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    Accueil » Rétro F1 1970 : Lotus révolutionne (encore) les F1
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    Rétro F1 1970 : Lotus révolutionne (encore) les F1

    Nicolas AnderbeganiNicolas Anderbegani22 avril 20204 commentaires
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    Lotus, le coup d’avance

    Dans la quête perpétuelle de performance, la Formule 1 a souvent été le terreau d’innovations techniques. Lotus a longtemps incarné cette course à l’innovation et à l’audace, même si cela n’a pas toujours été récompensé à sa juste valeur : En 1968, c’est l’apparition des ailerons sur les Lotus 49B à Monaco qui créé la sensation, même si les débuts sont délicats, et même dangereux avec des accidents en série. Néanmoins, Graham Hill remporte le titre cette année-là. En 1969 par contre, Chapman essaie d’imposer la transmission intégrale avec la Lotus 63 mais c’est un immense bide, qui l’oblige à revenir aux Lotus 49 et à tirer un trait sur la saison. En 1970, Lotus est bien décidé à reprendre le titre, qui a été conquis l’année précédente par Jackie Stewart et Tyrrell. Chapman a réussi à conserver non sans mal le pilote autrichien Jochen Rindt, l’étoile montante de la F1. Certes, l’écurie britannique commence la saison avec l’increvable 49 mais elle réserve une nouvelle surprise au paddock. A Jarama, sa dernière création fait sa première apparition: la Lotus 72A.

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    Les observateurs sont stupéfaits par la modernité de cette voiture, qui introduit des évolutions majeures dans l’histoire des monoplaces. La ligne en forme de coins, qui permet d’optimiser le flux d’air et l’appui au sol, est sensiblement différente par rapport aux rivales plus arrondies. Le changement le plus radical vient de la position du radiateur : traditionnellement placé à l’avant (qui donnait à toutes les F1 cette « bouche » arrondie sur le museau) , il est est remplacé par deux radiateurs latéraux, placés sur des pontons rivés de part et d’autre de la partie arrière de la coque, afin d’améliorer la répartition des masses. Un changement aérodynamique et stylistique majeur, qui reste encore la norme aujourd’hui. A cela s’ajoutent d’autres innovations moins visibles, comme les freins avant « in board », c’est-à-dire désolidarisés des roues afin de limiter le poids non-suspendu et des suspensions munies de barre de torsion. L’empattement a été allongé et, détail non négligeable, des pneus spécifiques plus légers ont été développés par Firestone.

    Le début d’une longue carrière

    Certes, la 72A, le modèle de base, essuie les plâtres. Le 2e pilote Lotus, John Miles, sert comme souvent de cobaye et déplore de nombreux soucis de freins sur les modèles 72A et 72B. Il faut attendre le 5e grand prix de la saison, aux Pays-Bas, pour que Jochen Rindt troque définitivement la 49 au profit de la version C de la 72, qui a été enfin fiabilisée et rectifiée au niveau du freinage. Et à partir de là, la machine à gagner se met en route. Rindt gagne consécutivement les grands prix des Pays-Bas, de France, d’Angleterre et d’Allemagne. C’est le début d’une saga incroyable, qui mènera la Lotus 72 jusqu’en 1975 avec un record de participations pour un même modèle, 20 victoires et plusieurs titres mondiaux. Mais au GP d’Espagne 1970, nous n’en sommes pas encore là. Jochen Rindt est sceptique. Lotus peut lui offrir la meilleure arme pour vaincre, mais la fiabilité et la sécurité des monoplaces anglaises sont aléatoires. Ses relations avec Chapman s’en ressentent d’ailleurs…et que dire de la sécurité en dehors des voitures ?

    Fiasco sportif et sécuritaire

    Le Grand prix d’Espagne 1970 a d’abord été un fiasco des autorités sportives – et un monument d’amateurisme –  puisque dix pilotes ont été qualifiés d’office en raison de leur « réputation » (!) et que le nombre exact de partants n’était pas connu à l’issue de la séance qualificative ! Le dimanche, le jour de la course, la CSI (ancêtre de la FIA) annonce que seuls 17 pilotes sont retenus, mais les organisateurs espagnols font pression pour le pilote local engagé, Alex Soler-Roig, soit sur la grille de départ, en faisant circuler une pétition parmi les équipes pour que les non-qualifiés soient repêchés. Au final, les 4 pilotes non-qualifiés se présentent sur la grille de départ…avant d’être évacués manu militari par la police !

    Puis, dès le 1er tour, Jackie Oliver perd le contrôle de sa BRM et vient percuter dans l’épingle, de plein fouet, la Ferrari de Jacky Ickx qui se disloque et s’embrase immédiatement à cause des réservoirs perforés. Le belge est prisonnier des flammes mais les commissaires positionnés aux alentours ne sont pas pourvus d’extincteurs ni n’osent s’approcher de la carcasse livrée au feu ! Par miracle, Ickx parvient à dégrafer son harnais et, à l’aveuglette, se jette dans l’herbe.

    C’est avec une lance à incendie finalement qu’un commissaire parvient à éteindre les flammes sur sa combinaison. En le plaçant sur une civière ensuite, un autre commissaire manque de l’étrangler, car il essayait de lui retirer son casque sans avoir retiré la jugulaire…Le belge s’en tire sain et sauf, mais le drame a été évité de peu. Un  incident qui pousse les pilotes, sous l’égide de Jackie Stewart, à alerter une nouvelle fois les instances sportives sur les déficiences en matière de sécurité. Il faudra malheureusement encore plusieurs drames pour que les choses bougent, enfin…

    Images : wikimedia, Lotus, pinterest, reddit

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    Nicolas Anderbegani
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    Petit-fils de "Citroëniste" et fils de "Béhémiste", je suis tombé dans la potion magique automobile tout petit. Charmé avant tout par les belles Italiennes, je suis passionné par les sports mécaniques, Formule 1 en pole position évidemment. Toujours prompt à dégainer mon appareil photo, je suis de près l'actualité sous toutes ses formes, aimant "shooter" des bolides en mouvement et faire des montages vidéos. Mes champs de prédilection sont l'actualité produit des marques Italiennes et des sportives en général, le sport automobile et les évènements historiques, qui recoupent ma profession d'enseignant d'Histoire. Je retranscris ma passion enfin dans l'écriture d'ouvrages.

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    4 commentaires

    1. John_MG on 22 avril 2020 20h28

      Bonjour Nicolas, merci pour toute ces séries historiques.
      2 coquilles : 1969, Stewart remparte sur Matra MS10 et 80 le championnat
      JPS débarque dès 1972 (voir fin 1971 j’ai un doute et pas mes documents) chez Lotus suite aux débacles des 56b

      Reply
      • Nicolas Anderbegani on 23 avril 2020 19h12

        Pour couper la poire en deux, disons que les Matra de 1969 étaient engagées sous la bannière du team Tyrrell

        Reply
      • John_MG on 23 avril 2020 21h02

        Disons que j’accepte de couper du mauvais foie en deux 😉

        Reply
    2. Zak on 23 avril 2020 12h56

      La 72A est la voiture de présentation, qui sera alignée en Espagne et en Belgique 1970. Elle est équipée d’épures de suspension donnant à la fois un effet anti-cabrage (anti-squat) et anti-plongée (anti-dive). Ainsi gréée, la Lotus 72A est jugée impossible à piloter par Jochen Rindt qui revient à la Lotus 49C.

      Le but était de réduire la plongée importante du châssis vers l’avant lors des freinages et le cabrage du châssis vers l’arrière en phase d’accélération liée à l’usage de suspension souples selon l’école Lotus, plongée allant jusqu’à user totalement le fond des carrosseries avant des Lotus 49 !

      La 72B est conduite à une occasion par l’essayeur maison John Miles lors du Grand-Prix de Hollande à Zandvoort 1970. L’anti-cabrage (suspension arrière) a été retiré mais l’épure avant anti-plongée subsiste sur cette voiture. Même verdict : impossible à mettre au point.

      La Lotus 72C renonce finalement à l’anti-cabrage et à l’anti-squat. Elle est également équipée d’une boîte de vitesse plus compacte. C’est la formule gagnante.

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