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    Accueil » Brève rencontre: Fiat 8V
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    Brève rencontre: Fiat 8V

    Joest Jonathan OuaknineJoest Jonathan Ouaknine25 février 2007Aucun commentaire
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    Dans les index de la plupart des livres sur l’automobile, « Ferrari » est immédiatement suivi par « Fiat« . Hasard ou coïncidence, la plus prestigieuse des marques italienne et la plus modeste sont voisines dans le classement alphabétique.

    Tout cela pour dire qu’à une ligne près, la 8V aurait pu être un succès. Hélas, ce ne fut pas le cas et les acheteurs potentiels s’éloignèrent de cette voiture aux origines trop populaires.

    Pour commencer, il faut prononcer son nom « ottovou » (et non pas « huitvé ».) Ses origines sont un peu confuses.

    A la fin des années 40, Fiat est persuadé qu’il peut vendre des milliers de voitures aux Etats-Unis. Fiat songe à une grande berline et Dante Giacosa, un de ces « sorciers » Italiens, crée un V8 2 litres à partir de deux 4 cylindres. Un moteur à la fois compact et « facile » à industrialiser. Installé sur un châssis 1400 « à l’américaine » (donc rallongé), il s’avéra néanmoins trop juste.

    Ensuite, comment en est t’on arrivé à la 8V?

    Est-ce que Giacosa, frustré de travailler sur des « popus », dessina un coupé autour du V8 et persuada Fiat de le produire?

    Ou bien est-ce que la maison de Turin, rassasié de victoires en catégorie 1100, décida de construire une voiture pour se battre en 2 litres?

    En tout cas, Giacosa reçoit un feu vert pour sa berlinette. Le V8 ne donnait que 90ch (contre 60ch pour le V8 2,2l d’une Ford Vedette contemporaine.) Giacosa y ajoute deux Weber double-corps et on passe à 115ch (d’autres en tireront jusqu’à 127ch, soit à peine moins qu’un V12 de Maranello) et au démarrage, il ronronne comme un big-block de Corvette!

    Pour la carrosserie, c’est Fabio Luigi Rapi, qui s’en occupe, avec l’aide de la soufflerie de l’école Polytechnique de Turin. Pour les trains roulants, elle reprend l’arrière de la 1100 (à roues arrières indépendantes) et l’avant du tout-terrain Campagnola (à roues avant indépendantes), du coup, cela en fait la première Fiat à 4 roues indépendantes.

    Les points noirs? Un châssis trop lourd. Fiat a voulu faire du rigide, mais il a sacrifié le passage sur la balance. Du coup, la tenue de route est hasardeuse et les quatre tambours rendent facilement les armes.

    Néanmoins, Carlo Salamono, l’intrépide pilote d’essai de la marque (à côté de lui, Jarier possède un pied droit en plumes) atteignait 207km/h sur une autoroute entre Milan et Turin. Une fois, il le fit en compagnie de Jean Bernardet de l’Auto-Journal, qui est en ressorti avec quelques litres de sueur en moins…

    La 8V sera produite trois années, à partir du salon de Genève 1952, jusqu’en 1954. Il y en aura deux séries (la seconde se reconnaît à sa carrosserie en fibre de verre et surtout ses doubles phares.) Elle décrochera les titres 1952, 1954, 1955, 1957 et 1959 de championne d’Italie en 2 litres. Ghia, Michelotti et Pininfarina lui créerent de très belles carrosseries. Mais seuls 114 voitures trouvèrent preneur (dont 32 « acier » de la première série.) La faute au logo Fiat au bout du fin capot. Franco Cornacchia, ex-agent Ferrari, racheta les 20 dernières 8V, invendues et les fit recarrosser par Zagato.

    Enfin, il faut mentionner les Siata. Giorgio Ambrosini et sa Societa Italialiana Appilcazioni Tecniche Autoaviatorie a construit de nombreuses voitures sportives sur base Fiat dans les années 50-60.

    Dés 1953, il installe le V8 2 litres, poussé à 122ch, dans un châssis tubulaire. C’est la Siata 208S, dont une cinquantaine (+-10%) d’exemplaires furent produits.

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