énorme usine en UK n’a eu pour l’instant aucune annonce de fermeture. Elle pourra fabriquer des Renault pour éviter l’importation depuis UE ?

        -Et 55% de la production anglaise semble destinée à leur consommation sur place.

        -Vauxhall pourrait fabriquer des Peugeot pour éviter d’être importé de UE ?

        -L’usine Mini pourrait fabriquer des BMW qui ont le même chassis pour éviter l’importation depuis UE, et pour le modèle full électrique BMW fabrique déjà en chine et d’autres modèles sont fabriqués aux Amériques….

        Reply
        • versdemain on 7 octobre 2020 16h21

          En fait le vrai problème actuel est l’incertitude, car pour le reste il s’agit de se réorganiser. UE pourrait aussi être un gros perdant dans cet affaire.

          Reply
          • beniot9888 on 8 octobre 2020 10h42

            Je ne vois pas de scénario ou l’Union Européenne serait une « grosse » perdante dans cette histoire.

            Reply
        • beniot9888 on 8 octobre 2020 10h41

          Vauxhall pourrait fabriquer des peugeots pour éviter d’importer ? Oui.
          Mais lesquelles ? On ne fabrique pas sur la même chaîne des 108, des 208, des 308, des 408, des Partners et des 3008.
          Ils ne pourront produire que des modèles de taille comparable, issus d’une plateforme similaire. Sinon, ça coûtera tellement cher de rendre l’usine hyper souple que ce ne sera pas rentable face à l’importation.

          Reply
          • wizz on 8 octobre 2020 19h16

            La production en monoflux, multi-modèles et multi-plateformes, c’est déjà fait par PSA

            https://www.leblogauto.com/2018/05/psa-mulhouse-desormais-entierement-mono-flux.html
            « Désormais, l’usine va concentrer sa production sur une ligne unique pour trois véhicules : la Peugeot 2008, la DS 7 et les premières séries de la nouvelle 508. »

            A Luton, sont fabriqués les Peugeot Expert et ses cousins sur base de plateforme EMP2.
            Les Peugeot Partners et ses cousins sont fabriqués en UE, mais sont aussi basés sur la même plateforme EMP2. Ne pourraient ils pas être assemblés à Luton aussi?

            Reste l’autre usine Ellesmereport où est fabriqué l’Astra berline pour toute l’Europe. Si l’usine Mulhouse est capable d’assembler depuis la 2008 au DS7, alors Ellesmereport pourrait il en faire autant? Si oui, alors ce sera OK aussi pour les Corsa et autres en CMP, puis aussi les EMP2 Astra/308/3008, Grandland, etc… Tout ne sera pas fabriqué en UK, mais surement les modèles les plus populaires

            Des composants viendront de l’UE selon les fournisseurs. D’autres viendront de l’UE aussi depuis les usines moteurs de PSA pour les 1.5 et 2.0 HDI. Concernant les moteurs essence, quitte à être taxés de 10%, alors autant les importer depuis…..la Chine où les usines sont à peine autour de 15% de charge, chose que PSA a déjà fait précédemment peu de temps après le dieselgate. Etc…

            Reply
        • greg on 9 octobre 2020 13h38

          Tu oublies un tout petit detail versdemain…80% des composants proviennent de sous-traitants etablis sur le territoire de l’ UE 😀
          Le reseau de sous-traitance anglais est mort dans les annees 80 avec la decrepitude de British Leyland, futur Rover Group. C’ est plus de l’ assemblage qu’ autre chose.
          Pour le reste, le R-U exporte en majorite vers l’ UE…Sans ce marche beaucoup d’ entreprisent meurent. A l’ inverse les entreprises europeennes souffriraient, mais survivraient.

          Reply
      • Twin Spark on 7 octobre 2020 16h43

        C’est de toutes façons un jeu perdant / perdant. Mais pour connaître celui qui a le plus à perdre je rappelle que le RU produit plus de voitures que la France…

        Reply
        • wizz on 8 octobre 2020 7h59

          ce n’est pas uniquement « qui produit le plus »

          c’est aussi, c’est surtout « c’est vendu où la production »
          -si ces usines produisent le plus, et tout pour le marché local, alors ça ne change rien (voir le marché chinois jusqu’à récemment)

          -si ça produit le plus, mais n’est pas à destination à l’UE, alors pareil. Hard brexit avec l’UE ou pas, cette production automobile britannique n’est pas concernée

          -le problème est que ça produit beaucoup, et dont l’essentiel de la production est à destination de l’UE

          Reply
      • greg on 7 octobre 2020 20h55

        « Les Anglais pourront choisir de privilégier n’importe quel des 195 pays dans le monde qui fabrique des voitures »
        Ah bon qui donc? Cela semble si simple vu comme cela. 🙂

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