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    Ford calme le jeu sur les voitures autonomes

    Thibaut EmmeThibaut Emme10 avril 201931 commentaires
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    Pourtant, personne ne les a forcés à annoncer des dates jugées dorénavant « précipitées ». Ford lui-même a annoncé 2021 comme année de l’arrivée des voitures autonomes à l’oval bleu. Si la date n’est pas repoussée, Hackett nuance donc le propos.

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    La voiture sera bien autonome, mais pour des applications limitées et des endroits eux-aussi limités. « Car le problème est tellement complexe » selon des propos rapportés par Bloomberg. Si on cherche à traduire les propos du boss de Ford, la voiture sera capable de se garer ou de sortir toute seule, et éventuellement de conduire toute seule sur certaines routes hyper cartographiées, dans certaines conditions. Ce que font déjà certains véhicules…

    Grande folie des années 2015/2016, la voiture autonome a soulevé plein d’espoirs pour ceux qui ne savent pas conduire, ou pour qui rouler 3 heures non-stop est une corvée. Les « System On a Chip » type NVidia Xavier sont capables d’apprentissage profond et de vision machine accélérés par des puces. Toute l’industrie a fait des pas de géants. Et depuis ? Eh bien, Google Car est devenu Waymo. Ce dernier continue ses tests (alors qu’on annonçait la Google Car comme au point) et veut même étendre la conduite autonome aux camions.

    Les entreprises veulent la voiture autonome, pour gagner plus

    Les camions justement, le premier trajet d’un camion Otto avait fait grand bruit. Depuis, cette filiale d’Uber (rachetée près de 600 millions d’euros) a été mise dans un placard. « Nous avons décidé d’arrêter le développement de notre programme de camion autonome et d’avancer exclusivement sur les voitures. Nous pensons que concentrer l’énergie et l’expertise de toute l’équipe sur (la voiture) est la meilleure voie à prendre » indiquait à l’AFP Eric Meyhofer, patron d’Uber Advanced Technologies Group, à l’été 2018.

    Pour autant, Uber continue d’investir massivement dans la voiture autonome. Il faut dire que si ce n’est pas par le grand public que viendra la démocratisation de la conduite autonome, ce sera par les entreprises et la volonté de faire de plus grandes marges. En effet, dans un transport de marchandises, ou dans l’univers des taxis, la « charge » qui peut être supprimée selon certains patrons, c’est le chauffeur. Qui dit conduite autonome dit un chauffeur qui n’a pas besoin d’être payé. Mais, aussi, un chauffeur qui n’a pas besoin de prendre de pauses et donc des gains de productivité et de coûts.

    Désormais, même John Krafcik, le patron de Waymo  déclare « la conduite autonome aura toujours des contraintes ». Ajoutant que la voiture pouvant aller toute seule réellement partout pourrait ne jamais voir le jour. Waymo continue d’ailleurs de mettre un humain derrière le volant de ses voitures du service de véhicules autonomes en banlieue de Phoenix. Même Uber qui s’est lancé à fond dans la conduite autonome met désormais (forcé par les autorités depuis l’accident mortel de l’an dernier en Arizona) deux opérateurs dans ses véhicules autonomes.

    Un jour, mais quand ?

    Un véhicule autonome avec un humain opérateur à bord est une ineptie, tout le monde est d’accord là-dessus. Raquel Urtasun, spécialiste des intelligences artificielles et de la vision des machines à l’Université de Toronto, mais aussi chez Uber se montre plus optimiste pour sa part. Selon elles, les voitures autonomes débuteront par fonctionner dans des lieux restreints. Puis, cela grandira jusqu’à aller partout.

    Partout oui, mais visiblement pas avant des années, voire des dizaines d’années. Il n’y a finalement que Tesla qui se montre très optimiste en promettant toujours pour la fin de l’année (et totalement disponible avant fin 2020) sa fonctionnalité de voiture « totalement autonome » (5 000 dollars l’option tout de même). La voiture totalement autonome (« viens me chercher Kitt ») va-t-elle être la nouvelle utopie du monde automobile comme le furent les voitures volantes au début du XXe siècle ?

    Illustration : Ford

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    Thibaut Emme

    Thibaut Emme est journaliste automobile et auteur pour Le Blog Auto, média spécialisé dans l’actualité auto, les essais de véhicules, les voitures électriques et l’industrie automobile créé en 2004. Depuis 2011, il couvre les nouveautés des constructeurs, les évolutions du marché automobile, les technologies liées à l’électrification ainsi que les enjeux réglementaires du secteur. À travers ses analyses et articles spécialisés, il décrypte les tendances qui façonnent la mobilité moderne.

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    31 commentaires

    1. Nootropyl on 10 avril 2019 15h18

      C’est pas PSA qui a eu le même discours il y a pas longtemps ?

      Reply
      • SGL on 10 avril 2019 15h26

        Il me semble aussi… La voiture autonome est, par certains côtés, un tue-l’amour.

        Reply
    2. shooby on 10 avril 2019 15h26

      La voiture autonome risque d’être en 2020 ce qu’a été la voiture multiplexée dans les années 2000 : le messie que devait tout sauver … mais qui a posé plus de problème qu’elle n’a trouvée de solution car les constructeurs y sont aller trop vite sans réfléchir. Prenons le temps.

      Reply
      • ART on 10 avril 2019 18h06

        Si seulement on pouvait nous lâcher enfin la grappe avec les voitures autonomes… On en bouffe tous les jours !!

        Reply
        • shooby on 11 avril 2019 10h11

          surtout qu’en plus, la voiture autonome existe depuis des années … j’en conduis une. elle me ramène chez moi toute seule quand je suis trop fatiguée ptdr
          et c’est une clio 2 phase 2, hein, pas une voiture de 2019 donc

          Reply
    3. Twin Spark on 10 avril 2019 15h28

      Comme souvent, la vérité est entre les deux. Si « la voiture qui peut aller partout toute seule » n’existera sans doute jamais, celle capable de faire des trajets simples et efficaces arrivera certainement bientôt : je pense en particulier aux camions capables de relier deux plateformes logistiques en empruntant quasiment que de l’autoroute, charge ensuite à un humain de conduire la marchandise sur les derniers km. Resteront à régler les questions juridiques et sociales.

      Reply
      • Patdpau on 10 avril 2019 17h53

        « je pense en particulier aux camions capables de relier deux plateformes logistiques en empruntant quasiment que de l’autoroute » => ou bien tu mets un train.

        Donc un « assit line + regulateur adaptatif », ca suffit largement & c’est de série sur bcp de bagnole depuis 2017..

        Reply
    4. Patdpau on 10 avril 2019 17h46

      ca y est il est en pleine descente.. comme dans trainspotting… on est dirigé par des drogués.

      Reply
    5. seb on 10 avril 2019 17h57

      C’est juste le pretexte qu’ils trouvent parce qu’ils sont largués par l’ingénieurie allemande.

      Reply
      • SGL on 10 avril 2019 20h59

        De mémoire, les premiers qui ont provoqué le développement des voitures autonome grâce à un Challenge organisé en 2004 est la DARPA américaine (agence pour les projets de recherche avancée de défense)
        Sachant que les sociétés américaines y participaient en priorité, je ne pense pas qu’ils soient les plus mauvais dans ce domaine.
        Les Israéliens sont également très bons, et comme par hasard, ils travaillent aussi pour le pentagone.
        Beaucoup de senseurs utiles pour les voitures autonomes sont dérivés ou inspirés des senseurs des avions de combat et des chars de combat. (pour la détection et la visée des cibles)

        Reply
        • SGL on 11 avril 2019 11h35

          J’ai retrouvé le lien sur Wiki du Grand Challenge sur ce que l’on appelait à l’époque « véhicules terrestres sans pilote et autonomes » en 2004 et 2005.
          https://fr.wikipedia.org/wiki/DARPA_Grand_Challenge

          De mémoire, la motivation du Pentagone était de fournir rapidement des véhicules autonomes à l’armée pour servir dans des milieux hostiles avec la forte possibilité de tomber sur des mines antivéhicules artisanales rencontrées dans les campagnes militaires d’Afghanistan et d’Irak.
          L’intérêt est aujourd’hui toujours important pour faire des véhicules autonomes de reconnaissances au même titre qu’il existe des drones de reconnaissance aérienne… Les véhicules autonomes armés suivent derrière.

          Reply
        • nithael70 on 11 avril 2019 23h44

          « senseurs », « sensor » en anglais et « capteurs » en français

          Reply
    6. Vérité on 10 avril 2019 18h38

      « utopie » c’est bien le terme approprié.
      C’est pourtant sur cela que comptaient les activistes du VE, pourtant bien conscients qu’il va falloir réduire l’usage de la voiture, pour ne rien changer à leurs modes de vie et faire croire qu’ils allaient enfin avoir une mobilité durable.
      Et maintenant on fait quoi ?

      Reply
      • Vérité on 10 avril 2019 18h39

        Les activistes du VE il va falloir vous sortir les doigts du c.l et enfin prendre conscience qu’il va falloir réduire l’usage de la voiture et arrêter de croire au père noël ou au messie (digne d’un secte).

        Reply
      • Thibaut Emme on 10 avril 2019 19h02

        C’est quoi le rapport entre voiture autonome et VE ?

        Reply
        • Vérité on 11 avril 2019 8h48

          Le rapport mais il est dans l’article lui-même « Il n’y a finalement que Tesla qui se montre très optimiste en promettant toujours pour la fin de l’année (et totalement disponible avant fin 2020) sa fonctionnalité de voiture « totalement autonome » (5 000 dollars l’option tout de même) ».
          D’une on nous ment en nous faisant croire que le VE est la solution pour résoudre les problèmes de pollution et de réchauffement climatique et de deux, quand on parle de la monstrueuse émission de CO2 à la fabrication, on nous rétorque voiture autonome partagée.
          De la pure « utopie ».

          Reply
    7. emma__ on 10 avril 2019 19h08

      là où le véhicule autonome pourrait être une « solution », c’est pour remplacer les petites lignes de train par des « petits » véhicules (10-20 places), à haute fréquence, voir groupés en cas de besoin (heures de pointes) en site propre (conversion des lignes de chemin de fer en routes goudronnées) capables de s’arrêter à différents endroits (beaucoup plus souples que des trains) .
      Cela devrait être à la portée d’Uber, Waymo et autres Tesla, avec des couts d’infrastructures bcp plus faibles que des « hyperloop », et une grande efficacité globale (pas de trains lourds à moitié vides, une fréquence adaptée au besoin, relative proximité des arrêts)

      Reply
      • Twin Spark on 10 avril 2019 20h18

        Oui je suis d’accord : c’est un cas d’usage. Par contre un empruntant les routes ouvertes et pas en site propre ; c’est le principal avantage du véhicule autonome et les coûts d’infrastructures sont largement inférieurs

        Reply
        • zeboss on 10 avril 2019 23h41

          le site propre d’une ancienne voie ferrée permet une reproductibilité du parcours avec de rares nouveaux obstacles comparé à une route ouverte.

          Reply
      • Vérité on 11 avril 2019 8h52

        Il revient moins cher de refaire la voie ferrée que de faire une route quitte à limiter la charge à l’essieu et même en intégrant des croisements pour les voies à sens unique.
        Pour éviter les trains vides, la solution s’appelle le yeld management et cela marche relativement bien, la fréquentation des TGV est avec 75 % bien supérieure à celles des ICE qui sont pleins uniquement en heures de pointe.

        Reply
      • Béret vert on 13 avril 2019 8h14

        Un site propre, ce n’est plus de l’autonomie mon ami !

        Reply
    8. Bizaro on 10 avril 2019 19h25

      Que vaut le ferroutage dans ce contexte.

      Il nécessite une énorme infrastructure. mais plus simple à concevoir.

      Reply
      • zeboss on 10 avril 2019 23h40

        infra existante mais délaissée au fil du temps . le maillage en voies ferrées vers 1920 était impressionnant, rare étaient les villages à plus de 15 minutes d’une gare, tacot ou ligne secondaires ou principales.

        Reply
      • Will on 11 avril 2019 10h08

        J’en parlais avec mon père hier et il me disait (à moins qu’il se plante) que pour entrer dans le marché commun l’Autriche avait dû accepter que les camions puissent traverser le pays par la route, alors qu’ils étaient jusqu’à lors obligés de le faire par ferroutage… je ne suis pas anti-UE mais si c’est exact, c’est le genre de mesure qui fait que je comprends qu’on puisse l’être… il doit y avoir du gros lobbyisme à l’oeuvre.

        Et si en France on n’a pas mis en place un ferroutage plus efficace, ni un système de paiement plus adapté (à la Suisse) alors que les camions espagnols, d’europe du nord ou d’europe de l’est traversent le pays de part en part, c’est surement qu’il y a du gros lobbyisme aussi. Avec en prime son lot de morts sur la route dues au poids lourds…

        Reply
    9. wizz on 10 avril 2019 20h52

      seb

      tu voulais dire largués par les informaticiens allemands, n’est ce pas…

      Reply
    10. hotdog on 10 avril 2019 21h25

      La Vérité est ailleurs !

      Reply
    11. aurel77 on 11 avril 2019 8h41

      C’est la même que la voiture électrique, une belle âneries…

      Reply
    12. Béret vert on 13 avril 2019 8h11

      On s’est un peu moqué de votre serviteur quand j’ai dit que la voiture autonome était à l’automobile ce que la secte du Temple solaire fut à la religion: une hérésie qui faisait prendre des vessies pour des lanternes.. « On » ma rétorqué gentiment qu’un plouc se devait d’être moins péremptoire face aux génies du numérique et de l’intelligence artificielle.
      Finalement l’intelligence naturelle, même à très faible dose dans mon cas personnel, a encore de beaux jours devant elle.

      Reply
    13. zeboss on 13 avril 2019 10h10

      l’arrêt du développement du véhicule autonome > niveau 3 par PSA est dû pour l’instant au constat que les couts engendrés pour y parvenir rendraient le véhicule bien trop cher pour un particulier tout en s’appliquant à des véhicules somme tout modestes.
      Il s’agit d’une incohérence économique et non d’une incapacité technologique. La preuve une Picasso a fait Paris Bordeaux par Autoroute, péage compris sans reprise du volant par le technicien. Donc dans l’absolu c’est faisable.
      Maintenant io ne restait plus de place dans le coffre et pour les passagers ar vu la quantité astronomique de matos à inclure dans le véhicule. la miniaturisation engendrera un cout sans doute pour l’heure insupportable à un véhicule de grande série, surtout si on le couple à une base électrique, pour l’heure encore très couteuse..
      J’ai lu par ci par là que Mercedes n’était pas non plus super enthousiaste dans cette voie là.

      Reply
    14. Docteur_Oliv on 25 avril 2019 8h46

      Les voitures volantes c’est plutôt 1950 / 1960 pas le début du 20ème Siècle.
      Bien sûr il y a les problèmes urbanistiques mais les Coûts sur le véhicule ont été largement sous-estimés.
      Il y avait une belle vidéo de VOLVO avec son Semi-remorque autonome dans une Carrière et qui benne ses « Cailloux » dans un bateau.

      Reply
      • Thibaut Emme on 25 avril 2019 9h17

        @Docteur_Olive : en fait non 🙂
        quasiment dès le début de l’automobile, les inventeurs ont imaginé des voitures volantes. On est aussi au début de l’aviation et on trouverait déjà « pratique » de pouvoir voler entre deux villes puis rouler jusqu’à la maison.
        Les premiers dessins ou récits datent du tournant du siècle. Mais entre les dessins et la réalité…

        Certains ont quand même été jusqu’à en présenter comme Glenn Curtis en 1917 (l’autoplane) https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b6/Curtiss_Autoplane_1917.jpg
        Evidemment la 1e GM a repoussé les rêves de ces « zinzins ».
        En France on peut citer René Tampier avec un bi-plan à grosses roues dont les ailes se replient sur le côté pour rouler sur la route. On est juste après la première GM (1920/21).

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